Vraiment ce livre, "s'ouvrir à son coeur d'enfant pour renaître à soi", me fait avancer à grands pas. Merci à l'amie qui me l'a conseillée. Je ne sais comment au détour de la lecture, j'en suis arrivée à comprendre ma peur principale. Depuis longtemps, à chaque fois que je discute avec quelqu'un d'averti, cette personne me dit : "ta peur la plus profonde est en lien avec la mort." Et j'acquiesçais sans comprendre. Je ne pense pas avoir peur de mourir plus que quelqu'un d'autre. Et j'ai compris ce soir que leurs remarques faisaient écho en moi de la mauvaise façon. La mort qui m'a le plus touchée est celle de mon père, et à l'heure actuelle, comme je l'ai déjà dit, le deuil suit son cours et somme toute il se passe relativement bien. Je pense être en paix avec la souffrance que ressent l'enfant qui perd son papa, j'accepte. Et je me rends compte que ma peur de la mort y est reliée, mais pas de la façon dont je le croyais. Je n'ai pas peur de perdre mon père, ça c'est fait. Je n'ai pas peur de mourir, je ne pourrais pas y échapper. J'ai peur que l'autre meurt. Et c'est ce qui m'a freiné jusque là dans mes relations amoureuses. J'ai peur de devoir subir l'extrême douleur que ma mère a ressentie. Voyez-vous, mes parents avaient une relation exemplaire à mes yeux. Ils étaient amis, complices, copains, amoureux, aimants l'un envers l'autre. Et même quand ils ne partageaient pas leurs activités, ils se retrouvaient sur la liberté de pouvoir le faire sans l'autre. Dans les épreuves, ils étaient soudés, et quand disputes il y avait, ils se réconciliaient en se donnant un coup de coude dans l'escalier le lendemain matin. Et moi, c'est une relation comme celle-là à laquelle j'aspire. Entendez-moi bien, je ne cherche pas un mec comme mon père, je recherche avec ma personnalité quelqu'un avec lequel je pourrais partager le même amour que le leur. Et du coup, j'ai peur que l'autre me quitte. Oh pas qu'il me quitte comme ça pour la première ingénue qui passe, j'ai peur qu'il me quitte définitivement. J'ai peur qu'il meurt. C'est con hein. Alors du coup, j'ai fait en sorte que mes précédentes relations s'arrêtent en poussant l'autre à bout, ou tout simplement en choisissant quelqu'un qui ne me correspondait pas. Alors pour ne pas risquer d'être malheureuse et anéantie comme ma mère a pu l'être, et bien je stagne, je reste immobile, je ne prends pas le risque. Parce que c'est une femme forte ma maman, c'est une femme admirable, et je ne sais pas comment elle a pu survivre et continuer d'avancer dans sa vie à elle avec autant de dignité. Chapeau Maman ! Et je ne devrais même pas penser à tout ça, parce que personne ne sait de quoi est fait l'avenir. J'ai enfin compris pourquoi je gâchais mon présent, pourquoi je préférais m'enfermer dans une salle de danse à jouer à monter des spectacles. Le temps s'arrête lors de la création, et quand je chorégraphie, je suis la même petite fille qui s'enfermait dans sa chambre pour inventer un spectacle avec tous ses doudous. Je vais continuer ça, évidemment, parce que c'est génial et tout et tout. Je ne sais pas comment je vais faire pour me débarrasser de cette peur. J'aimerais pouvoir invoquer une formule magique et lui dire : mauvaise peur, tu t'en vas, tu t'en vas ! Il va falloir que je l'affronte et m'y confronte car la clef de mon bonheur de femme est là. De l'avoir exprimée, de l'avoir cernée, c'est déjà un immense pas. Maintenant je sais quel est le demon en moi, et je sais ce que j'affronte. Je vais me faire confiance, on va dire que j'en suis capable.