Je ne sais pas si ces mots te parviendront un jour ou s’ils se perdront simplement dans le silence que tu as laissé derrière toi. Mais j’ai besoin de les écrire, de les déposer quelque part, comme on laisse une fleur sur une tombe, en hommage à ce qui a été.
Tu m’as brisé le cœur. Et pas juste un peu, pas d’une de ces fêlures qui finissent par se recoller avec le temps. Non. Tu l’as fracturé en mille morceaux, et certains sont restés éparpillés en des endroits où je ne pourrai jamais les retrouver. Tu as laissé des absences en moi, des vides que personne ne pourra vraiment combler.
Et pourtant… Je ne regrette rien.
Je ne regrette pas ces moments où mon regard se noyait dans le tien, où ton sourire suffisait à éclairer mes jours les plus sombres. Je ne regrette pas ces nuits où j’avais l’impression que le monde entier se réduisait à la chaleur de tes bras. Je ne regrette pas d’avoir aimé avec une intensité qui m’a consumée, car c’est en t’aimant que j’ai compris ce que signifiait réellement aimer.
Aimer, ce n’est pas juste partager des instants heureux. Ce n’est pas seulement rire ensemble, se promettre des choses sous la lune, se perdre dans l’illusion que rien ne changera jamais. Non, aimer, c’est accepter l’autre dans toute sa complexité, c’est ressentir chaque émotion avec lui, c’est se donner sans savoir si on sera accueilli ou rejeté.
Et moi, je me suis donnée à toi. De tout mon être. De toute mon âme.
Mais toi, tu as fait de cet amour une arme contre moi. Tu as fait couler des larmes là où il n’y aurait dû y avoir que de la tendresse. Tu as fait naître la douleur là où il n’y avait autrefois que la lumière.
Je ne te pardonnerai pas.
Pas parce que je suis incapable de tourner la page, mais parce que certaines blessures ne méritent pas d’être excusées. Parce que certaines trahisons marquent trop profondément pour être effacées d’un simple “je comprends”.
Et pourtant… Malgré tout…
Une part de moi t’aimera toujours.
Pas comme avant, pas avec l’aveuglement d’un amour qui croit être éternel. Mais avec la reconnaissance de ce que tu as été pour moi, de ce que tu m’as appris, de ce que j’ai découvert sur moi-même à travers toi.
Je te porte encore en moi, quelque part, comme une cicatrice précieuse, comme une douleur qui m’a rendue plus forte.
Et si un jour le vent t’amène ces mots, sache que malgré tout le mal que tu m’as fait, malgré l’irréparable, il y a eu un temps où tu as été mon tout.
Et ce temps-là, lui, je ne le regretterai jamais.