Fun Radio accusée de truquer ses audiences : véritable scandale ?
Depuis hier, 15 juin, les gros groupes radio (Lagardère, Les Indés Radio, NextRadio TV, NRJ et Skyrock ) pointent du doigt Fun Radio, l’accusant d’avoir truqué ses audiences. Véritable scandale ou tempête dans un verre d’eau ?
« Le plus gros scandale jamais dévoilé autour des audiences radios », ainsi qualifiait le blog de Jean-Marc Morandini l’affaire qui agite Fun Radio depuis le 15 juin. Celle-ci est dans le collimateur des autres groupes radiophoniques : Lagardère (Europe 1, Virgin, RFM), NextRadioTV (RMC), Les Indés Radio, NRJ Group et Skyrock, qui l’accusent d’avoir truqué ses résultats auprès de Médiamétrie.
De quoi s’agit-il véritablement ?
Les audiences radio ne sont pas mesurées automatiquement, mais grâce à des sondages téléphoniques, effectués par Médiamétrie auprès d’un panel d’auditeurs interrogés sur leur écoute des dernières vingt-quatre heures. Or, les groupes concurrents de Fun Radio l’accusent d’avoir fait gonfler ces chiffres « dans des proportions inédites », par l’usage de « pratiques déloyales ».
L’affaire est prise très au sérieux par Médiamétrie, qui a reçu une lettre des grands groupes radiophoniques exigeant la suspension du sondage portant sur les résultats des mois d’avril, mai et juin. Ils exigent également qu’aucune audience ne soit publiée après le 15 juillet, date à laquelle les résultats de ces trois mois doivent être rendus public.
Mais quelles pratiques déloyales ?
Lorsque l’on se penche de plus près sur ces pratiques dites « déloyales », la notion de scandale paraît moins évidente. Ce que les trois groupes visent ou plutôt, celui qu’ils visent, c’est l’animateur de la matinale de Fun Radio, Bruno Guillon. Ce dernier inciterait ses auditeurs à « mentir ». Comment ? Simplement en leur adressant, sous forme humoristique, la consigne de toujours répondre Fun Radio lorsque Médiamétrie les sondera par téléphone.
Si la méthode fait jaser, dans quelles mesures serait-elle plus déloyale que celles consistant à récompenser financièrement l’auditeur lorsqu’il affirme à la station qui l’appelle qu’elle est sa favorite parmi toutes les autres ? Ce processus n’inciterait-il pas l’auditeur -vainqueur ou non- à donner le nom de la radio, lorsqu’il sera sondé ?
Le problème réside surtout dans la forme. Bruno Guillon a fait preuve de « maladresse », souligne d’ailleurs la direction de Fun Radio contactée par le Parisien, qui parle même de « campagne calomnieuse ». Maladresse qui a ouvert une brèche dans laquelle les autres radios n’ont pas hésité à s’engouffrer. Bousculées par les derniers résultats publiés (+ 453000 auditeurs en un an pour Fun Radio), y verraient-elles une façon de sauver les meubles ? Une méthode à première vue bien maladroite elle aussi, pourtant prise très au sérieux par Médiamétrie qui a déclaré vouloir « mener une analyse approfondie pour voir si les pratiques à l'antenne ont eu un impact sur les résultats de Fun Radio ». Une conférence de presse réunissant les patrons des radio aura lieu aujourd’hui, 16 juin, à 17h00. Affaire à suivre, donc.