Présentations d'artistes entretenant au sein de leurs oeuvres un lien fort avec la technologie. Cherchant à troubler le spectateur, à leur faire vivre une expérience à part entière, ils mettent la technique au service de leur Art.

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Présentations d'artistes entretenant au sein de leurs oeuvres un lien fort avec la technologie. Cherchant à troubler le spectateur, à leur faire vivre une expérience à part entière, ils mettent la technique au service de leur Art.
BROUILLARD - PASSAGE #14 de Alexandre Larose.
Alexandre Larose expérimente l’aller-retour dans sa performance “aller-retour”, la multitude de panorama verticaux dans “ Belvédère ”, et la surimpression dans “ Brouillard - passages “.
Dans “Brouillard” il avance dans dans un sentier menant à un lac, caméra à l’épaule. Puis il rembobine et retourne au point de départ, il surimprime ensuite un autre parcours et répète cette gestuelle des centaines de fois.
Par l’accumulation de ces centaines de visions surimprimées il donne à voir une experience sensorielle semblable à celle d’un rêve où l’espace temps et les détails disparaissent. Il engloutit littéralement le spectateur dans un tableau impressionniste ou pointilliste. Et il nous donne à voir qu’une approximation de l’espace filmé où la répétition des passages creuse un sillon qui engloutit l’information visuelle.
On peut voir dans l’expérimentation de d’Alexandre Larose la tentative de se détacher de notre société contemporaine où l’abondance des images leur fait perdre tout caractère.
Photogramme 16mm extrait d’ « aller/retour » d’Alexandre Larose.
Ce qui m’attire dans la technologie mécanique du cinéma a probablement à voir avec un désir de me mesurer à elle, de la maîtriser, physiquement. Pour y arriver je dois me soumettre à ses conditions d’opérations. Je deviens esclave d’un processus machinique abrutissant. Et donc au final, je ne suis plus certain qui, entre moi et la machine, a le contrôle. J’aime quand on peut voir dans mon travail les traces de cet échange.
Alexandre Larose
”Bloom” de Urban Projections (Rebecca Smith) & Urban Canvas (Pete Barber), réalisé sur le Crown House Kidderminster Worcestershire - Royaume-Uni.
Dans un autre registre que Gianfranco Iannuzzi, le collectif Urban Projection basé au Royaume-Unis mélange les activité créatives pour obtenir des produits issus de médias-mixtes.
Combinant à la projection les techniques de cartographie, d’animation et d’illustration en direct, le collectif rassemble pour Bloom des images crées au cours des l’ateliers proposés par les organisations locales mais aussi via les réseaux-sociaux. Le but étant de promouvoir la mixité de la ville de Kidderminster mais aussi de célébrer les jeux paralympiques.
Images extraites de « belvédères », les multitudes panoramas verticaux juxtaposés en surimpression d’Alexandre Larose.
James Turrel et l’île de Naoshima - Japon.
Un ami en voyage au Japon me parle d’une installation permanente au musée d'art de Chichū. Il me raconte brièvement : - “ Il nous ont fait rentrer par 8 dans une pièce, écran bleu devant soi. La pièce est sombre et on l’on prend plusieurs minutes pour s’habituer à la lumière. Puis on monte les marches avec la guide, nez a nez avec l’Écran, elle nous dit de faire un pas en avant, on se retrouve dans une nouvelle salle. On a traversé l’écran ! “
Depuis la fin des années 1960, James Turrell réalise des installations ou « environnements perceptuels » à partir d’un seul même matériau constitutif : la lumière, naturelle ou artificielle. Il revendique pour sa démarche artistique la double appartenance à la culture scientifique et technique, et à la culture atlantique et pacifique.
De nombreuses œuvres de Turrell nécessitent d'enfermer le spectateur afin de contrôler sa perpection de la lumière et de l'espace. Parmi ses réalisations ; Il y a les “Skyspace” série d’oeuvre commencé en 1974 composée d'une pièce, peinte d'une couleur neutre, possédant une ouverture dans son plafond. La pièce, dont le périmètre possède des bancs, permet d'observer le ciel comme s'il était encadré. Des lumières entourent l'ouverture et peuvent changer de couleur afin d'altérer la perception du spectateur. Ou encore la transformation du cratère du volcan éteint Roden dans l’Arizona transformé en oeuvre de Land Art où il est possible d’observer à l'œil nu la lumière du ciel, le soleil et plusieurs phénomènes astronomique.
Roden Crater - James Turrel - Arizona
My desire is to set up a situation to which I take you and let you see. It becomes your experience. - Mon désir est de créer une situation dans laquelle je vous place et je vous laisser voir. Cela devient votre expérience.
James Turell à propos du Cratère Roden.
Blue Planet Sky, James Turrel - Kanazawa - Japon
Klimt et Vienne, Un siècle d’or et de couleurs par Gianfranco Iannuzzi
Je me souviens de petite route à flanc de montagne, du bruit des cigales, de la pierre blanche qui reflétait la forte lumière d’un mois de Juillet en Provence.
L’entré était comparable à celle d’un temple égyptien, massive. La différence de clarté entre intérieur et extérieur formait une barrière qui semblait nous faire passer d’un monde de lumière à celui des ténèbres.
Pourtant, comme pour un temple égyptien, l’intérieur des Baux-de-Provence renfermait un trésor de Lumière.
Il fallait à la manière d’Orphée effectuer la traversée du miroir. ( En 1959, Jean Cocteau tourne aux Carrières des Baux de Provence des séquences de son film Le Testament d’Orphée. )
C’est durant l’été 2014 que Gianfranco Iannuzzi a projeté sur les murs des anciennes carrières l’oeuvre de Gustav Klimt (1862-1918), Egon Schiele (1890-1918), et Friedensreich Hundertwasser (1928-2000).
C’est en jouant avec les aspérités, les découpes faites dans la roches, qu’ils transportent les nouveaux archéologues. Archéologue du lieu, le spectateur est aussi archéologie de l’Art. Le visiteur remonte en effet le fil de l’Histoire de la peinture viennoises avec des milliers d’images d’œuvres d’art numérisées, alors projetées sur toutes les surfaces de ces anciennes carrières et mises en mouvement au rythme de la musique.
L’auteur est Gianfranco Iannuzzi, né à Venise, il a durant une vingtaine d’année oeuvré pour la Cathédrale d’Images ( crée en 1976 par Albert Plécy ). C’est dans cet espace de 3000 mètres carré qu’il plonge le spectateur au coeur d’une expérience sensorielle englobante.
Gianfranco Iannuzzi commença par la photographie après 20 ans de sociologie, réalisa des expositions de ses clichées mais trouva limité d’imprimer ses photos pour les suspendre « I wanted to make them burst out of the frame » .
Il crée alors un « environnement interactif » au cœur duquel le spectateur peut évoluer à son gré, voire modifier sa propre perception du spectacle. Ces nombreuses installations en France et en Europe ( Fresques Dynamique - Théâtre Petruzzelli à Bari ou Soirées à Montecarlo en 2000 ) ont été fréquentées par des centaines de milliers des visiteurs.
Klimt et Vienne, Un siècle d’or et de couleurs par Gianfranco Iannuzzi
Klimt et Vienne, Un siècle d’or et de couleurs.
Déroulement de la projection.
Le spectacle commence à Vienne établissant le lien entre peinture, architecture et modernité avec le le Kunsthistoriches Muséum puis le Burgtheater, Théâtre National de Vienne datant lui aussi de la fin du XIXe siècle. S’ensuit la Sécession Viennoise et la volonté de Klimt de donner à l’Art une vocation plus large que la peinture pure et l’étendre à tous les arts décoratifs.
Les peintures, les motifs surgissent dans toutes les directions, se forment et se déforment au sol et contre les murs. Les enfants jouent dans L’Or qu’utilisait alors Klimt pour sublimer ses personnages. Un narrateur nous explique qu’il parvient ainsi à donner une dimension intemporelle à ses œuvres, que l’absence de perspective et la suppression des ombres rapprochent des icônes religieuses.
Puis le sol se couvre d’innombrables fleurs laissant apprécier une riche palette de couleurs, dans un clin d’œil au pointillisme.
Egon Schiele peintre, un poète et un dessinateur autrichien est aussi projeté puis laisse sa place aux femmes de Klimt qui sont la représentation de la féminité sous toutes ses formes.
Enfin c’est l’univers pictural d'Hundertwasser qui prend possession des carrières. A la fois peintre et architecte, il est l’héritier de la Sécession viennoise, quelques décennies plus tard. Comme Klimt et Schiele, Hundertwasser abandonne la perspective au profit d’une succession de plans et une ligne vivante traçant des formes irrégulières.
Oleg Dou
Né en 1983 à Moscou. Autodidacte, Oleg Dou travaille essentiellement sur la question d'une identité post-humaine.
Pour ses portraits il utilise des amis comme modèle, puis les transforme sans savoir encore à quoi il va aboutir. Emprunt des questions d’identité relatives à la nouvelle génération, il efface la chair, gomme les aspérités, lisse la peau. Il dessine sur cette nouvelle surface tous les maux, fantasmes et tendances de notre siècle, pour porter un message d’humanité fragile.
C’est par hasard un voulant offrir un portrait à une amie qui avait le teint de peau très pâle qu’il commence à retoucher, sans pouvoir s’arrêter et qu’il crée au fur est a mesure un portrait qui tend vers une toile abstraite.
Oleg Dou s’intéresse beaucoup aux objets qui sont beaux, mais qui font peur en même temps. Qui suscitent, provoquent des questions dans la tête de celui qui les regarde.Il détourne alors la fonction des logiciels de retouche traditionnels afin de donner à ses portraits contemporains une vision de notre condition humaine et questionne ainsi le spectateur.
Oleg Dou aime que ces oeuvres suscite la question : Que suis-je en train de regarder ?
Rombs 2, 2011 - Hair, 2012 - Eyes, 2012 - Mask, 2011 - extrait de “ The face of Another “ .
I want to concoct a situation that happens, for example, in European Films : there doesn’t seem to be a specific message, but the situation plays with our head and make us ask ourselves questions like “ what is this “ and “ what is this for “ ?. “ - “ Je tiens à concocter une situation qui arrive par exemple dans les films européens : il ne semble par y avoir de message spécifique , pourtant la situation se joue dans nos têtes et nous fait nous poser des questions comme “ Qu’est ce que c’est que ce truc ? “ “ Qu’est ce que ça veut dire ? “ .
Oleg Dou
″ Bambi “ , 2008
" WE ALL PLAY THE GOOD GUYS AS KIDS, BUT FAR FROM ALL OF US GROW UP TO BE GOOD, UPSTANDING PEOPLE “
“ Enfants nous jouons tous le rôle du gentil, mais loin d’en être tous devenus, nous nous sommes dressés. “