Lueur d'espoir pour l'espĂšce
Ce qu'il y a de bien dans l'indiffĂ©rence des gouvernements successifs Ă la sixiĂšme extinction de masse, c'est qu'on peut enfin sĂ©rieusement envisager d'en avoir bientĂŽt fini avec la survie de lâherpĂšs.

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Lueur d'espoir pour l'espĂšce
Ce qu'il y a de bien dans l'indiffĂ©rence des gouvernements successifs Ă la sixiĂšme extinction de masse, c'est qu'on peut enfin sĂ©rieusement envisager d'en avoir bientĂŽt fini avec la survie de lâherpĂšs.
Abuseur visuel récidiviste
Le vendeur de la boutique de matĂ©riel dâoccasion est si sexe avec sa complexion de crevette, sa blondeur plus que rare dans cette ville et ce pays en gĂ©nĂ©ral, ses petits yeux perçants, son sourire coquin, son tutoiement amical et viril, sa gouaille de pur produit local (un vrai petit blanc du 9-3) et son t-shirt âHere I am, awesome, available, wonderful*â (offert par sa copine ? sa mĂšre ?) que je fais toujours un dĂ©tour pour aller fouiller ses bacs de camelote informatique en lâobservant du coin de lâĆil sâil nâest pas en train de fumer sa clope dehors, et lui demander conseil dans le seul but de pouvoir mâapprocher de lui, le dĂ©visager, voir de prĂšs la peau de son cou, lâimplantation de sa pilositĂ©, lâĂ©paisseur de ses lĂšvres, la ligne de ses Ă©paules et de son torse, tenter dâapercevoir son sous-vĂȘtement (on peut toujours rĂȘver), ses hanches, ses aisselles (l'espoir fait vivre) ou mĂȘme, soyons fou, les poils de son ventre s'il se penche ou sâĂ©tire pour attraper un objet de moindre importance, planter mes yeux doucement dans les siens (mais pas trop car je ne veux pas prendre de risques sinon je n'oserai plus revenir) et, cerise sur le gĂąteau, l'obliger Ă parler pour Ă©couter sa voix : bref lui imposer un rapport furtif avec lui, certes non consenti mais impossible Ă considĂ©rer comme violent puisque menĂ© entiĂšrement Ă son insu (vu qu'il me prends sĂ»rement pour un banal hĂ©tĂ©rosexuel) et lĂ©gal. M'offrir un imparable abus visuel. Commettre le non-dĂ©lit parfait.
*"Me voici, génial, disponible, merveilleux"
C'est une évidence, on ne choisit pas sa famille ; mais malgré les apparences on ne choisit pas ses ami.e.s non plus.
Caleb ou l'homophobie diffuse
En voyant sur le blog personnel de ce jeune recruteur, un certain Caleb qui m'a contactĂ© sur un site de mise en contact professionnel, une photo (une seule mais elle dit tout) de lui avec une femme (la "sienne", Ă©videmment), et en imaginant l'effet qu'elle produit sur la grande majoritĂ© des personnes qui comme moi consultent ce portrait public dans l'espoir d'en apprendre un peu plus au sujet d'un futur employeur : cette satisfaction que la situation soit simple et familiĂšre, cette joie de partager avec lui "l'amour" universel des femmes (comprendre le goĂ»t de jouir d'elles), je comprends soudain que tant qu'il y aura la prĂ©somption d'hĂ©tĂ©rosexualitĂ©, flottera dans l'air cette notion que l'hĂ©tĂ©rosexuel ne déçoit pas, ne trompe pas, puisqu'il correspond justement aux attentes, et que donc tout devrait bien aller avec lui (il n'y a pas de raison), Ă l'inverse de ce qui pourrait se passer avec un homosexuel qui, mĂȘme malgrĂ© lui, rĂ©servera toujours une surprise, causera au minimum une contrariĂ©tĂ©, mettra un bĂąton dans les roues de la relation puisqu'il demandera un effort supplĂ©mentaire pour l'apprĂ©cier, rĂ©duire la distance avec lui (mais pas trop), lui qui n'est pas au mĂȘme endroit, pas dans la mĂȘme situation, pas pareil. La prĂ©somption d'hĂ©tĂ©rosexualitĂ© n'est donc pas seulement un rĂ©flexe, une habitude paresseuse, un peu naĂŻve ; c'est le terreau, la condition de possibilitĂ© de la discrimination homophobe. Au travail ou ailleurs, l'hĂ©tĂ©rosexualitĂ© prĂ©supposĂ©e annonce l'homophobie et en est la premiĂšre pierre et en cela, constitue dĂ©jĂ une violence homophobe. Ce mĂ©canisme et ce raisonnement peuvent sĂ»rement ĂȘtre adaptĂ©s pour d'autres minoritĂ©s dĂ©savantagĂ©es.
Impudeur du couple visible
Parmi les gens qui montrent aux autres qu'ils sont en couple, certains le font sans doute en partie pour masquer la dimension sexuelle de leur attirance rĂ©ciproque (ou pas mais c'est un autre sujet) et couvrir leur relation dâun voile de correction sociale - lâamour conjugal normal venant classiquement pardonner le sexe sous rĂ©serve que les deux partenaires soient jugĂ©s bien accordĂ©s, surtout en Ăąge.
Mais l'amour affichĂ© ne suffit pas toujours Ă faire oublier le sexe, et ce qui pourrait ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une attitude pudique peut aussi produire lâeffet inverse. Quand je reconnais un couple qui veut ĂȘtre perçu comme tel, je l'entends me souffler âNous deux on baise, on connaĂźt nos odeurs buccales, gĂ©nitales et anales, nos fluides et sĂ©crĂ©tions diverses, on a vu les matiĂšres organiques de lâautre, mĂȘme si parfois il aurait mieux valu ne pas mais c'est la vie (et aussi un autre sujet), les orifices ouverts et pleins, les organes dans tous leurs Ă©tats, excitants ou dĂ©goĂ»tants..."
Ătre en couple apparent, câest donc aussi parfois exposer volontairement aux yeux de tou.te.s la lubricitĂ© prĂ©sente ou passĂ©e d'au moins l'une de deux personnes concernĂ©es, et la participation de l'autre, consentie ou non mais c'est encore un autre sujet, aux opĂ©rations menant Ă la satisfaction animale. Ă son corps dĂ©fendant ou pas, un couple lĂ©gitime visible peut ĂȘtre impudique voire obscĂšne, en affirmant (Ă tort ou Ă raison mais c'est toujours un autre sujet) que leur relation comporte un versant sexuel, en incitant les autres Ă imaginer leurs activitĂ©s sexuelles menĂ©es dans la discrĂ©tion, comme l'exige la tradition, bref en exhibant le sexe rĂ©dimĂ© par l'amour et la norme mais pas moins sexuel pour autant.
Indulgente famille
La famille est clairement quelque chose de dĂ©mocratique : facile dâaccĂšs (en tout cas pour les hĂ©tĂ©rosexuel.les), socialement encouragĂ©e, parfois soutenue en argent (public ou privĂ©), elle permet Ă une large majoritĂ© de se faire sans trop dâimagination une vie passionnante de son propre point de vue.
Foi / chiens / patate
Dans lâurgence de rĂ©soudre une des grandes peurs banales de lâhumanitĂ©, des gens se bricolent une divinitĂ© ou plusieurs en partant du principe que tous les tiendront pour crĂ©dibles, puis au lieu de sâen tenir lĂ , finissent par lâexiger et mĂȘme se servir dâelles pour impressionner les autres, sans doute apaisĂ©s Ă lâidĂ©e de faire glisser sur eux leur panique. Ouah ! Ouah ! aboient aux oreilles des honnĂȘtes gens de tout poil les chiens de garde que brĂ»le leur patate chaude.
Mais puisque câest au mĂ©pris de lâintelligence humaine que nous les laissons vaquer Ă leurs superstitions (grand bien leur fasse, pensons-nous un peu condescendants), puisque câest par pure indulgence que nous tolĂ©rons leurs croyances tandis quâils voudraient nous priver des bienfaits et plaisirs de la connaissance quâau passage ils insultent, le minimum syndical serait quâĂ dĂ©faut dâĂȘtre aimants, ils soient au moins dĂ©cents.
UtilitĂ© de lâamour
Si la conquĂȘte de lâamour est avant tout divertissante et sa prĂ©servation rĂ©crĂ©ative, alors sâen priver revient Ă se trouver face au vide.
De quel roman ĂȘtre le ou la protagoniste sans notre principal moyen de nous fabriquer une histoire personnelle ? Quelle vie vivre en renonçant Ă produire son propre rĂ©el ?
Mais rencontrer et suivre lâamour nâest pas seulement la maniĂšre la plus rĂ©pandue de sâinventer une vie, de se crĂ©er soi (pour ainsi dire) Ă partir du banal enfant quâon Ă©tait ; câest aussi une mĂ©thode bien Ă©prouvĂ©e pour se sentir aimĂ©.e, une mĂ©thode ancestrale avec efficacitĂ© dĂ©multipliĂ©e pour ceux et celles qui osent encore sâoffrir Ă eux-mĂȘmes le shoot narcissique suprĂȘme de la parentalitĂ© en dĂ©pit des prĂ©visions dĂ©mographiques, Ă©nergĂ©tiques et climatiques.
Quel nĂ©cessaire dĂ©fi impossible Ă achever, quel objectif inatteignable, quelle quĂȘte infinie de lâinaccessible Ă©toile me distraira jusquâau seuil de la mort si je cesse dâappliquer le programme sentimental collectif ? LĂ encore, quel fil rouge guidera ma vie si je dĂ©cide de ne pas suivre la Prescription ? Le vertige sera ma punition, la panique ma rĂ©compense.
Le couple est un opium
Avant, la religion contraignait les gens Ă patienter jusquâĂ la mort pour ĂȘtre libĂ©rĂ©s de la souffrance. Aujourdâhui, nous prĂ©fĂ©rons nous enjailler avant, mais câest toujours la religion qui nous prĂȘte secours, mĂȘme si cette fois le paradis promis est accessible ici et maintenant, Ă lâintĂ©rieur de la seule vie que nous sommes dĂ©sormais conscients dâavoir : Ă nous le bonheur illusoire du couple monogame cohabitant, sous sa forme religieuse brute validĂ©e par un culte ou en version post-religieuse validĂ©e soit par lâĂtat, soit par les heureux Ă©lus en personne.
Ă peine ont-ils rabattu la porte sur eux pour sâenfermer dans leur bulle que la prĂ©vention et la rĂ©solution des conflits captent parfois jusquâau dĂ©sespoir lâĂ©nergie des pauvres encouplĂ©s. Mais la guerre rage si fort dehors que, par comparaison, les bĂ©nĂ©fices attendus de cette astuce traditionnelle prĂȘte-Ă -enfiler (Ă©vitement de la solitude, gain de respectabilitĂ©, enfants pour passer le temps et adoucir lâavenir, coĂ»ts partagĂ©s et accĂšs au sexe facilitĂ©) justifient de sâadministrer ce puissant narcotique.
Brahim
Quand Brahim vient, je suis content : jâaime entendre son chant dâamour.
Hubert, Youssef et les autres
Je connais un type quand il te suce tu débandes, vous y croyez ?
Alors que jâĂ©tais Ă bloc en allant le voir, il aurait couchĂ© ma queue pour des jours si jâavais rien entrepris pour la ressusciter. Jâai du fini par me branler pour me rĂ©initialiser et que ça se remette Ă gonfler tout seul, naturellement, au grĂ© des stimuli visuels et des frottements au pied levĂ©.
Quand jây repense, il mâavait fait le mĂȘme coup la fois dâavant. Mais vu mon Ă©tat de surexcitation, impossible dâanticiper, jâavais tout oubliĂ© de ce plan foireux avec lui, la trace sâen Ă©tait effacĂ©e. Dans ma tĂȘte, jâĂ©tais reparti pour enchaĂźner tranquillement, Ă mon rythme, une nouvelle petite sĂ©rie de passifs sympa en manque dâun actif chaud, pour parler dans le jargon des applis de drague gay. Il Ă©tait juste le deuxiĂšme dans la chaĂźne et le premier mâavait fait dĂ©coller, jâĂ©tais lancĂ©, Ă fond.
Quand la queue est de nouveau hypersensible, au dĂ©but dâun nouveau cycle (je nâai plus vingt ans donc ça oscille lentement, jusquâau jour oĂč ça nâoscillera plus), seul chez soi on se sent sexuellement tout-puissant. On se voit dĂ©jĂ gicler comme un fou dans nâimporte qui, jouir tranquille dans nâimporte quel trou sans condition mais en fait non, on ne maĂźtrise jamais tout dans le sexe. Nos fantasmes nos jouent des tours. DĂ©finitivement, la pensĂ©e et lâenvie ne suffisent pas Ă assurer la mĂ©canique de base malgrĂ© la rĂ©pĂ©tition de lâamnĂ©sie. MystĂ©rieuse Ă©conomie de lâexcitabilitĂ© du mĂąle humain. Le truc du piston, une image aussi flatteuse que trompeuse par sa simplicitĂ©, ça serait si cool, reposant. Nâest pas une machine qui veut.
De toute façon, jâĂ©tais obsĂ©dĂ© par Youyou pendant quâHubert me suçait, je ne voyais que lui, ne pensais quâĂ lui, son grand corps, ses cils immenses, le fait quâil soit deux fois pĂšre, quand il sâĂ©tait penchĂ© en avant au supermarchĂ©, nos regards qui sâĂ©taient croisĂ©s aux caisses - je suis sĂ»r quâil mâa reconnu. Je pensais que lâimaginer me motiverait pour mâexciter, jâavais convoquĂ© son souvenir pour quâil vienne au secours de ce pauvre Hubert qui sâescrimait en vain, et aussi pour quâil mâaide Ă me libĂ©rer de mon foutre mais non, ça a eu pile lâeffet contraire, Hubert mâa paru encore plus piĂštre par comparaison. Ă croire que Youyou a dĂ©jĂ remplacĂ© Benji dans mon coeur, Benji disparu corps et Ăąmes dans lâocĂ©an de la vie. Mais oĂč a-t-il bien pu passer ce con et quâest-ce quâil peut bien ĂȘtre en train de foutre, avec qui ?
Jean-Marc
Cette mĂ©lodie de jouissance, ces quatre notes descendantes chantĂ©es sur â mmm â Ă©taient mon cadeau. Pour le reste, les goujateries et ruses narcissiques, pas grave. Mon cadeau, je lâai bien eu et il rĂ©sonne encore dans mes oreilles. Je suis comme il paraĂźt que sont les femmes, je sais faire durer le mĂȘme plaisir longtemps par sa rĂ©pĂ©tition imaginĂ©e. Il faut faire jouir les musiciens professionnels, on le sait trop peu.
Porno et progrĂšs
Lâun des prĂ©cieux apports du porno en libre accĂšs sur le web est que dĂ©sormais, chacun sait lâobscĂ©nitĂ© du sexe, et quâil faudrait se mentir pour affirmer que le sexe peut nâĂȘtre que de lâamour. Un grand bon en avant pour lâhumanitĂ©, qui approche ainsi un peu plus sa vĂ©ritĂ©, son animalitĂ©, et une claque pour les religions qui retarderont un peu moins facilement sa progression vers une pleine connaissance de soi, nĂ©cessaire prolĂ©gomĂšne Ă son Ă©mancipation et son autonomie.
Dans le geste orgasmique sublime de cet Ă©phĂšbe Ă la queue de cheval attachĂ©e sur le haut du crĂąne, sa chute muette et subite entre les membres de sa partenaire au moment de l'expulsion, le plus beau câest que dans ce coma consĂ©cutif Ă un dernier soubresaut pudique, ce collapse discret Ă lâintĂ©rieur dâelle, ce total abandon retenu, il nâoublie pas de bien se la secouer jusquâĂ la derniĂšre goutte, dont chaque homme sait que c'est la meilleure. Amour il y a peut-ĂȘtre, ou tendresse - nâempĂȘche, le sexe est le sexe et il faut bien "se vider Ă fondâ pour jouir au maximum. Et celui ou celle qui veut voir un lien entre les 2, quâil ou elle le voie si ça lui chante.
Occidental-e (définition)
Quelquâun qui voyage en gĂ©nĂ©ral de son plein grĂ©, parfois pour son plaisir, satisfaire sa curiositĂ©, souvent par ennui - toujours dans son intĂ©rĂȘt
Odeurs croisées
Dans le bus, coincĂ© contre un jeune mec qui sent fort comme un vieux chien mais Ă la rĂ©flexion, bien meilleur - la human touch du mammifĂšre le plus sophistiquĂ© de sa classe. Parfois lâhumanitĂ© a du bon.
Lors dâune bouffĂ©e de luciditĂ©
Avec mes rĂȘves de grandeur proportionnellement inverses Ă ma situation qui se creuse toujours plus comme un ciel menaçant (tout finit et la fin approche lentement mais sĂ»rement), ne suis-je pas en fin de compte quâun pauvre fou parmi dâautres ? De pauvres fous et folles au milieu des autres, ne le sommes-nous pas tous finalement ? Ainsi se questionne un fou...
De la dureté des choses
Poésie masculine
Lu dans les toilettes dâun quai de gare en Allemagne un poĂšme mural trĂšs mĂąle, je vous laisse juges :
               SEULE LA VIE EST PLUS DURE QUE MA QUEUE
(nur das Leben ist hÀrter als mein Schwanz).
Une remarque et une question : bien que lâauteur de ce tag Ă©voque la duretĂ© de sa vie, il me semble que ce nâest pas cela quâon retient de lui Ă la lecture. La mĂ©taphore masque ici le sens global de la phrase. Cette tournure de style doit bien avoir un nom mais lequel ? Si quelquâun le connaĂźt, je suis preneur.