Elle faisait face au miroir de sa coiffeuse.
Il l'avait invitée à dîner.
Son reflet était d'une pâleur spectrale en ce début d'été ensoleillé.
Elle attrapa vivement le poudrier de Terracotta.
Elle l'ouvrit délicatement, le porta à son visage et huma doucement la poudre dorée.
Comme à chaque fois, la magie opéra.
"Giulietta ! Forza, è ora di riposo pomeridiano !", entend -elle du fond du jardin.
Dans la chaleur accablante du début d'après-midi, les cyprès exhalent l'encens et les aiguilles.
La marjolaine, poudrée de blanc dégage un parfum âpre et sucré.
Elle se met à courir sur le chemin de la maison.
Les petits cailloux blancs crissent sous ses sandales.
Ils l'éblouissement, lui blessent les yeux.
La poussière rouge soulevée par sa course, s'accroche à ses pieds et répand autour d'elle, une odeur âcre, terreuse.
Elle s'engouffre dans le vestibule, haletante et aveuglée par la pénombre fraîche.
Elle glisse de ses chaussures et pose ses pieds brûlants sur le travertin.
Elle monte silencieusement l'escalier menant à sa chambre.
Elle s'allonge alors sur son lit.
Les rais de lumière passant par les persiennes, jouent avec de minuscules grains d'étoiles.
Ils s'aggripent parfois aux murs ocrés de la pièce:
dessins redessinés sans cesse,
Qui inlassablement l'entraînent dans le sommeil...
Soudain, le miroir lui renvoie son regard triste.
Son corps est ici, maintenant.
Mais son âme restera à jamais en Terre de Sienne brûlée par le soleil.