Coucou mes p’tites patates intercosmiques! Allez, pour ce premier supplément pour DuDi V2, nous allons rester dans les Univers Alpha, ceux développés dans le livre de base, c’est-à-dire Les Jardiniers de l’Erreur, la République des Copies, les Pêcheurs de Possibilités et le Musée des Univers ratés. Je vous y présente des galeries d’entités conceptuelles basées sur les grands principes régissant…
Coucou mes p’tites patates engagées! Alors oui, j’utilise TiPo afin de promouvoir des pensées politiques avec lesquelles je suis raccord, et donc celles développées dans le programme bien dense de l’Avenir en Commun! Bien entendu, les apolitiques et autres chantres du capitalisme nihiliste pourront s’abstenir de chouiner dans les commentaires, pour les autres, celles et ceux qui s’interrogent,…
Coucou mes p’tites patates sériphiles! Bon allez, nouvelle proposition rôliste, car annoncer fièrement aux novices qu’il est possible de tout adapter en jeu de rôle, c’est une chose, le prouver en est une autre! Et mine de rien, jouer dans une comédie nécessite finalement pas mal de préparatifs en amont, afin de bien cadrer nos participant.e.s, tout en assurant un déroulé dynamique et harmonieux…
… Orchidelirium! Et il est vrai que c’est bien du délire, le monde des orchidées, avec ses codes, ses règles, et ici dans le jeu de rôle de Luke Earl, pour lequel j’avais fais un petit article élogieux, ICI, une intarrisable source d’aventures. Clairement, cette ambiance frôlant le pulp, située durant l’ère victorienne, nous faisant incarner des explorateurs et trices alternant entre une vie…
[Jeu de rôle] Comment les actual plays ont changé notre manière de jouer ?
Critical Role
Il y a vingt ans, découvrir le jeu de rôle ressemblait souvent à ça :
Un ami vous disait : « Viens samedi soir, on va tuer des gobelins. »
Vous arriviez dans un salon.
Le MJ sortait une carte dessinée sur une feuille à carreaux.
Quelqu’un mangeait des chips trop fort.
Quelqu’un d’autre demandait : « Attends, j’ai combien en Force déjà ? »
Et tout le monde passait une…
Mega 5e peut-il faire du super-héros ? Ce qu'on a testé avec Lois Lane (mais pas que...)
On a fait quelque chose un peu particulier ces derniers temps : des fiches de personnage à partir de personnages célèbres ou fictifs. Et ça mérite une petite explication, parce que la démarche est moins anecdotique qu'il n'y paraît.
Pourquoi adapter des persos connus dans Mega 5e ?
D'abord, pour tester les règles jusqu'au bout, sans les inventer. Quand on prend un personnage dont on a une image mentale claire, on est obligé de se poser des questions précises : quel dé en Vivacité ? Quel Talent détesté ? Quelle Spécialité à +8Rg ? Ce sont exactement les bonnes questions, et les réponses testent le système mieux que n'importe quel personnage créé de zéro.
Passer un personnage connu au crible des règles, c'est parfois découvrir des choses sur lui qu'on n'aurait pas su dire autrement.
Et pour finir : un perso célèbre pour certains est totalement inconnu pour d'autres autour de la table. Une fiche bien construite universalise. Changer le nom, ajuster deux détails, et c'est un PNJ prêt à jouer sans que personne n'ait à reconnaître l'inspiration.
Aujourd'hui on a testé Lois Lane
Pas forcément pour en faire un PJ ou un PNJ utilisable tel quel. C'est la démarche qui intéresse : qu'est-ce que le système dit de ce personnage ? On est partis sur la version années 1930, la journaliste de terrain tenace qui se met en danger sans avoir de super-pouvoirs. Ce qui était une excellente façon de tester jusqu'où Mega 5e peut tirer vers le pulp.
Et ça a naturellement amené une autre question.
Mega 5e peut-il faire du super-héros ?
La réponse courte : oui, dans une certaine fourchette. Voilà l'analyse honnête.
Le système gère très bien les héros humains augmentés : Batman, Black Widow, Hawkeye. Des Traits élevés, des Spécialités poussées à +8 ou +10Rg, et le personnage est déjà hors-norme de façon crédible. Les pouvoirs psis des Megas couvrent en plus un territoire super-héroïque réel : la Télépathie, la Télékinésie, les Chakras, le Nexus... c'est du Professor X, du Jean Grey, de l'anticipation tactique.
Et l'échelle des Traits prévoit explicitement d16 pour "surhumain/muté/cyber/boosté, ou probablement non-humain". Ce n'est pas une extrapolation, c'est dans le texte.
La limite réelle, c'est le super-héros cosmique à pouvoirs physiques illimités : le vol incontrôlable, l'invulnérabilité totale, la super-vitesse. On peut le représenter, mais on sera dans la convention narrative plutôt que dans la mécanique pure.
Et l'équilibre entre persos de niveaux très différents ?
C'est la vraie question. Et la réponse, c'est qu'elle se gère exactement comme au cinéma : on triche un peu, consciemment, et on construit des situations où chacun compte.
Hawkeye et Black Widow sont humains sans super-pouvoirs, et pourtant ils font équipe avec des super-héros et des dieux. Lex Luthor et Batman peuvent affronter Superman. Pas parce que leurs stats sont comparables, mais parce que le scénario a été construit pour que leurs compétences spécifiques soient la clé : la situation confinée, la kryptonite, le temps de préparer. Ce n'est pas une question de dés, c'est de la dramaturgie.
Et il y a des moments où on ne lance simplement plus les dés, parce que ça ne servirait à rien. Superman qui soulève une voiture : pas de test. C'est le MJ qui statue, et c'est prévu dans le système.
Ce qui ne veut pas dire qu'un perso "humain" est condamné à regarder. C'est là qu'entre en jeu l'Ardence : Ce feu intérieur du personnage, qu'il peut brûler pour se surpasser au moment décisif. Lois Lane qui fait quelque chose de crucial parce qu'elle donne tout dans l'instant, c'est exactement son trope narratif. Et Mega 5e a la mécanique pour ça.
La limite est donc réelle, mais pas bloquante. Elle demande un MJ conscient de ce qu'il fait. Ce qui est vrai de n'importe quel système dès qu'on sort de son genre natif.
Spoil : on ira peut-être tester Superman lui-même. Juste pour voir.
Quand on évoque les maîtresses royales britanniques, l’image qui revient souvent est celle du scandale, des intrigues de cour ou des mémoires assassines publiées après coup. Alice Keppel appartient à une autre catégorie. Pendant plus de dix ans, elle a partagé la vie du futur Édouard VII sans jamais devenir une figure tapageuse de la monarchie britannique. C’est même probablement l’inverse qui explique sa longévité auprès du souverain.
Née Alice Frederica Edmonstone en 1868, dans une famille de la petite aristocratie écossaise, elle grandit dans un environnement parfaitement intégré aux élites britanniques. En 1891, elle épouse George Keppel, officier et fils du comte d’Albemarle. Le couple évolue rapidement dans les milieux mondains londoniens. Alice y acquiert une réputation de femme agréable, intelligente et particulièrement habile dans les relations sociales.
Sa rencontre avec le prince de Galles a lieu à la fin des années 1890. Le futur Édouard VII approche alors de la soixantaine et possède déjà une longue réputation de séducteur. Pourtant, Alice Keppel devient bien davantage qu’une liaison parmi d’autres. Plusieurs témoins de l’époque décrivent une relation stable, apaisante et étonnamment durable pour ce genre de situation. Alice comprend les usages de la cour, évite les éclats publics et sait surtout ne jamais menacer l’équilibre fragile de la monarchie britannique.
Son influence réelle reste difficile à mesurer précisément. Comme souvent dans ce type de relation, beaucoup relève des rumeurs, des souvenirs partiels ou des reconstructions postérieures. Mais il est évident qu’Alice Keppel fréquentait alors une partie importante des milieux politiques, diplomatiques et aristocratiques britanniques. Son salon londonien était moins un lieu de complot qu’un espace où circulaient informations, réputations et indiscrétions.
La mort d’Édouard VII en 1910 marque naturellement la fin de cette position privilégiée. La reine Alexandra ne souhaite pas maintenir Alice dans l’entourage royal. Les Keppel quittent temporairement l’Angleterre pour Ceylan avant de revenir s’installer à Londres. En 1913, Alice reste néanmoins parfaitement intégrée dans la haute société britannique, même si le monde auquel elle appartient commence déjà à changer.
Car autour d’elle, l’Angleterre bouge vite. Les suffragettes multiplient les actions spectaculaires, la presse populaire devient plus agressive, les tensions sociales augmentent et l’Europe s’approche lentement de la guerre. Alice Keppel incarne alors une vieille culture aristocratique britannique fondée sur la discrétion, les relations personnelles et la certitude que les affaires importantes doivent se régler entre gens bien élevés, loin du bruit public.
Aujourd’hui encore, son nom reste surtout connu à cause d’un détail généalogique souvent rappelé : elle est l’arrière-grand-mère de Camilla Parker Bowles, devenue reine consort aux côtés de Charles III. L’histoire britannique aime parfois les curieux échos de famille.
Dans un cadre rôliste comme Verne et Associés, 1913, Alice Keppel peut servir à représenter ce Londres aristocratique de l’avant-guerre, celui des salons privés, des invitations soigneusement choisies et des conversations qui semblent légères alors qu’elles touchent parfois à des sujets extrêmement sensibles. Pas une aventurière, pas une espionne, encore moins une héroïne d’action. Mais une femme parfaitement à sa place dans les cercles du pouvoir britannique de son temps.
Alice Boughton, l’œil feutré du pictorialisme américain
Parmi les grandes figures de la photographie pictorialiste américaine, Alice Boughton occupe une place un peu particulière. Moins flamboyante que certaines de ses contemporaines, moins médiatique qu’Alfred Stieglitz ou qu’Gertrude Käsebier, elle a pourtant traversé les milieux artistiques et intellectuels du début du XXe siècle avec une discrétion obstinée et une vraie influence.
Née à Brooklyn en 1866, Alice Boughton étudie à la Pratt Institute de New York, où elle rencontre Gertrude Käsebier. Elle poursuit ensuite sa formation en Europe, notamment à Paris et à Rome, à une époque où les échanges artistiques entre les deux continents nourrissent toute une génération de photographes. Revenue aux États-Unis, elle ouvre dès les années 1890 son propre studio de portraits sur East 23rd Street.
Son travail s’inscrit pleinement dans le courant pictorialiste : images travaillées comme des tableaux, jeux de lumière diffus, importance des textures, attention portée aux expressions et à la présence intérieure des modèles. En 1906, elle rejoint la Photo-Secession fondée par Stieglitz, reconnaissance importante dans un milieu encore très masculin. Ses photographies sont publiées dans Camera Work et exposées aussi bien à New York qu’à Paris, Londres ou Vienne.
Boughton photographie écrivains, actrices, peintres, critiques et mondaines. On trouve devant son objectif Eugene O'Neill, Robert Louis Stevenson, Eleonora Duse ou encore Yvette Guilbert. Mais ses portraits de femmes artistes restent probablement ce qu’elle laisse de plus personnel. Son studio devient un lieu de sociabilité culturelle où circulent écrivaines, actrices, féministes, collectionneurs et journalistes.
Sa relation durable avec Ida Haskell, ancienne enseignante à Pratt Institute, reste discrète publiquement, comme souvent à l’époque. Pourtant, dans un cadre de jeu comme Verne et Associés, 1913, cette proximité avec les réseaux féminins intellectuels et artistiques transatlantiques peut devenir un élément très intéressant.
Utilisation dans Verne et Associés, 1913
Alice Boughton fonctionne particulièrement bien comme personnage-relais. Elle n’est ni aventurière ni espionne, mais elle connaît énormément de monde. Son studio peut servir de point de rencontre discret dans le New York artistique, loin des salons officiels et des clubs masculins. On peut y croiser des suffragistes, des écrivaines européennes de passage, des héritières bohèmes ou des artistes compromis dans des affaires politiques.
Elle peut aussi fournir de faux prétextes sociaux. Faire réaliser un portrait par Boughton permet d’entrer dans certains cercles culturels, de construire une réputation, ou d’approcher une personnalité inaccessible autrement. Les Héritières de Sappho l’ont bien compris : être photographiée par elle, c’est exister dans une certaine élite intellectuelle internationale.
Quelques pistes de scénarios :
Une série de portraits réalisés par Boughton contient, sans qu’elle l’ait immédiatement compris, des indices visuels liés à une société secrète circulant entre Paris, Londres et New York.
Une jeune modèle française disparaît après une séance dans le studio. Boughton demande discrètement de l’aide aux PJ avant que la police ou la presse ne s’en mêlent.
Des nationalistes américains accusent la photographe d’entretenir un « réseau immoral » d’artistes et d’intellectuelles étrangères.
Un collectionneur cherche à récupérer des plaques photographiques compromettantes montrant des personnalités politiques dans des réunions privées.
Boughton accepte exceptionnellement de photographier un membre de Verne et Associés afin de fabriquer une nouvelle identité sociale crédible.
Dans une campagne, Alice Boughton apporte surtout une ambiance. Celle des ateliers silencieux, des rideaux épais, des lampes tamisées, des longues poses photographiques où chacun tente de contrôler l’image qu’il laissera au monde.
Un article que je porte depuis quelques mois au moment de sa publication, qui m’a demandé de consulter des archives pas forcément joyeuses, j’en mettrai des extraits mais laisserai quiconque veut aller plus loin les consulter, tout est disponible en ligne, je donne mes sources au fil de l’eau.Vous trouverez des incohérences dans le texte : elles résultent de la variété de sources : même dans un…
L'incendie du Bazar de la Charité a tué 121 personnes le 4 mai 1897, en dix minutes. 110 femmes, 6 hommes, 5 victimes jamais identifiées. Certaines sources montent à 126 en comptant ceux qui ont succombé plus tard à leurs blessures. La disproportion a immédiatement alimenté deux explications : la faute aux vêtements, la faute aux hommes. Les deux ont traversé le siècle suivant sans trop être questionnées.
L'article Itinéraire d'une infox revient sur ces récits en consultant les journaux d'époque via Gallica. Le travail est patient, sourcé, honnête sur ses propres limites. On y apprend que la crinoline n'était plus portée depuis plus de vingt ans en 1897, que les témoignages contemporains donnent une image autrement plus complexe de la catastrophe, et que la clé du bilan se trouve peut-être dans quelque chose d'aussi banal que l'heure et le jour de la semaine.
Pour le jeu de rôle historique, l'article montre concrètement ce qu'on gagne à travailler ses sources plutôt qu'à recycler ses clichés. Connaître la réalité des vêtements portés en 1897, comprendre à quel point les mondes bourgeois et populaire se côtoyaient sans se voir, savoir qui faisait quoi un jeudi après-midi : c'est ce type de détail qui donne une texture crédible à une époque, bien avant de construire un scénario. Et quand un événement comme le Bazar de la Charité surgit dans une campagne, les joueurs arrivent avec leurs clichés. La documentation permet de les surprendre là où ils ne l'attendent pas.
Parmi les morts, certaines n'ont jamais été réclamées ni identifiées. La fiction s'en est emparée depuis longtemps, et c'est logique : une identité incertaine, c'est un personnage possible. Quelqu'un qui était là ce jour-là, officiellement, et qui n'en est peut-être pas mort.
Itinéraire d'une infox https://chemindesoie.fr/2026/05/14/bazar_de_la_charite/