Manifeste pour une société non violente et respectueuse des enfants en tant que personnes
(à l'occasion des projets d'encadrement total de l'enfance énoncés par le gouvernement français - 2020)
Nous voulons une société libre, égale, fraternelle et résiliente.
Nous disons que les enfants n’appartiennent à personne d’autre qu’à eux-mêmes.
Pas à leurs parents et pas non plus à la République.
Nous voulons des institutions collectives libres, égales, fraternelles et résilientes, qui permettent de ne laisser personne au bord de la route, ET nous voulons des libertés individuelles, pour que chaque personne puisse choisir la route qui lui convient le mieux.
Nous voulons une autre école ET l’instruction en famille, nous voulons une population entière sensibilisée à ce qu’est l’adultisme et formée à la non-violence éducative.Nous ne renonçons à rien.
Nous disons que toutes les vies ont la même valeur, que les êtres devraient naitre libres et égaux, et que les intelligences sont multiples, non destinées à subir passivement un moule de formatage identique. Nous disons que tous les pédagogues sont des créatifs capables de révéler tous les talents, et que les enfants, les bébés, les vieillards, les étiquetés différents, les méprisés ne sont pas les plus petits d’entre les pédagogues. Nous disons que l’on apprend d’un arbre, d’une fourmi, d’une poussière d’étoile, d’un conflit, bref, de la Vie en général. Nous disons avec Paulo Freire que « personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les êtres humains s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde ».
Nous disons que ceux qui veulent, aujourd’hui, rendre la scolarisation obligatoire dans une école qui a 120 ans de retard pédagogique et 60 ans de retard en non-violence éducative le font par intérêt personnel et par calcul politique. Sans méchanceté particulière, par simple faiblesse humaine de vouloir maintenir un statut et un mode de vie, conserver un ordre établi dans lequel ils sont confortables et qui est menacé par les revendications de justice qui montent, partout. Un mode de vie dont nous voyons, nous, qu’il repose sur l’exploitation passée et actuelle de populations, de territoires et d’écosystèmes, selon des logiques de domination systémiques croisées complexes de classe, d’origine, de culture, d’âge et de genre. Un mode de vie qui nous mène droit dans le mur du réchauffement global et des changements climatiques.
Nous, parents signataires, savons qu’il y a, à l’intérieur de l’institution école des gens qui pensent l’enfant en tant que personne capable de ses choix, qui se souviennent de l’enseignement mutuel, qui prennent en compte les acquis de l’éducation dite « nouvelle », qui s’intéressent à l’incroyable vitalité pédagogique que l’on trouve dans les écoles alternatives, les tiers lieux à vocation éducative, l’éducation populaire et … dans l’instruction en famille. Nous savons que 3,5% de convaincus suffisent à changer le monde.
Nous, enseignants, animateurs, facilitateurs, éducateurs, orthophonistes, pédopsychiatres, psychologues, militants associatifs…signataires, qui prenont en charge des enfants avec qui nous ne vivons pas, savons que la relation d’attachement parent-enfant, quelque soit sa qualité, est primordiale dans la structuration psychique de la personnalité de l’enfant, et qu’il est absolument central de lui faire une place à nos côtés, dans toutes les circonstances.
Nous, hors des frontières de France, signons aussi pour manifester notre soutien à ceux qui, en France, se lèvent aujourd'hui pour la liberté des enfants.
Nous voulons la reconnaissance des enfants en tant que personnes.
Nous voulons le droit à l’auto-détermination des enfants.
Pour ceux qui le souhaitent, le droit à s’instruire en famille, dans le monde, sans être violentés.
Pour ceux qui le souhaitent, le droit à s’instruire au sein d’un espace collectif à inventer, public, gratuit, inclusif, respectueux des rythmes, ouvert au monde, non compétitif, riche de diversités pédagogiques et de libertés pour les enfants.
Nous voulons l’accès à l’instruction pour tous, et pas que dans l’enfance, tout au long de la vie.
Nous voulons le droit pour tous les enfants à grandir sans violences physiques ou psychologiques, sans inégalités sociales, économiques, culturelles, de classe, de genre, d’origine ou en raison de leur handicap.
Nous voulons le soutien économique aux parents leur permettant d’avoir du temps pour exercer leur parentalité – non patriarcale, répondant aux besoins des enfants – fonction d’utilité publique pour une société résiliente.
Nous voulons un monde où l’enfance non violentée soit le souci de tous.
Nous voulons une planète où nos enfants puissent vivre aujourd'hui et demain.
Nous voulons, tout simplement, la liberté, l'égalité, la fraternité et la résilience. En même temps.
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Vous pouvez signer ce manifeste en commentaire, ici ou sur facebook, ou en envoyant vos informations à : [email protected] (adresse cryptée).
Indiquez vos : nom, prénom, profession, avec combien d'enfant vous partagez votre vie si c'est le cas, lieu, pays. SAUF si vous êtes enseignant en poste dans l’EN, nomade, non déclarant, membre d'une communauté discriminée... Dans ces cas nous vous recommandons le combo prénom/ lieu (sans le nom de famille) ou nom/prénom sans le lieu. Mais la profession et les enfants, c'est important. :)
Ce manifeste n’est pas une revendication adressée au gouvernement, c’est une déclaration de nos fiertés et de nos valeurs, qui n’engage que ses signataires. Sans compromis, et parce que ça fait du bien. Pour les actions coordonnées concrètes à court terme, suivez les actions des associations IEF : LED’A, LAIA, CISE, UNIE, Collectif FELICIA ... et votre intuition.
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Premiers signataires :
Lakshmi Lanoire, danseuse géographe & mère à temps plein, partage sa vie avec trois enfants, Bains-sur-Oust, France.Sylvie - Mulhouse - Professeure de l'Education Nationale
Jean-Baptiste Malivernay - directeur organisme de formation, partage sa vie avec deux enfants, Besançon, France
Charlotte Limodin, consultante et formatrice, ex prof, partage sa vie avec deux enfants, Pays Basque.
Violette Bastin, philosophe entrepreneuse, facilitatrice/animatrice zd, ex chercheuse, ex prof, ex libraire, partage sa vie avec deux enfants, Bruxelles, Belgique
Caroline, éducatrice de jeunes enfants, partage sa vie avec deux enfants, AriègeMédée Hess, infirmière, partage sa vie avec trois personnes de -18ans, Marenne, Belgique
Simon Guichard, enseignant d'EPS, vivant avec un enfant, Nantes, France.
Lugdivine Gabriel, cadre territorial, ex assistante sociale, partage sa vie avec trois enfants, Grans, France
Caroline de Montlebert, ingénieur agronome, partage sa vie avec quatre enfants, Corenc, France
Sophie Masson, Conseillère agricole, partage sa vie avec deux enfants, Salies-de-Béarn, Pyrénées-Atlantiques
Aude Couet-lannes, Infirmière, partage sa vie avec quatre enfants, Reims, France
Valérie Kotti, mère a temps plein, tutrice/curatrice, partage sa vie avec un enfant, Nantes
Marylin Grollemund mère à temps plein, créatrice, partage sa vie avec trois enfants, Marseille
Antoinette Laurent, sociologue photographe, partage sa vie avec trois personnes dites mineures, Allauch, France
Olivier Venck, animateur-militant et père à temps plein, partage sa vie avec trois enfants, Allauch, France
Zoé Daligault, interprète de conférences, partage sa vie avec un enfant, à Toulon, France
Jonathan Mialon, père à temps plein, partage sa vie avec un enfant, sur la Terre
Sylviana Lamour , digital nomad, partage sa vie avec trois enfants, en mouvement
Angélique Mercier, auxiliaire de puériculture, assistante maternelle, partage sa vie avec deux enfants, Rognac, France
Karine, consultante en parentalité, partage sa vie avec trois enfants, Normandie
Les signataires suivants sont en commentaires.










