Flânerie parisienne
Bonjour à toutes et à tous !
Ce weekend, on a pris le temps. Pas celui qu’on mesure, mais celui qu’on ressent. Celui qui s’étire quand on marche sans but précis, quand on laisse les rues parler, quand on écoute ce que le hasard veut bien nous souffler. Paris vibrait doucement au rythme des Journées du Patrimoine.
On a commencé par La Monnaie de Paris. Derrière ses murs, une fabrique discrète continue de faire vivre des gestes anciens, gravure, frappe, dorure, mais aussi mécanisés, orchestrés par des machines qui prolongent la main sans la remplacer. Ce n’est plus tout à fait l’atelier d’antan, mais ce n’est pas non plus une usine sans âme. C’est un lieu de passage entre le geste et la série, entre la mémoire et l’innovation.
Et puis, en sortant, on a suivi le fleuve. Les quais, les boîtes vertes, les bouquinistes. On les connaît, bien sûr. Mais ce jour-là, on s’est vraiment arrêtés. On a pris le temps de fouiller, de discuter, de se laisser surprendre.
Chez l’une d’elles, une bouquiniste qu’on suit avec plaisir depuis un certain temps, on a retrouvé ce mélange rare : curiosité, exigence, et tendresse pour les livres jeunesse. Pas les titres attendus. Plutôt des récits qui parlent à l’enfant qu’on a été, à celui qu’on élève, à celui qu’on garde en nous. Sa sélection est attentive, audacieuse, pleine de surprises. Des formats étonnants, des illustrations qui bousculent, des textes qui réconcilient.
Et cette fois, notre pépite s’appelait Le Bestiaire spectaculaire de Saez Castan et Murugarren. Un livre étrange, fascinant, un peu dérangeant comme tous les bons livres. Il interroge, amuse, transforme. C’est un cabinet de curiosités illustré, un hommage aux créatures hybrides, aux monstres de foire, aux bêtes oubliées. Et surtout, une invitation à inventer. À mélanger. À rêver.
Bien sûr, on n’est pas friands de l’exhibition des “bêtes de scène” ou des figures marginalisées pour le simple plaisir du spectaculaire. Ce regard qui fige, qui expose, qui caricature. Mais ici, c’est autre chose. Ce bestiaire ne montre pas pour juger , il révèle pour comprendre. Il nous invite à accueillir l’étrangeté, à reconnaître la beauté dans l’écart, à voir dans chaque créature une variation possible de l’humain. C’est une source d’imaginaire, oui, mais aussi une source d’acceptation. Une manière de dire que la différence n’est pas un défaut, mais une richesse. Ce qui nous a touchés, ce n’est pas seulement le livre. C’est le fait de le trouver là. Dans une boîte verte, au bord de la Seine. Comme un clin d’œil. Comme une preuve que l’imaginaire circule encore, qu’il respire, qu’il s’offre à qui sait regarder.
Cette bouquiniste fait rayonner la littérature jeunesse avec conviction. Elle ne propose pas seulement des livres pour enfants : elle célèbre un univers entier, celui de l’enfance dans ce qu’elle a de plus libre, de plus curieux, de plus inventif. Alors voilà. Pas de grand discours. Juste l’envie de partager cette rencontre. De saluer, sans emphase, un travail engagé, discret, mais essentiel. Et de rappeler que le patrimoine, ce n’est pas seulement ce qui est classé. C’est aussi ce qui est transmis. Ce qui est choisi. Ce qui est aimé.
Et vous, quelles pépites avez-vous croisées récemment au détour d’un stand, d’un banc, d’un regard ? Un livre qui vous a surpris, ému, fait sourire ou réfléchir ? Une rencontre inattendue avec un texte, une image, une voix ?
Racontez-nous vos trouvailles, vos coups de cœur, vos curiosités du moment. On aime vous lire, vous écouter, vous suivre dans vos flâneries.
Et si le cœur vous en dit, venez réagir à nos sondages, nos articles, nos explorations : c’est comme ça qu’on tisse du lien, qu’on fait communauté, qu’on fait vivre les imaginaires.
En vous souhaitant une belle semaine.
Steph














