Jacques Anquetil: La vie de Pacha
04/04/2020 - Sports & Loisirs
Jacques Anquetil, avec 5 Tour de France, 2 Giros et 1 vuelta à son palmarès fait partie du panthéon du cyclisme. Mais si Antoine Blondin l’avait surnommé le pacha, ce n’est pas tant pour ses exploits sur la selle que pour sa vie privée, secret de polichinelle du peloton mais qui ne sera révélé au grand jour que 20 ans après sa mort, par sa fille.
Le 2 décembre 1958, Jacques ANQUETIL épouse Janine BOEDA. Celà ne s’est pas fait sans mal. Janine est mariée au docteur BOEDA, un notable de Rouen. C’est le premier docteur d’Anquetil, c’est devenu son ami et probablement celui qui a initié Anquetil aux méthodes modernes de dopage. Son épouse est une blonde magnifique dont Anquetil tombe amoureuse et conquiert le cœur. Mais le docteur ne l’entend pas ainsi. Il refuse de divorcer de la mère de ses deux enfants (un garçon et une fille) et rompt avec Anquetil. Celui finit par l’enlever et vit caché dans une ferme avec elle et les enfants. Après diverses interventions pour sauver la carrière du grand espoir du cyclisme qu’est Anquetil, le bon docteur Boeda accorde le divorce à son infidèle épouse.
Une fois retiré des courses en 1969, Jacques Anquetil (qui ne remontera sur un vélo qu’en de rares exceptions), souhaite un enfant. Sauf que Janine s’étant fait ligaturer les trompes ne peut plus en avoir. C’est alors que germe au sein du couple une drôle d’idée. Annie, la fille de Janine dont Jacques s’est occupé comme un père, vit chez eux. Elle n’a pas tout à fait 18 ans et a hérité de la beauté de sa mère. Elle servira de mère porteuse. Sauf que la fécondation ne se fera pas in-vitro. Petit à petit, Anquetil partage de plus en plus souvent le lit d’Annie jusqu’à ce que en 1971, naisse Sophie, fille de Jacques et d’Annie, bien qu’officiellement, ce soit Janine qui endosse le rôle.
Jacques est un papa attentionné, très présent qui choie la petite Sophie; une petite fille qui a un papa et deux mamans. Car la relation entre Jacques et Annie ne s’est pas éteinte avec la naissance de Sophie. Il s’installe alors un ménage à trois des plus singuliers sous le toit des Anquetil. Mais les relations sont compliquées au sein du trio, entre Janine, jalouse des attentions et de la préférence de Jacques pour sa fille, plus jeune, plus belle et Annie qui supporte mal la situation et souffre de ne pouvoir révéler en public qu’elle est la mère de Sophie, situation de plus en plus complexe alors que la gamine grandit. Le soir de la communion de Sophie, une violente dispute éclate au sein du trio qu’Anquetil conclut avec le panache du coureur qu’il était: en séduisant Dominique, l’épouse d’Alain, son beau-fils, le fils de Janine. C’en est trop pour Annie qui part avec sa fille, encouragé par son frère. Janine pense avoir le champs libre mais Jacques lui préfère Dominique. Exclusivement Dominique. Pas pour longtemps. On est en 1986, et Jacques Anquetil va être rattrapé par la maladie, probablement du fait des excès de produits dopants dont il n’a jamais caché faire usage. Il s’éteint le 18 novembre 1987, à Rouen, non sans avoir fait un petit garçon à Dominique, Christopher, né en 1986.
Il faudra attendre 2004 et le récit écrit par Sophie, la fille de Jacques, pour que l’histoire resurgisse au grand jour. Catharsis psychanalitique, cet ouvrage au demeurant agréable à lire, insiste sur l’amour qui unissait le “trouple” qui a entouré son enfance. Mais aussi, comme le montre l’issue, sur l’impossible maintien d’une situation devenant plus ténu et complexe avec le temps. Ce livre “Pour l’amour de Jacques” (Ed. Grasset) a constitué l’essentielle source de ce poste, avec le récit qu’en a fait Christophe Hondelatte pour Europe 1.
















