CALIGULA'S HORSE - In Contact (Album Interview)

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CALIGULA'S HORSE - In Contact (Album Interview)
Galette #30 - Haken - Aquarius
Artiste : Haken Album : Aquarius Année : 2010 Pays : Royaume-Uni Genre : Metal Progressif, sonorités circassiennes, aquatiques et Swing A écouter : Dans une fête foraine lugubre...
Cliquez ici pour écouter l'album complet
Bon, j'ai pas été très assidu ces derniers mardi, et puis bon c'est ma 30ème galette alors pour me faire pardonner et pour fêter ça, j'en balance trois aujourd'hui. C'est aussi que j'avais très envie de parler du groupe Haken mais je n'ai jamais réussi à choisir lequel des trois albums de leur jeune et géniale discographie chroniquer. Donc voici les trois servis sur un plateau avec un peu de somnifères et de poudreuse.
Le groupe Haken s'est formé en 2007 par trois amis d'école, le claviériste-guitariste Richard Henshall, le chanteur Ross Jennings et le guitariste Matthieu Marshall (qui quitta le groupe en 2008 et fût remplacé par Charlie Griffiths). Pour compléter le line-up, ils fûrent rejoints par le batteur Raymond Hearne ainsi que par Thomas MacLaren à la basse, guitariste de To-Mera, groupe dans lequel joue aussi Richard Henshall (et qui vaut le détour...) et plus tardivement par Diego Tejeida aux claviers.
Après avoir sorti en 2009 un EP auto-produit intitulé Enter the 5th Dimension (qui vaut aussi le détour), ils se font repérer par Sensory Records et réalisent leur premier album, Aquarius. Contrairement à la majorité des groupes qui se contentent de réarranger les chansons de leur démo pour leur premier album, Haken décida de repartir de zéro ou presque pour l'écriture de cet album, empruntant seulement une ou deux idées musicales de la démo afin de créer un concept-album uni et cohérent.
Cet album narre l'histoire d'un couple qui a donné naissance à une sirène. Un film de Walt Disney aurait pû faire de cette histoire un conte merveilleux, Haken a choisi de traiter ce thème de façon bien plus sombre, la jeune fille ne pouvant survivre que dans l'eau, loin de ses parents ou privée de liberté dans un aquarium. Cette créature si féerique dans les fables n'est qu'une immonde bête de foire dans la réalité décrite par le groupe.
Nous suivons ainsi les péripéties de cette sirène dans le sombre monde du XXIIème siècle, entre étranges musiques de fêtes foraines, passages aquatiques ayant pu figurer dans la BO de La Petite Sirène ou dans le générique de Thalassa, éléments Swing déjantés, instants Heavy extrêmement sombres, et autres péripéties musicales. Cette diversité est toutefois contenue dans des lignes directrices bien précises et malgré les nombreuses couleurs de cet album, il conserve sa patte à lui, un son sous-marin, entre swing et lugubre ponctué de délires en tous genres.
Toutes les chansons de cet album sont assez longues, de près de 7 minutes à près de 17 minutes, ce qui laisse la belle place à ces délires en tous genres tout en construisant une histoire assez complète. Ballades, chansons heavy, suites épiques... L'univers musical de cet album est décidément très varié tant dans le fond que dans la forme. La dernière chanson Celestial Elixir, que vous êtes peut-être en train d'écouter, contient certainement le solo le plus déjanté de la discographie du groupe, comme une synthèse finale de tout ce qui me fait vibrer dans cet album.
Cet galette est, de mon opinion, la plus cohérente du groupe, où histoire et mélodie ne font qu'un, et ce n'est que le début des prodiges de ce petit groupe qui monte dans la scène progressive, rivalisant aujourd'hui avec les plus grands et n'ayant, cinq ans après la sortie de ce formidable premier album, plus rien à prouver...
Cliquez sur la flèche droite pour continuer à suivre les exploits de Haken...
Galette #28 - Steven Wilson - Hand. Cannot. Erase.
Artiste : Steven Wilson Album : Hand. Cannot. Erase. Année : 2015 Pays : Royaume-Uni Genre : Rock Progressif avec quelques sonorités électroniques et metal A écouter : En déambulant dans le cimetière Rakowicki
Après avoir présenté The Book of Souls de Iron Maiden, Je vais maintenant vous parler de mon album préféré de 2015 pour l'instant (et, sauf très bonne surprise en fin d'année, il risque de le rester), Hand. Cannot. Erase. du magicien Anglais Steven Wilson.
On a déjà parlé de Steven Wilson dans l'album Fear of a Blank Planet de Porcupine Tree, le groupe qui l'a fait connaître, mais ce dernier est seulement un des nombreux projets du multi-instrumentiste britannique. Récemment, Steven Wilson s'est lancé dans plusieurs albums solos pour notre plus grand bonheur car tous ces opus sont exquis et d'une grande variété musicale.
Le précédent album, The Raven That Refused to Sing (and Other Stories) sorti en 2013 avait notamment provoqué un petit tremblement de terre dans le monde du rock progressif, la critique l'acclamant unanimement, le magazine Prog Mag le propulsant 9ème dans son classement « The 100 Greatest Prog Album of All Time », entre The Lamb Lies Down on Broadway de Genesis et Fragile de Yes. Après ce succès total, on aurait pû penser que Steven allait rester dans cette veine « hommage au prog des années 70» qui avait fait l'unanimité dans the Raven, on aurait aussi difficilement imaginé qu'il fasse mieux que cet album déjà culte… Contrairement à ce prodige de la musique, on manquait d'imagination…
Car si il fallait établir un classement entre The Raven et son nouvel album Hand. Cannot. Erase. sorti en Février dernier, avec tout le respect que j'ai pour The Raven, je crois bien qu'il obtiendrait la seconde place. En effet Steven Wilson nous a offert cette année une galette non seulement différente en tous points de son précédent chef d’œuvre mais tout aussi exceptionnelle, dans un registre bien plus actuel, inspiré et construit.
Le meilleur moyen pour parler de cet album est de procéder de la façon dont il a été créé, en commençant par l'histoire. Hand. Cannot. Erase. est un concept album fortement inspirée du fait divers de Joyce Vincent, une femme londonienne retrouvée morte dans son appartement en 2006, 3 ans après son décès. Cette femme avait de la famille, des amis, et pourtant elle n'a manqué à personne pendant 3 ans. Steven Wilson cherche ainsi à retracer virtuellement les raisons de cet isolement, d'une enfance et d'une routine banale jusqu'à une déconnexion totale, par la force des choses, de ce monde et cette grande ville où tout paraît hyper-connecté et où les liens virtuels paraissent si réels mais parfois si futiles.
Cette histoire poignante de mélancolie et si représentative de l'état des rapports humains au XXIème siècle dans les grandes villes se devait, elle aussi, d'être actuelle, urbaine et mélancolique. Ainsi Steven Wilson a opté pour une toile de fond calme et électronique, mélangeant le son de son Mellotron qui lui est si cher à une ribambelle d'autres claviers aux sonorités plus actuelles pour une atmosphère envoutante et maussade. Seulement, c'est une vie entière que le Britannique nous raconte dans cette galette, on doit donc aussi trouver dans la mélodie une grande diversité d'instants et d'émotions représentatifs de cette vie, dans ses meilleurs et ses pires jours. Palette d'inspirations à la main, Steven nous trace donc d'énergiques et joyeux riffs à la Rush, des instants Porcupine Tree sombres et puissants, une chanson uniquement parlée et très ambiant évoquant le son d'Incredible Mind Fuck (un autre projet de l'artiste), des refrains pop et pleins d'espoir. Comme il s'agit de l'histoire d'une femme, Steven a aussi fait appel à la chanteuse Ninet Tayeb pour certaines chansons, ce qui colle encore d'avantage la musique à l'histoire et apporte une touche de plus de diversité.
Et toutes ces couleurs, toutes ces émotions, toutes ces mélodies, sont orchestrées et arrangées d'une savante façon, en 11 pistes variant entre courts instants instrumentaux, chansons relativement complexes de 4 à 6 minutes et suites phénoménales de 8 à 13 minutes. Tout cela si bien organisé qu'écouter les cinq premières minutes suffit à donner envie d'écouter un peu plus jusqu'à engloutir l'album sans même s'en rendre compte.
Bien que débordant de complexité, je suis sûr que cet album, par son son très actuel, son mixage irréprochable et ses instants pop frôlant la perfection, peut être accessible bien au delà des cercles de fans de prog. La preuve, non seulement Steven a reçu cette année trois Prog Awards pour son album mais a en plus été acclamé par le magazine Rolling Stone et plusieurs autres médias « classiques ».
Le seul problème avec un album comme celui-ci, c'est qu'il est si bouleversant et poignant qu'un sentiment de manque subsiste après son écoute. Steven Wilson a en parti comblé ce manque par la création de nombreux documents, photographies, témoignages sur la vie fictive de l'héroïne qu'il a crée. On trouve nombre de ces fausses reliques dans l'édition spéciale de l'album mais aussi sur le blog fictif handcannoterase.com/ frissonnant de réalisme. De plus, pour la tournée de promotion de cet album, Steven Wilson a créé, en collaboration avec plusieurs autres artiste, un spectacle multi-médias alliant musique, vidéos, lumières, pour un show extrêmement immersif, d'ailleurs la tournée n'est pas finie…