METEO, JOUR 2.
Boîte noire du Noumatrouff. Trou noir pour Ches Smith, empêché par un sale imprévu perso. Idées claires pour DEVIN HOFF, resté solo à la contrebasse pour conclure la soirée de mercredi.
Idées claires, très claires pour ce quasi impromptu de programmation. Le bassiste va offrir aux rescapés des déflagrations précédentes de quoi se refaire l'oreille, l'imaginaire et les envies de grands espaces.
Devin Hoff mène une recherche de longue haleine sur les quatre cordes de sa contrebasse, et à l'américaine. Avec ce savoir que la vérité résidence dans la jonction ténue de l'héritage et du moment présent, aussi concret soit-il. Mercredi, Hoff rameutait dans le désordre et avec une tendresse infinie Lincoln, Alan Lomax, l'Anarchie, Charlie Haden sans doute un peu aussi Walt Whitman. Just a poor wayfarin' stranger... chantait l'autre. Devin Hoff joue lui aussi sur la corde sensible où dansait le juif errant mais avec la science de la station, du partage et du discours rodé : chansons folk du Colorado, superbes plans noise et lyrisme à tirer des larmes d'une statue de Staline. C'est beau, c'est simple et cela raconte l'harmonie d'un musicien lié au bois de son outil. Parenthèse inédite dans la programmation, le solo de Devin Hoff delivre son americana avec une forme de nostalgie jamais triste. Payant comptant la dette aux anciens, il rend débiteurs les modernes des ressacs du répertoire. Magnifiquement séditieux. Après Rubatong et Corsano, troisième claque du festival.