Maurice Ronet dans "Le Feu Follet" de Louis Malle (1963) - inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu la Rochelle (1931) et de la vie de Jacques Rigaut (1898-1929) - septembre 2024.
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Maurice Ronet dans "Le Feu Follet" de Louis Malle (1963) - inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu la Rochelle (1931) et de la vie de Jacques Rigaut (1898-1929) - septembre 2024.
Pierre Drieu la Rochelle, “Les Mémoires de Dirk Raspe” (1966)
Dans ce dernier roman, posthume, Drieu la Rochelle semble enfin se mettre à distance de lui-même en laissant la place à un autre. Ce n'est pas sa vie qu'il entend raconter, mais celle de Van Gogh, sous la forme de mémoires apocryphes. Un Van Gogh imaginé, rêvé, fantasmé par Drieu néanmoins, et dont les questionnements restent ceux de l'auteur. Somme toute, encore un double de Drieu, non pas cette fois-ci un "homme couvert de femmes" (sa laideur, au contraire, les repousse), mais obsédé par elles, cherchant hors de lui la beauté qui lui fait défaut. C'est le combat sans fin de l'ombre et de la lumière que raconte Drieu dans ces mémoires, celui que le peintre observe dans les paysages qu'il contemple et cherche à retranscrire dans ses toiles autant que celui qui se joue dans l'âme humaine. "J'avais toujours eu mon enfer en moi" confesse le héros (p.210), conscient qu'il n'est pas toujours possible de distinguer le bien du mal et de démêler l'œuvre de Dieu de celle du Diable. Les mémoires restent inachevés. Drieu se suicide en cours de route, en cours d'écriture, laissant en suspens toutes les questions qu'il pose. Comme s'il n'y avait pas de réponse, ou pas de réponse définitive du moins. Les questions n'en résonnent que plus fort encore, dans le silence ouvert par la mort.
À quoi sert de vivre, si on ne se sert pas de sa vie pour la choquer contre la mort, comme un briquet ? Guerre ou révolution, il n'y a pas à sortir de là. Si la mort n'est pas au cœur de la vie comme un dur noyau – la vie, quel fruit mou et bientôt blet !
Maurice Ronet, Alexandra Stewart et Bernard Tiphaine dans "Le Feu Follet" de Louis Malle (1963) - inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu la Rochelle (1931) et de la vie de Jacques Rigaut (1898-1929) - septembre 2024.
"Le Feu Follet" de Louis Malle (1963) - inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu la Rochelle (1931) et de la vie de Jacques Rigaut (1898-1929) - avec Maurice Ronet, Léna Skerla, Jeanne Moreau, Alexandra Stewart, Bernard Tiphaine, Claude Deschamps, Alain Mottet et la participation de Jacques Sereys, septembre 2024.
Maurice Ronet dans "Le Feu Follet" de Louis Malle (1963) - inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu la Rochelle (1931) et de la vie de Jacques Rigaut (1898-1929) - septembre 2024.
Maurice Ronet dans "Le Feu Follet" de Louis Malle (1963) - inspiré du roman éponyme de Pierre Drieu la Rochelle (1931) et de la vie de Jacques Rigaut (1898-1929) - septembre 2024.
Un “étrange mic-mac” : “Les Chiens de paille” de Pierre Drieu la Rochelle (1944)
Je ne suis pas loin de partager l'avis de Marc Hanrez, considérant dans un article que "Les Chiens de paille" n'est pas seulement "un des moins bons livres de Drieu", mais "un mauvais roman". Ce n'est pas tant l'histoire (assez schématique) ou la réflexion (omniprésente dans ce roman en forme de fable) qui dérangent que leur articulation maladroite. On passe des considérations les plus pragmatiques (la lutte autour d'un dépôt d'armes) aux réflexions les plus éthérées (la parabole Constant-Judas). Reste qu'il fallait peut-être "cet étrange mic-mac" (p. 193) où se débattent des personnages aux intérêts divergents pour mieux donner l'idée d'un ordre supérieur. En centrant son intrigue sur le jeu politique, Drieu fait mieux sentir la nécessité de l'élévation spirituelle à laquelle aspire son héros.