“Pirates et Empereurs: le Terrorisme international dans le monde contemporain - Noam Chomsky (1986, 1989, 2001) traduit par Jacques Maas
« Le problème après une guerre, c'est le vainqueur. Il croit qu'il vient juste de prouver que la guerre et la violence paient. Qui pourra ensuite lui donner une leçon ? » (p.291, citation d'Abraham Johannes Ruste – fondateur du mouvement pacifiste américain)
I – Démonstration et argumentation d'un terrorisme mondial Américain
Dans cet ouvrage, Noam Chomsky propose une vision originale et controversée de l'analyse du terrorisme. Il démontre que cet acte n'est pas seulement à penser comme acte essentiellement réalisé par des guérillas, attentant de troubler l'ordre public d'un État, mais plutôt par des guerres entre les pays basées sur une incompréhension des systèmes idéologiques des autres. Chaque État choisi (ou non) de faire des actes terroristes contre un autre par un motif culturel de par sa représentation du monde différente de l'autre.
L'ouvrage comporte trois éditions (1986, 1989, 2001) où Chomsky rajoute quelques chapitres et une introduction à chaque réédition ; en complémant de ses analyses et où il réagit sur les différentes actions terroristes survenues entre ces laps de temps. Par exemple, en 2001 il consacre un chapitre sur « le monde après le 11 septembre ».
Le titre « pirates et empereurs » est à comprendre par une dissociation des différents acteurs des attaques terroristes. Selon Chomsky, il y aurait intrinsèquement, deux groupes terroristes internationaux se font face d'où découle la notion de guerre asymétrique - entre pirates et empereurs – c'est une manière dont le terrorisme se joue entre les États et les organisations terroristes.
Le terme d'« empereur » désigne les pays super-puissants, ceux disposant de moyens militaires, institutionnels, culturels conséquents ; ainsi donc disposant d'une supposée hégémonie dans le monde contemporain. Chomsky se concentre essentiellement sur les États-Unis car c'est le pays où il vit, il y connaît donc les rouages. C'est aussi un pays qui a exercé et exerce encore des pressions militaires, idéologiques et financières sur le monde entier. Comme il l'explique « depuis les années 80, certains spécialistes éminents des affaires internationales soulignent que les États-Unis sont perçus par beaucoup de gens comme « un super-pouvoir félon » menaçant leur existence. Mais c'est pour le mieux s'ils inspirent crainte et soumission » (p. 31). Il est possible d'extrapoler en identifiant la Russie (et surtout anciennement l'URSS) comme un pays empereur. En prenant une vision historique de la guerre froide, deux pays puissants se frictionnaient pour savoir qui des deux États était le plus puissant. Aujourd'hui, les empereurs pourraient signifier les pays ayant de fortes aptitudes militaires, financières et idéologiques, comme par exemple l'Union Européenne ou encore le Japon qui se réarme et tous les pays possédant des moyens de domination au dessus de la moyenne. Ce sont principalement des pays du Nord.
Les « pirates » sont les États annotés géographiquement et historiquement « en voie de développement » ou encore « pays émergeant ». Ils disposent de peu de moyens et doivent compter sur la noblesse des pays plus grands pour pouvoir rester membre de l'économie globale. Nous pouvons citer parmi ces pays l'Irak, le Nicaragua, le Yémen ou encore l'Afghanistan… Ce sont principalement des pays du Sud et disposant de peu de ressource militaire pour répondre ou créer des guerres. Ce terme se rapporte à la notion de guérilla, des pays « faibles » qui tentent de combattre des pays plus puissants.
L'auteur veut écrire et nommer les nombreuses attaques qu'opèrent les États-Unis au nom de « légitime défense » dans les pays connotés comme terroristes (leur justification s'articule ainsi : si ils n'attaquent pas les pays terroristes, ce seront eux qui viendront terroriser l'Amérique), qui peut se comprendre par une sociologie du risque et la notion de précaution. Chomsky démontre que le terme de légitime défense est utilisé à des fins terroristes et est très aléatoirement accepté en fonction de qui utilise cette justification. Par exemple, si un pays pirate décidait d'en faire de même, la Syrie contre la Libye, la Commission Internationale de La Haye serait déjà intervenue et empêcherait un tel désastre de ce produire. Mais comme les États-Unis sont puissants et génèrent beaucoup de lobbying partout dans le monde ; possèdent un véto au Conseil des Nations-Unies, ils peuvent se permettre beaucoup plus de chose. En d'autres termes « le message est clair : personne n'a le droit de se défendre contre les attaques terroristes américaines. Les États-Unis sont un État terroriste de droit » (p.257).
Chomsky développe l'idée que les États-Unis exercent une pression énorme sur les valeurs idéologiques démocratiques mondiale parce qu'ils souhaitent conserver leur hégémonie international. L'un des effets de cette volonté de pouvoir total se traduit par l'assignement de peine, de douleur, de meurtre, de viol par des militaires américains sur le sol des pays émergents qui voudraient s'affranchir du modèle occidental, comme le Salvador qui a énormément souffert (et continue de souffrir?) sous le joug des États-Unis. Pendant plusieurs années les USA ont envoyés des militaires pour bombarder les civils dès qu'une démocratie libre et citoyenne essayait de trouver son chemin dans la misère de ce pays, déjà fortement en retard sur nos moyens de production. Mais la justification -du Pentagone- de ces actes se trouve dans la volonté noble des États-Unis a aider ces pays pour qu'ils puissent parvenir à une démocratie pure.
Chomsky démontre que les États-Unis, malgré la revendication d'une forte liberté d'expression, oppressent l'opinion publique. L’opinion serait incapable de prendre de la distance et serait empêchée de penser certaines représentations du monde car elle ne pourrait se détacher de la politique étrangère du Pentagone. Selon l'auteur, un accès très important de propagande intra-États-unienne passent par les grands médias (comme le New Republic, le Boston Globe ou le New York Times) ; une manipulation, presque orwellienne, que le Pentagone établi auprès de l'opinion publique américaine. Encore selon l'auteur, les médias ne souhaitent pas dépasser cette censure invisible parce qu'ils n'en ont pas forcément les moyens (les informations compromettantes sont le plus souvent cachées, oubliées) mais aussi parce que le gouvernement leur permettent de jouir d'une situation plaisante. Les médias États-uniens joueraient sur la peur qu'occasionnent les attaques terroristes par la différence culturelle et l'importance que tous les individus issus du monde occidental portent aux valeurs universelles démocratiques, ce qui leur permet de justifier les attaques terroristes du gouvernement (cf : le Salvador).
Malgré la définition générale du terrorisme dans l’US Code : « un « acte terroriste » est une action qui (A) implique un acte violent, ou dangereux pour la vie humaine, qui est une violation des lois pénales des Etats-Unis ou de tout État, ou qui serait une violation criminelle s'il était commis sous la juridiction des États-Unis ou de tout État ; et (B) semble conçue en vue (I) d'intimider ou de contraindre une population civile ; (II) d'influencer la politique d'un gouvernement par l'intimidation ou la coercition ; ou (III) d'affecter la conduite d'un gouvernement par l'assassinat ou le kidnapping » Chomsky démontre que les États-Unis font fit de ses lois lorsqu'il s'agit de s'attaquer à des pays qui ne disposent pas de la même idéologie que lui. Par exemple, les nombreuses violences qu'ils ont occasionnés lors de la guerre en Irak.
La composition mondial du pouvoir États-uniens auprès des autres États
Autrement dit, qui sont les États alliés des États-Unis ? Pour les désigner, Chomsky utilisera la terminologie d'« États clients » ou d'« États mercenaires ». Selon lui, des pays comme Israël ou le Salvador sont des alliés contemporains des USA. Israël pour sa fonction pontificateur dans l'enceinte du Moyen-Orient, principalement peuplé de musulmans, où les États-Unis peuvent avoir un regard et des militaires dans ce pays pour gérer les différents conflits et imposer leur joug moyennant la subvention des armes. Le Salvador serait devenu un allié des États-Unis par leur occupation militaire conduisant le pays à vivre dans une démocratie totalitaire où les dirigeants seraient des individus américains et où des Salvadoriens serait au gouvernement car ils possédent la même façon de penser que le Pentagone. Les alliés des États-Unis sont des pays pirates qui répondent aux ordres de l'empereur par une pression financière et/ou idéologique et/ou militaire. Leur alliance peut se démontrer, par exemple, lors des réunions entre les pays par le Conseil des Nations-Unies, les pays alliés votent la même chose que les États-uniennes.
Chomsky dénonce cette mascarade de la fausse analyse terroriste par une analyse historique des faits. Selon lui, l'histoire se découpe en deux segments ; par une dualité entre l'histoire prescrite et l'histoire proscrite, autrement dit : l'histoire véhiculée et l'histoire réelle. Les médias, le corps politique envoient les différents faits et conséquences qui sont appréciables de leur point de vue. Alors que, si les individus disposaient de plusieurs analyses différentes, ils verraient réellement l'histoire, par une diversité des analyses et des points de vue. Le travail de Chomsky s’apparenterait quelque peu aux analyses sociologiques de Marx et de Foucault qui se proposaient de donner aux lecteurs les clefs d'une analyse cachée de nos sociétés.
Les arguments de Noam Chomsky reposent principalement sur des faits historiques et concrets, ainsi que sur les mémoires écrites de différent chef de gouvernement États-Unis, d'Israël, de la Palestine, de même que sur des articles et éditoriaux de journalistes et enfin sur des travaux de chercheurs ; en en tirant une analyse, principalement polémique car peu développée par d'autres, sur les guerres/les actes terroristes que les États-Unis occasionnent dans le monde.
L'auteur est parti de nombreuses fois dans les pays du Moyen-Orient pour recueillir des témoignages de la réalité que vivaient quotidiennement les minorités sous le pouvoir des États-Unis. Ces individus étant souvent considérés comme « les simples choses », en paraphrasant Hegel, par les États-Unis et où ils se permettent d'exercer des violences en violant les droits de l'homme. Par exemple, au Salvador « les corps démembrés devaient être laissés en bordure des routes, les femmes pendues à des arbres par les cheveux, le visage peint en rouge et les seins tranchés » (p.263). Ces informations sont souvent absentes du débat public et Noam Chomsky, par cette démarche, tente de faire remonter à la surface ces faits mis à l'oubli. Car les médias et les chefs d'États possèdent ses informations et souhaitent conserver une autre vision de la vérité ; par une pratique machiavelienne de la politique où « la fin justifie les moyens » et où il est parfois conseillé de ne pas dire la vérité au peuple pour ne pas l'effrayer.
Enfin, Noam Chomsky s'appuie sur des rapports de grandes ONG pour montrer que les États-Unis ignorent les remarques que peuvent faire ces grandes organisations mondiales œuvrant pour la reconnaissance des droits fondamentaux, l'égalité de tous les êtres humains et la fin de la violence. La Commission Internationale de La Haye, Amnesty International, Oxfam ou encore Human Right Watch ont publiés de nombreux rapports quant aux violences occasionnées par les États-Unis sur des minorités ; comme Chomsky l'écrit « [les États-Unis] ne prêta guère attention à l'importante accroissement de la terreur d’État [démontré par] un rapport d'Amnesty International intitulé Salvador : les Escadront de la mort, un stratégie gouvernementale (oct 1988) » (p.264). Ces rapports ne sont pas diffusés auprès du public américain et les États-Unis justifient leurs actes internationalement par des actes de « représailles » dans le domaine juridique ; « ils l'ont cherchés, nous répondons ».
II – La définition du terrorisme par Noam Chomsky
En général, le terrorisme se défini par l'Autre État qui porte atteinte à un Moi Étatique. Autrement dit, un État A ne se considérerait jamais comme étant terroriste, c'est l’État B ennemi qui sera le terroriste. L’État A sera lui le sauveur pour contrer ses forces mauvaises qui trouble son ordre public.
Il est possible de comprendre la notion du terrorisme chez Chomsky par l'appui de la réflexion Weberienne « les adversaires [terroristes] qu'ils [l’État] combattent revendiquent exactement de la même et entière sincérité subjective, la noblesse de leurs intentions ultimes », Chomsky délimite le terrorisme comme un combat idéologique et culturel où les États ou organisations qui s'affrontent le font parce qu''ils n'ont pas les mêmes représentations de ce qui est Bon et de ce qu'il Faudrait Faire pour atteindre une paix perpétuelle.
Plus particulièrement, dans le contexte des États-Unis qui pratiquent le terrorisme par des actes de violence justifiées par eux-même devant les autres, ses actes se transforment, comme par magie, en des actes non-terroristes. Cette scission est possible parce que les autres États membres de la Commission de la Haye ont aussi un intérêt à ne pas déterminer le terrorisme Américain comme tel.
Chomsky va plus loin et montre que le terrorisme peut s'étudier de deux manières fortement différentes. La première étude est une approche littérale : où le terrorisme est analysé de façon neutre et l'autre est une approche propagandiste (approche Étatique) : où le gouvernement délimite qui est terroriste par rapport à lui.
L'approche littérale serait exempte de toute représentation et de tout conflit d'intérêt ; on analyserait le terrorisme par des exemples concrets et factuels des différents camps opposés. Et s'ensuit ainsi une pensée vers la détermination des causes de ces combats et idéalement elle se conclurait vers une résolution du conflit.
Pour l'approche propagandiste, l'exemple du conflit israélo-palestinien est assez illustrateur. Israël considère que la Palestine est terroriste et on imagine aisément que les Palestiniens considèrent que les Israéliens sont les terroristes. Ces pays réfléchissent de manière Étatique (il serait plus correct de dire en appartenance avec leur peuple, car la Paléstine ne disposent pas de frontière), c'est-à-dire qu'ils prennent parti en fonction d'eux et de ce qu'ils représentent. Mais si nous essayons d'avoir une vision littérale, le terrorisme vient des deux camps. Chacun tente à terroriser l'autre par ses moyens militaires. Même si l'un disposent de plus de moyen que l'autre... Historiquement parlant, ce combat découle d'un accord Anglais datant de 1944 où la terre a été promise à l'un et à l'autre de ces communautés, entraînant ainsi un combat durant depuis plus de cinquante ans. Les anglais se sont retirés des territoires en laissant les individus résoudre difficilement le problème entre eux.
Tandis que l'approche littérale est généralement réalisée par les organisations non-gouvernementales, car elles n'ont – normalement - pas de conflit d'intérêt et – se doivent - d'œuvrer dans une vision mondiale égalitaire.
Dans cet ouvrage, Chomsky se borne à une analyse littérale décapante du terrorisme international dans le monde contemporain développé par les États-Unis. Il y récence les faits les plus démonstrateurs où la violence des États-Unis s'est exercée en tant que « légitime défense » ou en qualité de simples « représailles » et enfin pour « aider les plus démunis à trouver le chemin vers la démocratie ».
III – Les extraits commentés
« Les atrocités du 11 septembre sont considérés comme un événement historique, ce qui est vrai, mais malheureusement pas en raison de leur ampleur. Pour ce qui est des pertes civiles, ce crime n'a rien d'exceptionnel dans les annales de la violence, guerres exclues. Pour ne citer qu'un exemple un journaliste de Panama, condamnant les attentats du 11 septembre, a fait remarquer que les « temps sinistres » n'étaient pas inconnus des Panaméens, leur rappelant le bombardement par les Américains du barrio Charrio au cours de l'opération « Juste Cause », bombardement qui occasionna peut-être la mort de milliers de personnes – ce sont nos crimes donc il n'y a pas de décompte précis. Si les atrocités du 11 septembre constituent bien un événement historique, c'est que c'est en raison de leur cible. Pour la première fois depuis qu'en 1814 les Britanniques incendièrent Washington, les États-Unis ont fait l'objet d'une attaque sur leur propre territoire. […] Pour l'Europe, le revirement est encore plus spectaculaire. Tandis qu'ils faisaient la conquête d'une bonne part de la planète, laissant derrière eux une traînée de terreur et de dévastation, les Européens sont restés à l'abri de toute attaque de leurs victimes, à quelques exceptions près – rares et limités. Il n'est donc pas surprenant que l'Europe et ses dépendances aient été choquées par le crime du 11 septembre rupture spectaculaire avec les normes plusieurs fois séculaires de comportement convenable. » (p. 296-297)
« On admet bien que de tels programmes (technologies de l'armée : satellites, drones...) aggravent de manière significative le risque d'une catastrophe incontrôlable, mais cela est parfaitement rationnel dans le cadre de pensée des institutions et de l'idéologie dominante, pour lesquelles l'hégémonie passe bien avant la survie. […] Aujourd'hui, les enjeux sont importants. Il n'est nullement exagéré de dire que la survie de l'espèce est en danger. […] Il n'y a aucune raison de succomber à ces efforts (de renverser ce pouvoir, au moins le neutraliser), bien au contraire. Les options et les choix disponibles sont très nombreux. Comme toujours, c'est de volonté et de dévouement que nous avons besoin de mettre en œuvre » (p. 315)
Ces deux extraits ne comportent pas la même finalité sémantique, mais tous deux permettent de comprendre l'auteur dans son entière pensée : de son analyse vers sa résolution des conflits.
Dans le premier extrait Chomsky rapporte, quelques mois après les malheurs de l'attentat du 11 septembre 2001, son analyse littérale basée sur l'historicité - la dualité entre empereurs et pirates en parti dû à la domination de l'un sur l'autre. Et non seulement comme une attaque survenue de nulle part, par des individus voulant attenter aux Américains par racisme et violence perverse pure. De même que la réaction des Européens est aussi intéressante ; effectivement, des actes tels que le commerce triangulaire, ou la colonisation de l'Amérique ont fait périr énormément d'individus. Pendant longtemps l'Europe était un groupe d'États empereurs dominant le monde.
Aujourd'hui encore, elle exerce, à une échelle plus faible, des actes violents qui peuvent être qualifiés comme terroristes : dans Le Monde un article sur « l’ex-premier ministre britannique, Tony Blair, reconnaît avoir une part de « responsabilité » dans la montée actuelle de l’État islamique, dans un entretien avec CNN » lors de l'invasion Britannique en Irak. Il ne qualifie par ses actes comme terroristes mais avoue seulement qu'ils ont permis à émerger les actes terroristes envers les Européens. Et comme chacun le sait, la violence entraîne la violence irrémédiablement.
De plus, Chomsky montre que les individus sont choqués et réagissent lorsqu'il s'agit d'un pays puissant, mais certains crimes – où les civils morts sont plus importants – restent dans l'oubli car ils n'appartiennent pas à la culture et la représentation du monde occidental. En effet, les informations circulant sur les chaîne télévisés ou sur les médias mainstream (en France : TF1, Le Monde, Fr2, Le Figaro) sont principalement issues du monde occidental. Hormis les différentes guerres que nos États mènent au Moyen-Orient qui sont retranscrites pêle-mêle à la télévision où l'individu lambda ne comprend rien à ce qu'il s'y passe mais peut simplement déduire qu'il y a des guerres autre-part mené par son État – qui agit sûrement pour une bonne cause - et que lui peut fort heureusement jouir de son confort grâce à son pays. Il est aisé de comprendre pourquoi les individus d'aujourd'hui demandent plus de sécurité dans leur pays par la peur d'une guerre survenant sur leur sol.
Il y a une sélection d'informations : entre ce qui est important et ce qu'il ne l'est pas. Cette analyse de l'important peut être conjuguée avec celle du philosophe Alfred N. Whitehead qui développe le concept de l'Importance et où les individus sélectionnent ce qui à de l'importance ou non en fonction de leur environnement sensoriel. Puis-qu’ici nous vivons dans l'Occident, il est logique que nous ayons principalement des informations issus de notre civilisation car nous nous sentons plus concernés par la notion d'appartenance. Cependant, il s’apparente une notion d'ethnocentrisme à vouloir seulement se concentrer sur notre civilisation.
Le deuxième extrait s'adresse directement au lecteur qui partagerait avec Chomsky une envie de paix et d'une peur du pouvoir militaire Étatique. Car Chomsky ne se concentre plus seulement sur une vision Américaine mais touche tous les individus de la planète qui considèrent que la fin peut être proche au vu des nombreuses techniques de guerre développées. Par ce texte, gorgé d'espoir, Chomsky demande de la volonté pour construire une alternative afin de décentraliser ces pouvoir incontrôlable pour les individus lambda. Cet extrait illustre la pensée anarchiste de Chomsky qui souhaite voir la fin de l'hégémonie Étatique sur les citoyens.
Comme tous les mouvements quelques peu révolutionnaires, il demande des convictions et de dévouement. Rappelant par exemple « Les Justes » d'Albert Camus où ces individus se battent et mettent en danger leur vie pour un bien commun et où l'inégalité serait supprimée.
Chomsky, essaie de ranimer cette flamme au fond des individus afin de penser autrement le monde dans lequel nous vivons actuellement.
IV – Critique de l'ouvrage
La personnalité publique de Chomsky est souvent connotée comme anarchiste. Cet auteur est régulièrement critiqué pour ses remarques provocatrices et polémiques (rappelons celles où il défend un individu ayant des propos monstrueux pour l'idée pure de la liberté d'expression). Cependant, Chomsky est aussi un illustre scientifique de la linguistique contemporaine. Il me semble que ses écrits scientifiques lui permettent d'avoir une base de pensée solide pour ensuite essayer de comprendre le monde qui l'entoure. A l'instar de la recherche en sociologie, les concepts développés dans ce domaine permettent aux chercheurs d'avoir une certaine vision du monde. D'autant plus qu'en sociologie, nous étudions la société, l'objet d'étude est notre environnement de la vie quotidienne. De même qu'en étudiant la linguistique, il semble plus simple de découvrir les différents rouages des jeux de parole et ainsi les mécanismes des différentes institutions1.
C'est par ses découvertes personnelles et scientifiques que Chomsky a mené au long de sa vie qu'il propose aujourd'hui une vision décalée des actes militaires menés par les Etats-Unis. Chomsky prend son indépendance et ouvre la voix de la réflexion dans des chemins qui n'avaient pas encore été pratiqués. Il est rare d'avoir des points de vue divergeant de ceux issus de l'État et des médias. Cet aspect novateur m'a énormément séduit, l'idée d'une divergence de point de vue me semble aussi importante dans une société dite pluraliste.
Cependant, Chomsky semble aller trop loin dans ses raisonnements. Le gouvernement des États-Unis n'est pas autant catégorique et peut-être même que parfois, la légitime défense ou la volonté d'aider un État était sincère. Prenons en grille d'analyse l'éthique de conviction pour comprendre les actes Américains. De même que Chomsky tente de rétablir la réalité des faits par l'éthique de vérité que Max Weber soulève et démontre qu'il n'est pas bon de faire ressortir toutes les informations d'un point de vue étatique, car les individus pourraient devenir réticent à l’État en le considérant émotionnellement.
Malgré la voracités des faits énoncés, nous ne sommes pas sûr que Chomsky possède tous les chiffres auprès de lui. Il est difficile, aujourd'hui, de déterminer qui possède la vérité, sur quelle base et jusqu'où se place ces limites. Nous vivons dans une société réflexive (au sens d'Anthony Giddens), nous possédons les clefs pour arriver à prendre du recul. Mais ce qu'il est difficile de faire c'est de trier les savoirs, lesquels sont utiles, lesquels sont vrais, lesquels disposent d'une bonne interprétation. Car ici, Chomsky n'utilise pas la méthode sociologique, mais une méthode militante (même s'il s'attache à parler de ce terrorisme en une soit-dite approche littérale). Un sociologue n'aurait pas eu les mêmes approches et n'aurait sans doute pas eu les mêmes résultats. De part cette pensée nous pouvons douter de l'approche littérale de Chomsky. Il serait donc intéressant de mener une enquête dans une neutralité axiologique comme le propose Human Right Watch, par exemple.