On a trop souvent tendance à s’habituer à notre petite routine, se dire qu’au final cela sera toujours ainsi et ne changera donc jamais. Cela marche jusqu’au jour où tu découvres qu’il y a une date de péremption sur ton contrat....
Pour dire vrai j’adorais mon travail, jusqu’à présent j’ai adoré les endroits où j’ai bossé, au point d’avoir une vision un peu romantique de la recherche d’emploi. J’imaginais qu’une super boîte finirait pas voir mon profil et me contacterait. Cela c’était déjà produit, mais ça c’était avant. Et du coup il se passa ce qui devait arriver j’ai découvert le chômage.
Lorsque ça arrive il se peut que vous traversiez la courbe du deuil. Certes, il n’y a pas eu mort d’hommes même s’il peut arriver que tu ne partes pas en très bons termes avec ton patron, mais le choc engendré par le changement de ton mode de vie est assez élevé. Du jour au lendemain, ton mode de vie entier est à revoir. Pas si easy.
Le déni peut prendre plusieurs formes. Combien d’entre nous connaissent des amis, qui à la suite de la fin d’un contrat, ont décidé de prendre le repos de toute une vie avant de se remettre à la recherche d’un job. D’autres vont expliquer qu’ils sont sur un projet qui permettrait de développer leur carrière professionnel. Bien entendu, impossible de rentrer plus dans les détails, sécurité oblige face à l’espionnage industriel.
Bref tu l’as compris, on devient très fort pour se trouver des excuses nous permettant d’éviter nos propres problèmes.
Alors oui, quand je dis qu’on est en colère, cela ne signifie pas que l’on va mettre au point une vendetta. Mais le fait de commencer à accepter que notre vie va changer nous fait nous interroger. “Est-ce que je vais devoir limiter mes sortis ?”, “Aurais-je assez pour payer mon loyer ?”, “Est-ce que la virée entre amis organisée depuis un mois est toujours d’actualité ?”. Toutes ces questions germes peu à peu comme des boutons au printemps et c’est la panique. On ne maîtrise plus rien, on est aussi perdu qu’une Anne Wintour dans un rayon du Liddl. On se met à s’imaginer subitement une vie en environnement hostile où chaque économie est un gain pour notre existence future. Bref le délire totale.
Paradoxalement, après avoir imaginé être un Mike Horne de la sauvegarde du moindre centime échoué dans un monde capitaliste, on fini par se dire que de toute manière on ne peut rien faire, que tout est joué d’avance. On se déclare vaincu. C’est une période fatidique, quoi qu’un peu inquiétante. C’est le moment où l’on va commencer à se remettre à chercher du boulot. Pendant cette période, pour la première fois depuis la fin de mon job, j’ai commencé à repostuler petit à petit puis de manière régulière jusqu’au jour où lors d’une soirée, alors que je sirotais un verre dans un bar, j’ai reçu 4 rejets d’affilé signant le début d’une nouvelle rechute.
Etape 4 : L’acceptation et la quête du renouveau
Après une légère période d’hibernation à végéter sur toutes les émissions, films, séries (merci Netflix), où le smartphone était le seul lien qui te lie à l’humanité, en dehors des excursions alimentaires, on finit heureusement par sortir de la phase de “dépression”. On décide enfin de donner plus de sens aux 80 prochaines années de notre vie. Ce n’est pas une période simple, mais c’est la plus excitante. On se redécouvre. Quand on enchaîne les jobs, le risque c’est de finir par oublier, ce que l’on aime et pourquoi on fait se travail. La quête du renouveau permet justement de faire le point à travers ces 3 questions primordiales:
1- Qu’est-ce que je veux faire de ma vie ?
2- Est-ce que j’ai les capacités ?
3- Comment je vais m’y prendre ?
Alors, oui être au chômage cela peut arriver, mais cela n’est pas une fatalité. C’est juste l’opportunité de se lancer dans un nouveau projet, une nouvelle vie et surtout de se retrouver.