Des baleines et des hommes
Disney avait Monstro, Herman Melville avait Moby Dick, Jeremiah Reynolds avait Mocha Dick. Dans son dernier roman Les vies multiples de Jeremiah Reynolds, Christian Garcin nous invite à découvrir la vie de cet explorateur au destin peu commun, demeuré pourtant inconnu en dépit de l’influence conséquente qu’il a eu sur ses contemporains.
(source : Editions Stock)
Malgré un goût certain pour les voyages et les explorateurs, Christian Garcin ne se considère pas comme un écrivain voyageur. Voyageur oui, écrivain certes, mais pas de trait d’union entre les deux, non merci. Dans Les vies multiples de Jeremiah Reynolds, il retrace le parcours de ... Jeremiah Reynolds, auteur du livre Mocha Dick ou La baleine blanche du Pacifique, qui a pu fortement influencer le célèbre roman de Herman Melville.
Là où Melville retrace le mythique affrontement entre le capitaine Ishmaël et la baleine, Reynolds relate des faits réels. Mocha Dick le cachalot blanc a réellement sévi au début du XIXe siècle et a coulé de nombreux bateaux au large de l’île Mocha, au Chili.
(capture d’écran réalisée par mes soins sur Google Map)
Christian Garcin flirte avec le récit de marin, à mi-chemin entre la biographie et la fiction, le mythe et la réalité. Là où les zones d’ombre sur la vie de Reynolds sont trop obscures, il les réécrit. Voyage à travers l’espace, à la suite des innombrables pérégrinations du personnage, mais aussi voyage dans le temps puisque l’écrivain nous fait remonter au XIXe siècle, voyage à travers les différentes vécues par Reynolds, cet inconnu : “Aventurier, explorateur, écrivain, chef de guerre, avocat, cet américain né en 1799 a traversé la première moitié du 19ème siècle au galop, rencontré les plus grands, côtoyé l'Histoire et pourtant, personne n'a entendu parler de Jeremiah Reynolds.” (source : RTL)
Aujourd’hui, Christian Garcin a le “culot” de s’attaquer à une nouvelle traduction de l’œuvre d’Edgar Allan Poe. La dernière avait été réalisée par Baudelaire, et depuis nul ne s’est essayé à remanier sa traduction, la laissant figée dans le temps, presque intemporelle... et pourtant imparfaite ? D’ailleurs il est amusant d’apprendre que le maître de la littérature gothique a écrit un roman inspiré d’un épisode de la vie de Jeremiah Reynolds. Et plus énigmatiques encore sont les derniers mots de Poe : “Reynolds, Reynolds, Reynolds”. La boucle est bouclée, en somme.