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@maybrianmay
Hilarious
Hier (lundi), j'ai décidé de ne pas sortir. Rester dans mon studio, me concentrer sur le travail, me forcer à me concentrer sur le travail. Me forcer tout court à rester enfermée.Très souvent au dîner, les autres résidents parlent de ce qu'ils ont fait ou quelle journée de travail ils ont eue et je suis juste impressionnée. “I had such a great studio day.” “J'ai bossé pendant 6 heures.” “J'ai écrit quatre poèmes.” “Je me suis couché à 10 du matin”. Et toi? Comment ça va? Moi? Comme ci comme ça et je souris. Ou je dis la vérité. Bon, ce n'est pas que je ne fais rien. Je fais du vélo. Et puis je cherche de la doc pour un autre projet ou je check les dessins pour un autre pour envoyer des commentaires à mon dessinateur. Mais ce n'est pas du creative writing. Et ça me manque. Mais je sens que the storm is coming. This moment of implosion. C'est toujours comme ça que je travaille. J'ai un peu hâte.
Je me rappelle de mon prof de dessin à Bruxelles qui essaie de me faire sentir mieux par rapport à mes moments de stagnation (=prises de têtes): “ce n'est pas grave si tu bosses pas. regarde-toi ne pas travailler. c'est intéressant.” J'adore Mathieu.
Du coup, je lutte moins et je m'observe. Mais ici surtout j'observe les autres et ce qui m'entoure. Ce qui va paraître peut-être bizarre c'est que cet endroit me manque déjà. Alors que j'y suis depuis une semaine, je sens comme une angoisse de devoir le quitter en décembre. There is this thing in America, I don’t know what it is, but it will always make me feel at home here (même si pendant les dîners, je galère un peu pour comprendre ce qui se dit, surtout si tout le monde parle en stéréo.)
Hier aussi, il y avait beaucoup de vent. Voilà la vraie raison pour laquelle je ne suis pas sortie. Apparemment ici le vent rend dingue les femmes. Je veux bien y croire. Ca sifflait tellement fort que j'ai quasi mis les boules quiès. Les avions ont été annulés, il valait mieux ne pas se déplacer même en voiture. Les cerfs devenaient volants. Haha. Non. Mais limite…
Alors hier, j'ai essayé de rassembler mes idées. De me recentrer. De ne plus accumuler les informations mais de les sauvegarder dans ma tête, dans ma mémoire.
Je n'ai encore rien écrit sur notre déplacement à Buffalo au Occidental Saloon. Je vais probablement en parler plus tard, comme on y retourne jeudi prochain! D'autant plus que je découvre que Elizabeth joue du ukulélé aussi et qu'on va peut-être s'en acheter deux pour faire un girls band. Cela dit, Occidental Saloon, c'était comme une plongée dans un film. En y allant, on a fait une halte dans un liquor store, j'ai acheté des bières: New Belgium IPA. Sur l'étiquette, des choux de Bruxelles sortent d'un chapeau de cowboy. Je me demande quel goût auront les bières? avec une petite crainte dans cette question (les choux de Bruxelles sont l'un des rares légumes, le seul je crois, que je déteste). Après Occidental Saloon, nous rentrons à Ucross et nous passons un bon moment dans la cabine de Buck (le cowboy à un œil) où je deviendrai fan des bières aux choux.
Vendredi matin, ceux qui veulent, partent à Sheridan (je ne pourrais jamais rater ça). Une ville plus grande où on peut visiter des musées, faire des courses, s'acheter des boots etc. Y aller prend un certain temps. Le chemin est pittoresque, au loin on voit the Big Horn.
Sur ce parcours, je vais connaître une sorte d'illumination. Enfin, quelque chose de très fort. Il y a quasiment pas d'habitations. Juste les animaux, chevaux, vaches, cerfs. De temps en temps on aperçoit une maison ou un camping-car avec une voiture et puis d'un seul coup je découvre l'endroit où habite une femme seule et qui va m'habiter dès cet instant-là. J'écris: l'endroit car c'est très étalé. Et la maison, c'est plusieurs caravanes qui sont en différents états de décomposition. Autour il y a énormément de broc, il y a même un petit bateau, des conteneurs remplis de choses, de vieilles voitures qui pourrissent, des conteneurs avec des textes écrits dessus. Des câbles, des cordes, des bouts de métal. Une décharge dans un paysage divin. Et des chevaux. Directement, je m'emballe. Ruth, qui est l'une des responsables de la résidence et qui nous amène à Sheridan, me parle un peu de la femme qui y vit. C'est comme ça que je découvre Dirty Shirley. Et je sais déjà que l'histoire de Ruth ne me suffira pas, que je vais devoir y aller toute seule pour rencontrer cette personne. Que c'est la chose que je veux le plus au monde. Comme un enfant. Je ne vois plus rien d'autre.
Le musée de la corde à Sheridan (où mes photos préférées seront celles où le cheval dégage le cowboy de la selle pendant le rodéo).
Le magasin bio (où je fais un stock de chocolats qui, plus tard je découvre sont belges!).
Le passage au magasin du genre Brico (où dès qu'on entre, on remplit des sachets de popcorn (c'est gratuit et à volonté, Francine me sert: je dis assez, ohlala, je viens de prendre mon petit déjeuner, et elle dit: come on, it’s empty food! take it! eat it! enjoy!) et ainsi on se balade en regardant tout ce qu'un Brico peut contenir. Il y a des restes de décorations pour Halloween avec des ristournes. Je regarde des livres de dessins et je tombe sur un livre de coloriage qui me fait sourire: Coloring Paris, avec la Tour Eiffel sur la couverture. Je prends même une photo. Je ne sais pas encore ce qui est en train de se passer dans la capitale française ni quelle couleur domine à ce moment-là dans la ville.
Un passage aussi dans Salvation Army (où je m'achète un pull rouge et un appareil photo pour aller sous l'eau. A vrai dire, je ne sais pas ce que je me suis imaginée avec cet appareil. Après tout, les photos sous la douche, ça peut être intéressant.)
Mais pendant tout ce temps, c'est juste Shirley on my mind.
Je me rappelle, quand j'étais petite, j'avais quelques jouets bien sûr, mais les jouets que je préférais, c'étaient ceux qui se trouvaient dans la boîte à outils de mon père. Mes personnages: des vis, des clous, des marteaux, des pinces et tous les autres. Et avec le terrain de Shirley, j'ai eu l'impression de voir une plaine de jeux parfaite pour moi, à la taille humaine. Tout ce bordel, c'est tellement moi, tous ces étalages, ces objets disparates. C'est un peu comme offrir ses tripes au ciel. Et quel ciel! Et par là, lui offrir son imagination. Le rêve.
En revenant, je demande à Ruth de ralentir quand on sera près de ce terrain. Elle veut même s'arrêter pour que je prenne des photos, mais ça me mettrait mal à l'aise, je n'ai pas envie. Et je lui demande aussi de compter à partir de là, combien de kilomètres, ça me fera à vélo si je décide d'y aller. Et on roule et on roule et on roule. Et je me dis merde putain fuck shit kurwa mać, c'est loin. Et c'est montagneux. J'ai de bonnes jambes, mais oufti quoi. Ca fera 17 miles one way. Oh 17 miles? Hm! (parfois c'est bien de ne pas savoir combien c'est dans mon monde. Parfois un peu moins bien de ne pas le savoir: comme quand on monte sur la balance dans la salle de bains: 124??? oula! 0_O Là, il faut absolument convertir.)
Après le retour de Sheridan, sur Internet, je découvre Paris. Tout le monde sait déjà. “Tu as vu ce qui se passait à Paris?” “Have you heard about Paris?”. Au dîner, Elisabeth lit un poème qui correspond à ce qu'on peut ressentir. Je ne le comprends pas bien, juste quelques mots mais son intention est touchante et les émotions sont là. Le lendemain matin, je mets France Info et j'ouvre les fenêtres. Les cerfs paissent comme si de rien n'était. Le ciel est d'enfer. Je ne sais plus où je suis. J'ai besoin de me sentir vivante, de me dépenser, de m'épuiser. Je ne vois qu'une seule possibilité : le vélo et foncer à la rencontre de Shirley.
It’s a very moving texte : discovering the #ParisAttacks when, as a european, you are abroad is something harsh. Because, as I did, when this happened, you need to talk to people you know well, to drink with them, to hug them, to have a big party and thus try to ease this anguish feeling about tomorrow.
Éloge de l'abandon
«Penses à ta femme Féderico !», «Penses à l'Espagne !», «Penses à ton équipe !». Été 1957. Ils sont tous autour de lui : son directeur sportif, l'organisateur du Tour du France en personne, deux de ses fidèles équipiers, quelques spectateurs et les journalistes bien sûr. Tous tentent de le raisonner. En dernier ressort, son directeur sportif recourt à l'insulte, essaie de le soulever. Mais rien n'y fait. Il a abandonné.
Le mot est lancé. Il fait peur aux fans, il terrifie les directeurs sportifs et il anéantit ceux qui prennent la très lourde responsabilité de le faire. Tout dans cette image est construit autour de l'abandon, de la défaite, du doute arrivé au point de non-retour.
D'abord, Federico Bahamontes, l'«Aigle de Tolède» comme on le surnomme, a enlevé sa montre : on le voit à la trace blanche au poignet. Or il n'y a que des montres autour de lui : on peut en compter au moins 6 ! Cerné par le chrono. Mais il s'en fout de leurs chronomètres, des intervalles, du temps qui lui reste. Il n'est plus contre-la-montre, il est en dehors de la montre. Terminé.
Ensuite, plus de chaussures. Enlevées. Assez loin de ses pieds et une main posée sur le gauche pour bien montrer qu'on ne les lui remettra pas : les pédales, ils ne les fera plus tourner : il les ai perdu.
Enfin, le regard vide de Bahamontes, scrutant un point en dehors de la photo, un point hors champs alors que tous les autres, y compris le photographe, focalisent leur attention sur lui. Il est déjà loin l'Espagnol en cette année 1957. Peut-être est-il déjà en train de préparer son Tour de France, celui qu'il gagnera deux ans plus tard.
Pour finir, il y a un contraste saisissant des corps : regardez la maigreur effrayante de ce coureur imberbe au milieu de ce groupe de bedonnants aux chairs flasques, de poilus du torse et des jambes. Entouré par les chairs, lui l'effrayant tas d'os !
Cerné par les montres, par les corps, Bahamontes est à la fois au centre de l'attention, au centre du drame bien orchestré de cette image quasi pieuse mais déjà en dehors de tout et de tous : il a abandonné. Il quitte le monde des cyclistes, des sportifs de haut niveau pour rejoindre le monde normal, le monde où l'on a les deux pieds à terre.
Il y a quelque chose de religieux dans cette mise en scène : on pense au Christ qui se sent abandonné au mont des oliviers, ne comprenant pas que pour tout réponse à ses questions fondamentales, Dieu lui offre son silence. Ras-le-bol de souffrir, d'être seul contre tous, de ne pas être compris : je rends mon tablier ! En menaçant de jeter l'éponge, le personnage du Christ n'a jamais été autant proche des Hommes : quitter son statut de Dieu vivant pour enfin se rapprocher de ceux qui trichent, laissent tomber, doutent, mentent, pleurent.
C'est au moment où ils abandonnent, et rares sont les grands coureurs qui ne le font pas au moins une fois dans leur carrière, qu'ils nous sont les plus proches.Dans cette image, Bahamontes n'a jamais été aussi humain, aussi proche du commun des mortels. L'abandon, c'est le propre de l'homme.
Lettre ouverte à Laurent Bruwier
«Cher Monsieur Bruwier, Cher Laurent,
Votre lettre à Chris Froome m’a mis très mal à l’aise. Le ton dont vous avez fait preuve dans cette missive me met dans l’embarras, car je vous connais d’abord comme journaliste. Or depuis quand un journaliste se permet-il d’interpeller un coureur sur le ton de la suspicion, reprenant à son compte les rumeurs qui empoisonnent ce sport que vous et moi aimons si fort ? De la part d’un journaliste sportif que j’apprécie tant, j’aurais attendu un article de fond, une réflexion sur le thème du dopage, une enquête qui permette d’appuyer des suspicions, mais pas ce qui ressemble un peu à une conversation de café du commerce. Je ne vous reproche pas votre scepticisme : qui se paierait encore le luxe de la naïveté, de la candeur en cyclisme après les années du parrain Armstrong ? Par contre, je vous reprocher votre interpellation ad hominem. Que ce soit Chris Froome ou un autre : nul ne mérite de se voir interpeller de la sorte sur la base d’un «malaise», surtout de la part d’un professionnel des médias. Vous entretenez ainsi ce climat de paranoïa, de rumeurs folles qui depuis cette 10ème étape brûle les esprits plutôt que de les faire réfléchir. Pourquoi n’interpellez-vous pas Tony Gallopin et Serge Pauwels, contre toute attente tenant compagnie aux plus grands grimpeurs lors de la montée de la Pierre Saint-Martin ? Pourquoi ne prenez-vous pas le soin de resituer cette étape dans son contexte ? Á savoir, un Contador fatigué par le Giro, un Quintana dont on ne savait pas grand chose sur son état de forme (sinon qu’il est allé en secret s’entraîner en Colombie… moi aussi je peux facilement entretenir la rumeur) ou un Nibali, pas en forme depuis le départ ! D’ailleurs, depuis cette étape, Contador se sent mieux, met une attaque dans la douzième étape (à combien de Watts l’accélération ? où sont les données de l’équipe Tinkof ?), Quintana aussi d’ailleurs. Á quand une lettre ouvert à ces deux-là ? Geraint Thomas, Richie Porte ? Ces deux coureurs ont déjà fait leur preuve, et ont une régularité que d’autres cyclistes n’ont pas. Peut-on reprocher à l’équipe SKY d’embaucher les meilleurs coureurs, espoirs ? Pour finir, je citerai David Walsh, un journaliste, un enquêteur, que vous connaissez sûrement : «(…) je suis d'une nature sceptique, mais le soupçon, c'est autre chose, il faut des preuves. Ne disons pas de Froome « il est dopé » sans savoir, comme on disait d'Armstrong « il est clean ! » au risque de se sentir cocu…» (L’Équipe, 17 juillet 2015). Votre lettre ne m’empêchera pas de regarder le Tour de France sur la RTBF et d’apprécier les commentaires journalistiques de votre équipe sportive.»
Brian MAY
Concours #ReineElisabeth ! #violin #violon #ClassicMusic #artDeco #architecture #Brussels (à Bozar Architecture/A+)
#Fantomatic #windmill at #catzand (à Cadzand-Bad, Zeeland, Netherlands)
#nederlands ! Little morning #warmup near #Cadzand (à Cadzand-Bad, Zeeland, Netherlands)
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My son & his friend Lou, in the only #cat friendly bar in #brussels : le Chat touille ! Nice #animal project where you can have a drink and a snack surrounded by abandoned cats that the #polish owner takes care of. If you want you can adopt one. #AmazingBar #portrait #igers_cats
No Ctrl #Altj No Delete = <3 #brussels #lights (à Forest National Brussels)
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Special dédicace to @post_rock0 :-) in #Porto #portugal (à porto)
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1er piquet pour moi ! À 40 ans, il était temps ! #greve #greve15decembre #belfius #brussel #bruxelles (à Place Rogier, Brussels)
Dark Side of the Moon