Notre vie commence Ă dĂ©cliner le jour oĂč l'on devient silencieux Ă propos des choses qui nous importent.
Martin Luther King (via barthelemyledragon)
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Notre vie commence Ă dĂ©cliner le jour oĂč l'on devient silencieux Ă propos des choses qui nous importent.
Martin Luther King (via barthelemyledragon)
on n'oublie rien de ce qu'on aimerait oublier, c'est le reste qu'on oublie.
Boris VIAN (via bruine-de-sakura)
âparcâque la mort nous en a trop pris, si câest un jeu, elle tricheâ
Elle Ă©tait comme ça, en mĂȘme temps, tu vois. Un peu ambivalente, un peu bancale, jâen sais rien. Dans le fond, câest ce que jâaimais avec elle, cette idĂ©e quâon marchait sur un fil sans savoir oĂč on allait, quand est-ce quâon allait tomber, parce que quand je pensais avoir de lâemprise sur elle, jâĂ©tais un beau connard parce que je me suis trompĂ© (il rit avec sarcasme). JâĂ©tais vraiment un con, parce que je lâavais serrĂ© tellement fort dans ma main, que je lui avais fait mal, alors elle sâest Ă©chappĂ©e. Elle avait besoin de sa libertĂ©, en fait. En fait, ouais. (il regarde Ă droite et fume sa cigarette). Tous les lundis, câĂ©tait le mĂȘme cinĂ©ma. Elle dĂ©ambulait chez moi Ă huit heures pĂ©tante, alors que les dĂ©bris de ma nuit se faisaient entendre dans mon crĂąne, que je souillais encore toutes les flasques que jâavais terminĂ© quatre heures avant ou moins, tâsais (il sourit sans lever le visage). Au bout dâun moment, jâarrĂȘtais de me lever pour lui ouvrir la porte parce quâentendre ses phalanges cogner contre ma porte Ă©tait lâunique chose que je haĂŻssais chez elle. Elle ne savait pas toquer, tu vois, mec, putain, câĂ©tait comme si elle voulait pĂ©ter la porte avec une main (il rit). Du coup, je mettais un putain de rĂ©veil (il tape avec la paume de sa main ses cuisses), juste pour me lever assommĂ©, lui ouvrir la porte et me rendormir pour ne pas avoir Ă entendre ce carnage. Ouais. (Il se relĂšve sur sa chaise et rĂ©pĂšte). Ouais. Parfois elle arrivait presque encore en pyjama, elle enfilait juste un pantalon et gardait son vieux t-shirt souillĂ© lĂ , toujours un t-shirt bizarre sur les seins, elle. Sans soutient-gorge en plus, je pouvais voir ses tĂ©tons quand je relevais un seul oeil quand elle entrait dans ma chambre, juste pour vĂ©rifier que câĂ©tait bien elle, pas un connard ou je sais pas. Puis aprĂšs, jâavoue, câĂ©tait juste pour ses tĂ©tons, tu vois (il rit encore). En gĂ©nĂ©ral, quand elle venait habiller comme ça, câĂ©tait pour se foutre dans mon lit et prendre toute la place, puis elle dormait la bouche ouverte ou la face enfouie dans ma couverture, je me rĂ©veillais elle avait la tĂȘte sur mes genoux. En gĂ©nĂ©ral câest quâelle sâĂ©tait enfilĂ©e trop de mĂ©docs, cette gamine la veille. Alors quand elle se rĂ©veillait, elle me disait toujours le mĂȘme truc, un peu le mĂȘme discours, du genre elle me demandait quand est-ce quâelle Ă©tait venue, si elle Ă©tait venue le matin ou le soir, puis elle me demandait Ă quel heure elle avait cours (il tire une tronche Ă©nervĂ©). Jâaimais pas quand elle faisait ça, je prĂ©fĂ©rais quand elle venait, en pyjamas, ouais (il me regarde). Pas pour les tĂ©tons (il rit), mais parce que parfois elle venait comme ça et elle sâallongeait Ă cĂŽtĂ© de moi, mĂȘme quand jâavais le dos tournĂ©, elle me serrait contre elle, puis elle sâendormait. Alors je me rĂ©veillais avant elle, et je la laissais dormir, et elle Ă©tait mignonne quand elle savait oĂč elle Ă©tait, tu vois. Mais moi, jâavais rien Ă dire, parce que jâavais tout le temps le crĂąne arrachĂ©, moi aussi parfois jâoubliais quâelle Ă©tait lĂ . (Il tourne le visage). Mais parfois, tu sais, elle se faisait belle. Genre, elle sentait bon alors je lui reniflais un peu le cou juste pour parce quâelle sentait bon, tu sais. Jâaimais bien jouer avec ses cheveux quand elle me tournait le dos, elle me tournait le dos que quand je sentais le rosĂ© du matin, de fin de soirĂ©e, tu vois. Souvent câĂ©tait elle qui ne dormait pas, alors elle restait assise Ă cĂŽtĂ© de moi, en attendant que je me rĂ©veille, en buvant son cafĂ©, pendant que le mien refroidissait, elle en faisait toujours deux mĂȘme si je dormais, tu vois (il sourit), et elle fumait sa clope en lisant un bouquin Ă deux francs acheter Ă la librairie du coin. Puis, parfois câĂ©tait moi, alors je jouais avec ses cheveux ou je regardais le plafond, ou je faisais le tour de ma propre baraque comme si je ne connaissais pas lâendroit (il sourit Ă nouveau). Quand elle dormait un peu trop longtemps, je fouillais dans son sac, puis, jâessayais de lire les bouquins quâelle lisait, jâaimais bien les feuilleter pour trouver toutes les phrases quâelle avait soulignĂ©. Parfois je tombais sur ses poĂšmes froissĂ©s, barrĂ©s. Je crois quâelle se dĂ©testait dâĂ©crire. Puis, je fumais ses clopes et je commençais Ă faire du bruit pour quâelle se rĂ©veille (il lĂšve les yeux au ciel et sâĂ©tire). Puis, il y a eu un lundi oĂč jâĂ©tais trop pĂ©tĂ©, trop arrachĂ©, trop con. Jâavais oubliĂ© de lui laisser un message pour lui dire de venir dans lâaprĂšs-midi plutĂŽt parce quâil y avait une nana dans mon lit. Le genre de truc qui lâirritait constamment, puis, cette nana, elle ne lâaimait pas. Puis jâai oubliĂ©, alors la nana avant quâelle ne sâendorme Ă sept heures, je lui ai dis que quelquâun venait, elle nâa pas trop rĂ©agi, elle sâest rhabillĂ©e tu vois, gentiment puis, quand je lui ai ouvert la porte pour quâelle se tire, ben, elle, elle Ă©tait lĂ . Devant la porte, avec ses foutus phalanges prĂȘtes Ă taper, tu sais. Elles se sont regardĂ©es comme si elles allaient mutuellement sâĂ©clater le crĂąne contre le mur, sauf quâelle, elle a juste dit putain, puis elle a barbouillĂ© dans son Ă©charpe quâelle allait se tromper de porte, puis elle rigole et je la regarde Ă©bahi et je la vois, elle monte au premier Ă©tage, alors jâattends que lâautre se tire pour pouvoir la suivre, puis jâallais monter et je lâentends sangloter, contre la porte dâun voisin. Je monte, je lui dis, arrĂȘte, arrĂȘte, on en a dĂ©jĂ parlĂ©. Alors elle se lĂšve, me regarde et se casse (il croise les bras). On nâĂ©tait pas amoureux, on sâaimait, pas avec amour, mais je nâen sais rien, y avait un truc. Peut-ĂȘtre au-delĂ de tous les sentiments quâon pouvait connaĂźtre dans la vie, tu vois, câĂ©tait au-delĂ de tout ça, il nây avait aucun mot pour dĂ©crire ce quâil y avait entre elle et moi. CâĂ©tait elle et moi, câest tout. On se coupait un peu du monde, parce que quand on se voyait câĂ©tait jamais avec les autres, on nâavait pas besoin des autres, juste de nous deux. Puis, dans le cas oĂč y avait les autres, on nâĂ©tait plus rien. (Il se rallume une clope). Tu vois, câĂ©tait ça le problĂšme, câest que tout Ă©tait bancale. Parce quâelle, elle mâaimait. Elle mâaimait alors elle me dĂ©testait. Elle me dĂ©testait tout le temps et elle, elle me menaçait de partir tout le temps aussi. Jâavais pas envie quâelle parte, mais elle sâĂ©tait cassĂ©e lĂ . Je lâai rattrapĂ©, je lui rĂ©pĂšte alors arrĂȘte, alors elle me dit dâaccord. Je lui rĂ©pĂšte, sâil te plaĂźt, arrĂȘte, elle me dit dâaccord et elle rentre chez moi. Elle regarde le lit et sâassoie plutĂŽt sur la chaise. Elle commençait Ă mâirriter, tu vois. Jâaimais pas quand elle faisait ça, la moue comme ça. Elle a posĂ© ses jambes sur le bureau ce matin-lĂ et sâest allumĂ©e une cigarette. Je lui demande si elle veut parler, elle me sourit et elle me dit quâelle sâen fout quâil y ait eu une fille dans mon lit. Je lui dis pourquoi tâas pleurĂ© au premier alors. Elle hausse les Ă©paules, Ă©crase sa clope Ă peine fumĂ©e, et me dit, je suis Ă bout, je dois me quitter, je vais imploser de ma peine. Puis elle se touchait le coeur, et elle faisait un geste comme si elle voulait se lâarracher et câĂ©tait violent (Il imite le geste). Elle a parlĂ© longtemps jusquâĂ que je mâendorme pas parce quâelle me faisait chier, je lâĂ©coutais mais jâavais pas dormi, tâsais. Alors elle nâa plus rien dit, je lâai entendu se lever, elle mâa embrassĂ© le front et sâest tirĂ©. Il pleuvait beaucoup ce jour-lĂ , puis jâavais regardĂ© la pluie toute lâaprĂšs-midi avec un sentiment dĂ©gueulasse qui me pĂ©trifiait (il Ă©crase sa cigarette dans le cendrier et relĂšve la tĂȘte aprĂšs un long silence). Câest lĂ quâelle a commencĂ© Ă sâen aller. Elle sâĂ©tait tirĂ©e, puis, je nâavais pas entendu parler dâelle pendant un mois. Pendant une semaine, je me foutais de son silence, jâsais pas, je mâinquiĂ©tais pas trop, jusquâau lundi, tu vois, parce que jâavais ouvert la porte, et quand je me suis rĂ©veillĂ© Ă neuf heures, elle Ă©tait toujours pas lĂ . Alors jâai refermĂ© la porte. Jâai essayĂ© de lâappeler, je lui ai Ă©crit, je lâai cherchĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, puis, je sais pas, tu vois, elle avait ce don de disparaĂźtre avec une telle transparence que tout le monde finissait par croire quâelle nâavait jamais existĂ© (il plisse les lĂšvres). Je lâai dĂ©testĂ© dâĂȘtre partie. La premiĂšre fois, câĂ©tait trop dur. Je ne comprenais pas, jâavais lâimpression quâelle ne reviendrait pas. Puis, je voulais mĂȘme pas savoir au final ce quâelle foutait, je voulais juste quâelle soit en sĂ©curitĂ©, quâelle ne fasse pas la conne. Parce que je savais quâelle avait besoin un peu dâĂȘtre seule. Elle Ă©tait revenue le premier lundi du mois, en me couchant jâavais priĂ© dâentendre ses putain de phalanges contre la porte, tu vois, alors jâavais ouvert la porte ce matin-lĂ , au cas oĂč, puis de toute façon je la connaissais trop bien pour ça. Elle avait besoin de calcul dans toutes ses dĂ©marches, câĂ©tait un mois pile, pas plus, pas moins (il rit). Jâavais levĂ© lâoeil, juste pour la voir. Pour voir son visage, ses hanches, je sais pas, elle mâavait manquĂ©. Puis, quand jâai levĂ© lâoeil, jâai peinĂ© Ă la reconnaĂźtre, jâai eu peur, tu vois. Son corps avait changĂ©, elle avait perdu du poids, sa criniĂšre Ă©tait teinte en blonde, elle avait de nouveaux fringues, elle sâest allongĂ©e Ă cĂŽtĂ© de moi, et je me souviens, elle mâa juste dit, je suis dĂ©solĂ©e. Jâai rien dit, je lâai juste serrĂ© contre moi. Puis elle sâĂ©tait tirĂ©e encore avant que je ne me rĂ©veille. Puis, elle ne rĂ©pondait pas, ou parfois elle revenait deux lundis de suite, mais ce nâĂ©tait plus pareil. Quand je dormais et quâelle ne dormait pas, elle Ă©crivait sur son carnet. Jâai lu une fois, ça ne mâaidait pas, elle ne parlait de rien, en fait. Elle parlait du bruit, du silence. Parfois de rien. On ne buvait plus de cafĂ©s ensemble, on ne parlait plus, je sais pas, elle ne voulait jamais me dire pourquoi elle avait disparu, elle nâen parlait pas. Parfois je lui criais fort dessus, parce quâelle Ă©tait devenue bizarre. Jâarrivais pas Ă la cerner, elle me regardait avec les yeux dâune mĂŽme et une voix de madame. Je crois quâelle essayait de grandir mais quây avait sa gamine en elle qui lâen empĂȘchait. Alors elle partait, et revenait, mais parfois je ne lui ouvrais mĂȘme plus la porte quand elle tapait contre la porte. Alors elle restait dormir contre la porte, jusquâĂ que je doive sortir de chez moi, puis elle se relevait en me voyant et me crachait Ă la figure ou me giflait, ou parfois elle pleurait, puis elle disait je suis dĂ©solĂ©e, je veux retourner en arriĂšre, sâil te plaĂźt. Alors tout devenait mieux, elle rĂ©ussissait mĂȘme Ă me rendre dingue. Dingue, tu vois. Je devenais dingue. On sortait, on se baladait, on buvait nâimporte quoi, on mangeait nâimporte quoi, et elle aimait crier, parler vite et rire beaucoup dâun coup comme sâil lui manquait du temps, elle courrait dans tous les sens puis elle me frappait toujours pour rigoler. On regardait les arbres, on regardait le ciel, on regardait le monde puis la terre elle avait beau tourner, jâavais lâimpression quâelle arrivait Ă tout figer sur son passage. Puis, un jour, quand on se disait au revoir, elle sâest arrĂȘtĂ©e pour me regarder, et je lui ai dis quoi, elle a haussĂ© les Ă©paules, puis jâai dit ben alors, et elle a haussĂ© les Ă©paules encore. Je lui ai tournĂ© le dos et elle est restĂ©e. (Il soupire). Puis, elle est repartie, encore. Mais je peux pas en parler, trop longtemps. Je comprenais pas, je nâai jamais compris, tu vois. Personne ne voulait me dire oĂč, ni pourquoi. Je sais pas (il soupire encore). Alors elle est revenue, trois mois plus tard, encore, puis câest pas moi qui lui ait ouvert la porte, je nâen avais mĂȘme pas la force, tu sais (ses yeux sont mouillĂ©s). Elle sâest allongĂ©e Ă cĂŽtĂ© de moi, jâai failli lâĂ©trangler, je voulais juste lui sauter dessus et lui crier dessus jusquâĂ faire Ă©clater ses tympans. Mais au lieu de ça, jâai attendu quâelle sâallonge et je crois que jâai failli pleurer comme un gamin, je lui ai juste dit un truc, genre, arrĂȘte de tâen aller sâil te plaĂźt. Puis jâai dit putain, je crois, elle sâest mise Ă pleurer comme une malade, genre je nâavais pas les yeux ouverts, mais elle a pleurĂ© comme une putain. Jâai ouvert les yeux et elle avait le dos tournĂ©, tu vois. Et, puis, elle nâavait plus de cheveux. Elle avait le crĂąne chauve. Plus rien. Rien. La peau sur les os et le crĂąne chauve. Jâai failli me crisper, hurler encore plus fort, je voulais cogner les murs avec mes poings, puis moi, tout ce que jâĂ©tais fichu de faire, câĂ©tait de me rendre compte que câĂ©tait vrai, alors jâai prit ses poignets, puis jâai vu le bracelet, alors je me suis levĂ©, je crois que lĂ jâai un peu tout foutu en lâair, jâai tout cassĂ©. JâĂ©tais Ă©nervĂ©, pas contre elle, contre le monde, contre la vie, tu vois. Alors elle sâest approchĂ©e de moi, toute tremblante, toute pleurante et elle mâa juste dit, arrĂȘte, toi arrĂȘte sâil te plaĂźt. Je lâai prit dans mes bras, je lâai serrĂ© tellement fort, que lâon nâa formĂ© quâun. On ne formait quâun. Un. (il essuie ses yeux avec sa manche). Je ne lâai jamais revu.
Ewelina Spiewak, http://prpzivt.tumblr.com
(via prpzivt)
fait-on l'amour Ă un corps ou Ă un coeur?
C'est plein de disputes un bonheur
Antigone, Jean Anouilh (via le-souffle-court)
Ă chaque pot son couvercle
- Tâes le âjâespĂšre te voir ce soirâ de tous mes jours. -
J'veux qu'il vienne me voir en me disant qu'il a fait le con, qu'il y arrive plus sans moi.
(via douleurspassageres)
- pourquoi? - parce que je l'aime - et tu trouves ça suffisant?
â€ïž
C'est pas ça, j'ai pas peur d'aimer Ă nouveau, j'ai pas peur qu'il reparte une seconde fois, j'ai pas peur de la destruction que ça pourrait engendrer. Mon problĂšme c'est que je ressens plus rien, j'suis totalement vide de sentiments J'en ai rien Ă foutre, jâm'en fou de tout et de tout le monde.
et moi je m'en fous jamais