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Son odeur
Odeur de lessive
Les sept péchés capitaux d'odeurs m'enivrant
L'odeur du café au matin levant
L'odeur de l'herbe coupée le printemps venant
L'odeur de la lavande près de l'abeille butinant
L'odeur de la terre après l'orage grondant
L'odeur de la lessive sur le linge séchant
L'odeur d'un corps sous les draps éperdument
L'odeur de la haie de jasmin chemin faisant
J’aimerai toujours le goût et l’odeur de ta peau après l’amour…
V. H. SCORP
Elle faisait face au miroir de sa coiffeuse.
Il l'avait invitée à dîner.
Son reflet était d'une pâleur spectrale en ce début d'été ensoleillé.
Elle attrapa vivement le poudrier de Terracotta.
Elle l'ouvrit délicatement, le porta à son visage et huma doucement la poudre dorée.
Comme à chaque fois, la magie opéra.
"Giulietta ! Forza, è ora di riposo pomeridiano !", entend -elle du fond du jardin.
Dans la chaleur accablante du début d'après-midi, les cyprès exhalent l'encens et les aiguilles.
La marjolaine, poudrée de blanc dégage un parfum âpre et sucré.
Elle se met à courir sur le chemin de la maison.
Les petits cailloux blancs crissent sous ses sandales.
Ils l'éblouissement, lui blessent les yeux.
La poussière rouge soulevée par sa course, s'accroche à ses pieds et répand autour d'elle, une odeur âcre, terreuse.
Elle s'engouffre dans le vestibule, haletante et aveuglée par la pénombre fraîche.
Elle glisse de ses chaussures et pose ses pieds brûlants sur le travertin.
Un frisson la parcourt.
Elle monte silencieusement l'escalier menant à sa chambre.
Elle s'allonge alors sur son lit.
Les rais de lumière passant par les persiennes, jouent avec de minuscules grains d'étoiles.
Ils s'aggripent parfois aux murs ocrés de la pièce:
dessins redessinés sans cesse,
Qui inlassablement l'entraînent dans le sommeil...
Soudain, le miroir lui renvoie son regard triste.
Son corps est ici, maintenant.
Mais son âme restera à jamais en Terre de Sienne brûlée par le soleil.
« La bouche en son palais – c’est le temple du goût – procède à ses appréciations particulières. Elle s’y fait son opinion elle-même, puis la communique au cerveau, siégeant en chambre du conseil, par l’intermédiaire de l’arrière-nez, chargé de l’odorat, avec lequel tout au long de vestibules et d’escaliers intérieurs elle se concerte. »
Francis Ponge
“The Love Box”. New York magazine 1969.
🌕 L’antépénultième poème du jour - 29 décembre 2020 🌕
L’odeur de la nuit
Nous manquera-t-elle encore
Quand le jour viendra ?
L'important, c'est la rose — stylo plume sur bristol, carnet nº 72, 2001