BEVERLY HILLS NINJA (1997)
âKung Foolâ scandait lâaffiche... Ă raison! FĂȘtant ses vingt bougies -mon Dieu-, cet Ă©niĂšme film estampillé âBeverly Hills Quelquechoseâ est, vous vous en doutez, une mauvaise comĂ©die... nanardesque: on passera sur le viol de la culture japonaise, ici rĂ©duite Ă son minimum, pour mettre en scĂšne le pire ninja de tous les temps, Haru, interprĂ©tĂ© par -R.I.P.- CHris Farley, qui dĂ©cĂ©da la mĂȘme annĂ©e. Grotesque, idiot et stupide, on suivra cet antihĂ©ros -je cite le film- adipeux, cet orphelin blanc Ă©levĂ© au sein du temple ninja le plus secret de tous les temps, dans sa quĂȘte visant Ă dĂ©manteler une organisation criminelle... Ă Beverly Hills. Comment? Câest trĂšs simple, grĂące Ă une blondasse ricaine qui dĂ©barquera sans crier gare dans le temple âon mâa dit que je trouverais des ninja iciâ pile au moment oĂč Haru sera seul, sensei et disciples absents, le convaincant de son histoire nĂ©cessitant un filage discret. WTF me direz-vous, et vous avez raison. A la recherche de cette femme mystĂ©rieuse dont il a acceptĂ© la mission, Haru partira en route vers les U.S.A. pour enquĂȘter, secondĂ© -mais ça il ne le sait pas- par Liu Kang en personne! Pardon, je voulais dire lâacteur Robin Shou, qui interprĂ©tait le rĂŽle principal de MORTAL KOMBAT (1995) deux ans plus tĂŽt; et le cast sera aussi agrĂ©mentĂ© dâun jeune Chris Rock (THE FIFTH ELEMENT, 1997) plutĂŽt timide. On aura bien Ă©videmment droit Ă tous les gimmicks inhĂ©rents aux comĂ©dies amĂ©ricaines des 90âČs, des clichĂ©s bon enfant (parfois un peu beaucoup racistes, comme en tĂ©moignera la scĂšne de cuisine dans le restaurant asiatique) aux musiques Ă©nervantes (Kung-Fu Fighting, sĂ©rieusement les gars?). Gags relou, scĂšnes sans queue ni tĂȘte, rien ne semble stopper la machine. Mais au-delĂ de cette bĂȘtise sur-assumĂ©e, BEVERLY HILLS NINJA se laisse regarder, malgrĂ© son inĂ©galitĂ© Ă©vidente: câest tellement couillon quâon en rit, tellement abusĂ© quâon nâa pas le temps dâĂȘtre choquĂ© par la connerie Ă laquelle on vient dâassister, une autre venant sâajouter Ă la liste instantanĂ©ment. TĂ©moin dâun autre Ă©poque oĂč les studios signaient tout et nâimporte quoi, BEVERLY HILLS NINJA rejoint la caste des nanars, mauvais donc, mais tout Ă fait fendard: on en vient Ă se demander ce que Chris Farley aurait pu nous donner Ă lâĂ©cran sâil ne nous avait pas quittĂ©, lui qui avait pourtant jouĂ© dans le trop surestimĂ© WAYNEâS WORLD (1992) et lâoubliĂ© CONEHEADS (1993), tant il en fait des tonnes. Le ridicule ne tue pas? Hmm, Ă mĂ©diter, vu le destin de notre protagoniste principal... CONplĂštement dĂ©bile, BEVERLY HILLS NINJA assurera le samedi soir entre potes, VF oblige, avec son lot de mĂ©chants caricaturaux, son antihĂ©ros aussi gras quâagile et maladroit, et sa storyline barrĂ©e blindĂ©e de punchlines cultes. SurexcitĂ©, ce film est tout indiquĂ©, le tryptique biĂšre/pizza/potes Ă©tant indissociable de ce genre de produit. Une brave merde, trĂšs marrante en tout cas.Â
BEVERLY HILLS GROS TAS /20