Réflexion sur la Reconversion Industrielle
Les bâtiments industriels n’ont pas été pensés au regard des questions de polyvalence, de modularité ou de reconversion ultérieure possible. Ainsi, après reconversion, on retrouve généralement dans ces lieux, une empreinte de l’activité industrielle qui s’y déroulait. Ces espaces démesurés pour l’homme, dont les dispositifs spatiaux, les composants structurels et infrastructurels sont à la mesure de la machine, se retrouvent vidés de l’activité pour laquelle ils ont étés conçus, pour causes sociales, économiques ou encore urbaines ; ils sont alors à la recherche d’une nouvelle fonction, d’un nouveau sens.
Transformer un édifice à vocation industrielle en bâtiment « habitable » pose d’abord la question de la programmation, avant celle de la reconversion.
En effet, un bâtiment domestique n’est initialement, ni pensé, ni construit, ni investi comme peut l’être un bâtiment industriel. Et c’est parce que le programme est différent, que la reconversion prend tout son sens et devient justifiée ; on ne saurait emménager dans une ancienne usine de coton ou une ancienne scierie, sans transformer au préalable l’espace, modifiant ainsi ses formes, ses hauteurs, ses matériaux…
Il s’agit la de mettre à l’échelle domestique, un objet au départ à l’échelle de la machine. Pour ce faire, la question de l’échelle, de la mesure et de la proportion est primordiale, car son étude permet de définir une grille des solutions possibles aux questions architecturales à résoudre : réduction de la taille des ouvertures, création de nouveaux rythmes verticaux, scission des grands espaces pour en créer des plus petits, modification de la taille des accès (représentation mentale des espaces intérieurs)…
La reconversion d’un bâtiment industriel en bâtiment domestique n’engendre pas obligatoirement des modifications architecturales lourdes et systématiques, de même qu’une métamorphose profonde du bâtiment, pour que les solutions possibles, remarquées et analysées dans les exemples existants, soient mises en œuvre, au regard du contexte propre à chaque édifice.











