Femmes je vous aime!
       VoilĂ plus de 50 ans que la femme sâest Ă©mancipĂ©e. RĂ©solvant ainsi lâĂ©quation Homme> Femme = Animal de compagnie.
MalgrĂ© quelques luttes salariales et domestiques qui ont la dent dure, tout porte Ă croire que, dâici quelques gĂ©nĂ©rations, la France sera un pays relativement Ă©galitaire oĂč femelles et mĂąles cohabiteront sans heurts. Haut les cĆurs mes sĆurs !
                                                   Mais alors quoi ?
Force est de constater que depuis que lâhomme nâest plus lâennemi de la femme, cette gourde a trouvĂ© le moyen de sâen faire un nouveau. Plus vil, plus tenace, plus coriace : ses propres consĆurs. Il se livre maintenant une lutte sans merci, oĂč la pintade belliqueuse sâagite sur sa sĆur dâarme comme une poissonniĂšre un matin de marchĂ©, et harcĂšle ses homologues avec lâagressivitĂ© dâune Christine Boutin tĂ©lĂ©portĂ©e en pleine Gay Pride. Une guerre sans merci oĂč les coups tombent au rythme des menstruations.
 Le monde du travail
Jeune pousse fraĂźchement dĂ©barquĂ©e de lâĂ©cole, jâentamais jadis les sempiternels stages rĂ©munĂ©rĂ©s au lance menhir. ShootĂ©e au Valium de la vie utopiste, des licornes plein les yeux, je mâavançais vers le monde du travail croyant que mes aĂźnĂ©es, qui en avaient bavĂ©, seraient douces et conciliantes, me permettant de mâĂ©lever, telle Xena (avec deux bonnets en moins), pour aller combattre les intrĂ©pides mĂąles et leur montrer ainsi, quâĂ dĂ©faut de testostĂ©rone, jâavais des neurones.
Que nenni douce enfant.
La mĂ©gĂšre non apprivoisĂ©e, en place depuis si longtemps que les escarres lui creuse les fesses façon grand canyon, ne daigna pas me laisser la moindre place, pas mĂȘme sur lâaccoudoir de son siĂšge de bureau High Tech. Devant me contenter de suivre son sillon malodorant, je mâĂ©vertuais Ă travailler vite et bien pour que la vieille peau soit fiĂšre de moi et reconnaisse enfin mon utilitĂ©. Il nâen fut rien, plus Thatcher que Teresa, elle me laissa faner dans un coin, avec pour ordre de la boucler, et de ne surtout pas mâapprocher des travailleurs masculins sur qui elle avait au prĂ©alable visiblement marquĂ© son territoire, incontinence oblige.
Mon stage sâacheva par une tape amicale dans le dos et un « tiens nous au courant de ce que tu deviens » aussi improbable quâhypocrite. Je dĂ©crĂ©tais alors que la femme jalouse et apeurĂ©e par la nouvelle gĂ©nĂ©ration plus fraĂźche que sa crĂšme *antirides le matin, Ă©tait aigrie, fourbe, et dĂ©finitivement prĂȘte Ă bondir.
Pour mâĂ©viter toute vulgaritĂ©, je vous passerai le couplet dâune autre expĂ©rience, oĂč jâai dĂ©couvert quâĂ©carter les guiboles en faisant la toupie renversĂ©e sur les organes des patrons Ă©tait dâavantage mĂ©ritant que de rendre son travail Ă temps.
 *pour les hommes qui lisent ce blog (gloire Ă vous) ou les jeunes prĂ© pubĂšres que le sĂ©bum prĂ©serve de la vieillesse, la crĂšme antirides se met parfois au frigo, dâoĂč la notion de fraĂźcheur.
 En soirée
Attention cher auditoire, je ne parle pas des soirĂ©es oĂč, tout le monde se mire dans le flou, et oĂč personne ne se voit vraiment ou du moins ne se rappelle avec exactitude de ses faits et gestes. Je narre le cas de ces soirĂ©es oĂč lâon se rend un minimum apprĂȘtĂ©, et oĂč lâon soigne son arrivĂ©e car on sait dĂ©jĂ quâelle sera analysĂ©e.
Topo : Je suis dans la dite Saturday-nigth-party depuis Ă peine quelques minutes et une foultitude de paires dâyeux est dĂ©jĂ braquĂ©e sur moi. Les femmes ont actionnĂ© leurs pupilles en mode Institut de lâObservatoire haut-bas-bas-haut, et il me semble mĂȘme quâune dâentre elles est en train dâessayer de deviner la couleur de ma culotte, fronçant les yeux derriĂšre ses lunettes devenues pour lâoccasion des loupes binoculaires. Celles qui sont venues en couple appliquent quant Ă elles le combo haut-bas-bas-haut-coup dâĆil menaçant au concubin - coup dâĆil menaçant en direction de la fille. Une superbe soirĂ©e de dĂ©veloppement personnel en perspective pour les paranoĂŻaques compulsives.
Cette situation se vĂ©rifie dans 90% des cas (pourcentage dĂ©livrĂ© en toute objectivitĂ© par Mireille Corporation) Peu importe que vous soyez laide, belle, mal fagotĂ©e, le cheveux gras façon Lesieur ou luxuriant façon Dulux, les trois quart des femmes ont une partie de lâhĂ©misphĂšre droit spĂ©cialement conditionnĂ©e et rĂ©servĂ©e Ă lâanalyse des autres femmes. Une vision en nĂ©gatif qui leur fera dĂ©nigrer les Ă©ventuelles rivales une bonne partie de la soirĂ©e, fomentant des plans de vengeance anticipĂ©e, le tout pour aboutir Ă des surnoms miĂšvres, des chĂ©rie, et Ă la promesse dâune sortie prochaine mojito entre filles aprĂšs sâĂȘtre Ă©changĂ© une feuille de PQ senteur des pins, un tampon, ou le mĂȘme partenaire bucal dans les toilettes. Forcement, le chlamydia, ça crĂ©e des liens.
   Mireille nâait pas une enfoirĂ©e dâhippie aimante de toutes, mais elle est cependant bien trop myope pour ĂȘtre belliqueuse.










