Homay A legendary Bashkir swan-maiden, daughter of celestial beings — Samrau and Sun. Postcard for ARTMIF project
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Homay A legendary Bashkir swan-maiden, daughter of celestial beings — Samrau and Sun. Postcard for ARTMIF project
Freyia the Beautiful, Arthur Rackham, 1910, Great Britain
Oedipus and the Sphinx
by Jean Auguste Dominique Ingres (1808-27, classicism, oil on canvas)
Statue d'Achille réalisée par le sculpteur Johannes Götz, située dans les jardins du palais de l'Achilleion à Corfou, en Grèce.
Louve
Ses propres parents ne connaissaient pas l’année de sa naissance. Il faut dire qu’Acca naquit dans une famille pauvre, très pauvre. Si pauvre qu’elle fut abandonnée à l’âge de deux ans au milieu d’une forêt. Ses premiers souvenirs furent d’avoir longuement marché en pleurant, réclamant les bras de sa mère. Puis, il y eut la pluie. Une pluie forte qui tombait à grosse gouttes. Dès lors, l’enfant courut se réfugier dans une grotte. Elle entra, malgré la forte odeur. Elle s’assit, recourbant ses jambes contre son ventre. Et elle attendit que l’orage cesse.
Soudain, un terrible grognement jaillit du fond de la caverne. Acca se retourna et vit de gros yeux jaunes l’observer. Sur le coup, elle sentit la peur. Mais surprise, d’autres yeux, plus petits, accompagnés de jappements de chiots, la rassura. D’ailleurs, un des louveteaux s’approcha et commença à jouer avec la petite fille. Comprenant qu’elle n’était pas un danger, la louve accepta Acca dans son antre, allant même jusqu’à la laisser téter ses mamelles comme font ses petits.
Acca vécut huit bonnes années parmi les loups. Elle adopta leur mode de vie, leur façon de faire, bien qu’elle marchait debout. Elle arrivait à débusquer des lièvres dans leur terrier, allant jusqu’à les dévorer crus comme faisaient ses frères de lait. Acca fut aperçut par un groupe de commerçants. Au début, ils furent stupéfaits, apeurés par cette fille nue qui hurlait comme un loup. Mais ils décidèrent de la capturer. Et elle fut vendue dans un marché aux esclaves.
Lorsque Silvia vit Acca pour la première fois, elle fut subjuguée par cette jeune sauvage. Elle était debout, fière et dévisageait avec mépris la foule venue faire son marché. Acca refusa d’être touchée. Elle mordit les doigts d’un éventuel client qui était intéressé. Elle se débâtit lorsqu’on voulut savoir si elle était vierge. Personne n’arrivait à l’approcher sans repartir avec une blessure. Acca impressionnait. « Trop sauvage ! » « Trop animal ! » « Invendable, relâche-là et qu’elle aille crever dans la forêt » pouvait-on entendre. « Tu n’a qu’à la vendre au cirque. Elle fera un beau combat contre un gladiateur !» fit rire l’assemblée. Le vendeur commençait à se résigner quand une voix cria : « Je l’achète ! ». Silvia approcha. Comme toujours sa beauté impressionnait les hommes et rendait les femmes jalouses, surtout qu’elle était la patronne du plus grand bordel de la cité. Elle était aussi la prétresse de Turan, la déesse de l’amour.
On eut besoin de quatre gaillards pour emmener la jeune Acca. Les citadins regardèrent avec curiosité ce drôle de cortège. Ils riaient lorsqu’elle réussissait à frapper un serviteur trois fois plus grand et plus fort qu’elle. Finalement, Acca entra de force dans la demeure de Silvia. C’était une maison luxuriante, magnifiquement décorée de statues et de peintures de paysages. Elle fut emmenée dans une pièce considérée comme la plus reposante du petit palais. Comprenant qu’elle ne pouvait s’échapper, Acca se blottit dans un coin, attendant que la providence ne vienne. Petit-à-petit, Silvia aidée par sa fidèle domestique, arrivèrent à la faire manger. Puis, à s’approcher. Elles réussirent à lui donner une éducation digne des filles nobles de la cité. De même, Silvia attendit, tout en la préparant, qu’elle soit suffisamment en confiance pour l’ajouter à son bordel. Parce qu’une ancienne petite sauvage ne fera qu’attirer encore plus de clients.
Et ce jour arriva dès ses premières règles. La jeune adolescente n’appréciait pas tout ce maquillage, cette peinture qui recouvrait la peau de son visage. Sa virginité avait été offerte à un noble, un prince de sang. Dans le miroir, elle se trouvait laide, rappelant ces vieilles femmes hypocrites qu’elle avait croisées dans le temple de la déesse Turan. Habillée uniquement d’une longue cape, elle se leva, accompagna Silvia et entra dans une des chambres sombres du bordel. L’homme était assis sur un lit recouvert de peaux d’ours. Si elle se trouvait moche, elle le trouvait encore plus moche. Gros, gras et vieux. Il mangeait du raisin à même la grappe faisant éclater vulgairement les fruits jusqu’à éclabousser sa tunique. Après avoir fait glissée le manteau dévoilant les rondeurs juvéniles d’Acca, Silvia sortit laissant le noble embrasser du regard la gamine.
Comment t’appelles-tu mon enfant ? demanda-t-il.
Louve, répondit-Acca. Lupa la louve.
Il prit sa main, l’invita à s’allonger sur le lit et commença à lui faire l’amour. Dans le mur, les yeux de Silvia appréciaient de voir sa nouvelle recrue se débrouiller comme une professionnelle.
Les années suivirent, Lupa devenait de plus en plus célèbre pour ses spécialités. Si bien qu’on proposa de l’acheter à prix d’or. Mais Silvia refusa, préférant l’adopter et lui rendre sa liberté, car elle voyait en Acca celle qui lui succèderait. « Pour plaire autant aux hommes, c’est qu’elle a le don de Turan. ». En effet, Acca ne réchignait jamais à la besogne, au contraire. Elle aimait le contact des hommes, elle aimait les voir s’endormir, fatiguée par ses prouesses. Et elle aimait les écouter parler de leur vie pathétique. Elle aimait les entendre pleurer, devenir faibles dans ses bras. Elle se sentait plus louve que jamais.
Dans sa vingtième année, elle tomba amoureuse du. Jeune Faustulus. Il n’avait rien pour lui. Il n’était pas noble, il n’était pas riche. Il travaillait comme berger pour le roi de la cité. Avec des amis, il entra pour la première fois dans le lupanar. Son air timide, sa mine triste attirèrent Lupa. D’habitude, elle préférait jouer la femme sauvage, celle qu’on gagne et qu’on baise par la force. Mais en face de Faustulus, elle sentit un autre désir l’envahir. Elle était plus posée, plus femme. Elle ne baisait pas, elle faisait l’amour. Ensuite, le jeune berger vint régulièrement et ne payait pratiquement plus. Parce qu’elle avait décidée qu’il ne paierait pas.
C’est après la mort de Silvia, qu’Acca décida de devenir mère. Elle épousa Faustulus dans les rites étrusques, renonçant en même temps au rôle de prêtresse de la déesse de l’amour. Toutefois, elle conserva le bordel, et en fit un des établissements les plus importants de la région. On venait des cités voisines, on traversait les mers pour juste passer une nuit dans les bras d’une de ses servantes. Suite à sa première grossesse, Acca abandonna le nom de Louve et continua uniquement à aller au bordel en tant que patronne. Elle et Faustulus eurent plusieurs enfants ; au moins douze. Mais deux ne sortirent pas de son ventre.
Une nuit, en rentrant d’une soirée où elle fut invitée pour jouer la courtisane, Acca entendit le cri de son fils. Elle signala qu’elle remplacerait l’esclave utilisée pour donner le sein. Mais en entrant dans la chambre, elle découvrit deux autres bébés. Aussitôt, elle tourna la tête demandant des explications à l’esclave.
C’est le maitre, dit-elle. Il a trouvé ces bébés dans une grotte. Ils venaient de boire le lait d’une louve. La louve a fui, alors le maitre les a récupérés et amenés ici.
Acca repensa à son enfance auprès des loups. Elle ne savait pas ce qu’ils étaient devenus. Mais elle comprit que cela ne pouvait être qu’un signe. Elle, Lupa, élevée par des loups ne pouvait qu’accueillir ces bébés abandonnés et secourut par une louve. Elle prit celui qui braillait, s’assit au bord d’un lit, sortit son sein et allaita l’enfant.
Faustulus a eu raison. Ils seront élevés comme nos propres enfants. Celui-ci se nommera Rémus et l’autre Romulus.
L’esclave acquiesça d’un sourire. Elle regarda sa maitresse allaiter Rémus qui buvait goulument, pendant que Romulus dormait sur le dos en serrant les poings.
Alex@r60 – août 2026
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The Bacchante
c. 1853
Artist : Jean Léon Gérôme
Faune aux enfants, sculpture de Yvonne Serruys (1911), place Jan-Karski, Paris 10e – stylo bille 8 couleurs, carnet n° 151, 28 avril 2026.