"L'absence de personnes perçues comme non blanches dans les échelons supérieurs des organisations enquêtées sème "le doute" et "dérange" les personnes interrogées, qui préfèrent ne pas avoir à l'expliquer, de crainte de découvrir que cela serait le résultat de pratiques discriminatoires."
Qu'est ce que le racisme et/ou la discrimination raciale au travail ? Comment cela s'exprime ? Quelles sont les conséquences pour les victimes ? Quels moyens sont mis à la disposition de ces dernières pour lutter contre le racisme et/ou la discrimination raciale dont elles font l'objet ? Comment une organisation peut-elle lutter contre des comportements racistes et/ou discriminatoires ?
Ces questions (et bien d'autres encore) sont abordées dans cet ouvrage édité par l'AFMD (Association Française des Managers de la Diversité) et dont mon amie Dorothée Prud'homme est une des co-auteures.
Même si l'on a déjà tous vécu ce moment où une blague raciste et/ou discriminatoire jette un froid dans la collectivité au travail, même si on sait, pour l'avoir lu dans les médias ou vécu au boulot, que des individus sont sanctionnés dans le recrutement, dans l'évolution de leur carrière ou dans leur quotidien au sein d'une entreprise pour leur appartenance réelle ou supposée à un groupe ethno-racial ou religieux, l'étude menée par l'AFMD, à base d’entretiens et de groupes de travail, met en lumière la réalité pernicieuse du racisme au travail et de la difficulté de lutter contre, dans le sens où il est souvent difficile d'identifier un acte ou une parole raciste, surtout lorsque ledit racisme s'exprime au travers de "bonnes blagues" qui "améliorent l'ambiance entre collègues".
L'ouvrage redéfinit donc avec précision et justesse le cadre légal dans lequel s'inscrit une collectivité en entreprise et rappelle que toute parole / tout acte, qui vise directement ou indirectement une personne, peut et doit être considéré comme raciste et/ou discriminante.
Une vigilance légitime qu'encourage cette étude précise et très documentée et qui offre des solutions aux chefs d'entreprises et aux managers pour lutter contre des pratiques hélas trop courantes, trop "banalisées" car souvent "invisibles" bikoze que les victimes ont soit du mal à prouver le caractère raciste/discriminant dont elles ont fait l'objet, soit n'osent pas faire remonter le préjudice de peur d'en avoir à subir les représailles et de se retrouver doublement victimes.
Dire que cet ouvrage devrait donc être lu dans toutes les entreprises relève d'un euphémisme que je ne formulerais pas car tu me connais, je n'euphémisme jamais.
C'est clair, c'est précis, c'est aussi pédagogique que résolument politique et la qualité du contenu, des analyses, des témoignages des enquêté.e.s, des informations données, des pistes de solutions proposées, en font une sorte de manuel-référence que tout employeur / employé se devrait d'avoir dans sa besace, prêt à le consulter chaque fois que nécessaire.
Et en parallèle, au lieu d'écrire de grandes lettres pour dire aux français qu'ils peuvent décider de tout tant que c'est dans le cadre de ce qu'il a décidé, le "chef" de l’État pourrait faire bosser ses ministres et députés sur le sujet du racisme et de la discrimination raciale au travail, tant rien n'est fait/pensé/prévu pour inquiéter ceux qui se livrent, en quasi impunité, à ces comportements illégaux.
Seule la menace d'un bad buzz médiatique semble faire prendre conscience aux entreprise qu'il leur faut agir quand un.e de leur salarié.e est confronté.e au harcèlement raciste et/ou discriminant. C'est pas assez. Faut des lois, des sanctions et surtout, de la pédagogie et de la formation.
Un travail d'utilité publique (oui, je fais pas dans l'euphémisme par contre, j'adore les formules toutes faites).