Boléro
Musique : Maurice Ravel
Scénographie : Marina Abramovic
Palais Garnier

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@nataliachwalowska
Boléro
Musique : Maurice Ravel
Scénographie : Marina Abramovic
Palais Garnier
Luty
Luty. Atrament wziąć i płakać! O lutym pisać spazmatycznie, Dopóki niepogoda taka Wre czarną wiosną ustawicznie. Dorożkę wziąć. Za grzywien sześć i, Skroś bicie dzwonów, skroś kół zamęt, Przenieść się tam, gdzie deszcz szeleści Głośniej niż łzy i niż atrament. Gdzie, niczym gruszki wpół zwęglone, Z drzew setki wron w kałuże runą I suchy żal nieutulony Na samo oczu dno osuną. Pod nim rozmarzły grunt się czerni, A wiatr okrzyki drążą liczne, I im przygodniej, tym misterniej Powstają wiersze spazmatycznie. Boris Pasternak, 19 grudnia 1928
Time of the Gypsies by Emir Kusturica
“A gypsy without dreams is like a church without a roof, like a book without letters.”
Aussi, Cher Monsieur Kappus, ne faut-il pas vous effrayer lorsqu'une tristesse se dresse devant vous, si grande que vous n'en avez jamais vue de pareille ; lorsqu'une inquiétude, telles la lumière et l'ombre des nuages, passe sur vos mains et sur tous vos actes. Vous devez penser qu'il vous arrive quelque chose, que la vie ne vous a pas oublié et vous tient dans sa main ; elle ne vous laissera pas tomber. Pourquoi voulez-vous exclure de votre vie toute espèce de trouble, de douleur, de mélancolie, quand vous ne savez rien du travail que ces états font sur vous. Pourquoi vous persécutez vous-même en vous demandant d'où cela peut bien venir et pour aller où ? Car vous le savez bien, vous êtes dans les transitions , et n'auriez de plus grand désir que de vous transformer. S'il y a de la maladie dans ce qui se produit en vous, , pensez alors que la maladie est le moyen , pour un organisme, de se libérer de ce qui lui est étranger ; dès lors, on ne doit que l'aider à être malade, à avoir totalement sa maladie, et à se déclarer, car c'est par là qu'il progresse. En vous, cher Monsieur Kappus, il se produit maintenant tant de choses ; il vous faut être patient comme un malade et confiant comme un convalescent ; car vous êtes peut-être l'un et l'autre. Et plus encore : vous êtes aussi le médecin, qui doit veiller sur lui-même. Or dans toute maladie, il y a bien des journées où le médecin ne peut rien faire d'autre q'attendre. Et c'est, dans la mesure où vous êtes votre médecin, ce que vous devez avant tout faire aujourd'hui. Ne vous observez pas trop vous-même. Ne tirez pas de conclusions trop rapides de ce qui vous arrive ; laissez-le simplement vous arriver. Autrement, vous en viendriez trop facilement à jeter des regards chargés des reproches (c'est-à-dire : le morale) sur votre passé qui, naturellement, participe de tout ce qui vient maintenant à votre rencontre. Or ce qui, des errances, des souhaits, et des aspirations du garçon que vous fûtes, agit en vous, n'est pas ce dont vous vous souvenez et que vous condamnez. La situation exceptionnelle d'une enfance solitaire et démunies si difficile, si compliquée, elle est livrée à de si multiples influences en même temps que détachée de tous les liens réels de la vie, quel ne faut pas, là où un vice pénètre en elle, lui donner, sans plus, le don de vice. Il faut, de toute façon, tant de prudence avec les noms ; c'est très souvent, sur le son d'un crime que se brise une vie, et non pas sur l'acte lui-même, l'acte sans nom, personnel, qui fut peut-être une nécessité bien précise de cette vie et qui aurait pu y être intégré sans difficulté. Et si la consommation de forces vous paraît si grande, c'est seulement que vous surestimez la victoire ; celle-ci n'est pas la "grande" chose que vous pensez avoir accomplie. même si, dans ce que vous ressentez, vous avez raison ; est grand le fait qu'il y avait déjà là une chose qu'il vous a été permis de mettre à la place de cette duperie, quelque chose de vrai et de réel. Faute de cela, votre victoire n'aurait été q'une réaction morale, sans vaste portée, alors qu'elle est devenue, de la sorte, une étape de votre vie. Votre vie, cher Monsieur Kappus, à laquelle je pense en formant tant de vœux. Vous rappelez-vous comment votre vie aspirait à sortir de l'enfance, a se porter vers les "grands" ? Je vois comment elle aspire maintenant, s'écartant des grands, à se porter vers les plus grands. C'est pourquoi elle ne cesse pas d'être difficile, mais c'est aussi pourquoi elle ne cessera pas de croître.
“Lettres à un jeune poète” Rainer Maria Rilke
Blake Works I
William Forsythe
Ballet de l'Opéra national de Paris
du 26 septembre au 9 octobre au Palais Garnier
Nous devons accepter notre existence aussi largement qu'il se peut; tout, même l'inouï, doit y être possible. C'est au fond le seul courage que l'on exige de nous : être courageux envers ce qui, venant à nous, est le plus bizarre, le plus étonnant, le moins éclaircissable. Seul celui qui est prêt à tout, et n'exclut rien, pas même le plus énigmatique, vivra la relation avec quelqu'un d'autre comme une chose vivante, et épuisera sa propre existence. Si l'on se figure cette existence de l'individu comme une pièce plus ou moins grande, on voit que, pour la plupart, les gens n'apprennent à connaître qu'un coin de leur pièce, une place à la fenêtre, une bande sur laquelle ils vont et viennent. Ainsi trouvent-ils une certaine sécurité. Et pourtant, elle est tellement plus humaine, cette insécurité pleine de dangers qui, dans les histoires de Poe, pousse les prisonniers à palper les formes de leurs terrifiants cachots, et à n'être pas étrangers aux indicibles effrois de leur séjour. Mais nous ne sommes pas prisonniers. Nuls traquenards ni pièges ne sont autour de nous disposés ; rien n'est là qui doive nous faire peur ou nous torturer. Nous sommes placés dans la vie comme dans l'élément auquel nous correspondons le mieux, et, de surcroît, grâce à une adaptation millénaire, nous en sommes venus à ressembler à cette vie, au point que, lorsque nous restons immobiles, c'est à peine si, par un heureux mimétisme, nous nous distinguons de tout ce qui nous entoure. Nous n'avons pas de raison d'avoir de la méfiance contre notre monde , car il n'est pas contre nous. S'il est en lui des effrois, ce sont nos effrois ; s'il est en lui des abîmes, ces abîmes nous appartiennent ; des dangers se trouvent-ils là, nous devons essayer de les aimer. Et, pour peu que nous disposions notre vie selon le principe qui nous conseille de nous tenir toujours au plus difficile, alors ce qui nous paraît aujourd'hui encore le plus étranger nous deviendra le plus familier, le plus fidèle. Comment nous faudrait-il oublier les vieux mythes qui se trouvent au commencement de tous les peuples, ces mythes de dragons qui, à l'instant suprême, se métamorphosent en princesses ? Peut-être tous les dragons de notre vie sont-ils des princesses qui attendent, simplement, de nous voir, un jour beaux et vaillants. Peut-être tout l'effroyable est-il, au plus profond, ce qui, privé de secours, veut que nous le secourions.
“Lettres à un jeune poète” Rainer Maria Rilke
Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l'accusez pas; accusez-vous vous-même de n'être pas assez poète pour en appeler à vous les richesses; car pour le créateur il n'y a pas de pauvreté, il n'est pas d'endroit pauvre, indifférent. Car le créateur doit être lui-même un monde, il doit trouver toute chose en lui et dans la nature à laquelle il s'est lié. Naturellement, il faut que vous le sachiez, chacune de vos lettres me sera toujours une joie, seulement soyez indulgent envers la réponse qui, souvent peut-être, vous laissera les mains vides, car au fond, et surtout pour les choses les plus importantes et les plus profondes, nous sommes dans une solitude sans nom, et tant de choses, pour que l'un puisse conseiller, voire aider l'autre, doivent se produire, doivent réussir, toute une constellation de choses doit survenir pour une seule heureuse issue.
“Lettres à un jeune poète” Rainer Maria Rilke
Kevin Barnes
Nihilists with good imagination
Amour et Psyché
Auguste Rodin, 1885
I knew I had fallen in love with Lolita forever; but I also knew she would not be forever Lolita.
“Lolita” Vladimir Nabokov
We were born the mutants again with leafling | Hissing fauna, are you the destroyer?
our particles are in motion
Czytam ten telegram i przerażam się na moment. Przeraża mnie nie postępek Lizy i Gnekkera, ale obojętność, z jaką przyjąłem wiadomość o ich ślubie. Powiadają, że filozofowie i prawdziwi mędrcy są obojętni. To nieprawda: obojętność to paraliż duszy, przedwczesna śmierć. Znowu kładę się do łóżka i zaczynam rozważać, jakimi by się tu zająć myślami. O czym tu myśleć? Wydaje mi się, że wszystko już przemyślane i nie ma nic takiego, co byłoby zdolne pobudzić teraz mój umysł. Gdy nadchodzi świt, siedzę w łóżku objąwszy rękami kolana i, aby o czymś myśleć, usiłuję zająć się poznawaniem samego siebie. "Poznaj samego siebie" - to piękna i rozumna rada; szkoda tylko, że starożytność nie wskazała nam sposobu, jak z owej rady korzystać. Kiedy dawniej przychodziła mi ochota zrozumieć kogoś albo siebie, to rozpatrywałem nie postępki, w których wszystko jest względne, lecz pobudki. "Powiedz mi, czego pragniesz, a powiem ci, kim jesteś." Teraz więc poddaje siebie egzaminowi: czego pragnę? Pragnę, żeby nasze żony, dzieci, przyjaciele, uczniowie kochali w nas nie nasze nazwiska, nie firmę, nie etykietę, ale zwykłych ludzi. I co jeszcze? Pragnąłbym mieć pomocników i zastępców. I jeszcze? Pragnąłbym zbudzić się za jakieś sto lat i chociaż jednym okiem spojrzeć na to, co stanie się z nauką. Chciałbym pożyć jeszcze jakieś dziesięć lat... Co dalej? Dalej już nic. Myślę, rozmyślam długo i nic więcej nie mogę wymyślić. I choćbym nie wiem jak długo myślał, dokądkolwiek by wędrowały moje myśli, widzę wyraźnie, że w mych pragnieniach brak czegoś najistotniejszego, czegoś bardzo, bardzo ważnego. W moim umiłowaniu nauki, w pragnieniu dalszego życia, w tym tkwieniu na cudzym łóżku i dążeniu do poznania samego siebie, we wszystkich myślach, uczuciach i pojęciach, które stwarzam sobie o wszystkim, brak czegoś uogólniającego, co by wiązało to wszystko w pewną całość. Każde uczucie i każda myśl istnieją we mnie z osobna i we wszystkich mych sądach o nauce, teatrze, literaturze, o uczniach, we wszystkich tych obrazkach, które rysuje mi wyobraźnia, nawet najwytrawniejszy analityk nie znajdzie tego, co zwie się ogólną ideą, czyli bożyszczem żywego człowieka.
“Nieciekawa historia” Anton Czechow
- A jednak nie odpowiedziałaś mi, czemu nie chcesz wrócić na scenę? - Nikołaju Stiepanyczu, przecież to doprawdy okrucieństwo! - woła Katja i nagle twarz jej zalewa rumieniec. - Pan chce mnie zmusić, żebym głośno powiedziała pawdę? Proszę, jeżeli to... jeżeli to się panu podoba. Nie mam talentu! Tak! Nie mam talentu... a... wiele ambicji. Oto proszę.
“Nieciekawa historia” Anton Czechow
Wacław Niżyński 1889-1950
L’illusion, sœur d’Icare 1894-1896 | Auguste Rodin
"The Exhibition of Curiosity"
Palace of Culture and Science, Warsaw, 24.06.2014