Aline Bataille
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🍂 As the leaves turn and the air cools, Elinyn comes alive with the joy of the Autumn Festival. Join us in a celebration of harvest and community spirit, where laughter and music fill the air, and every corner bursts with the colors of fall. 🍂 #Quantumverse
New Bowser design.♡
Legit mix of a ~legendary Crowned Dragon~ and a ♡soft pittbull♡; big paws, big snoot and screaming fire.
Pet him while you die in flames.
Castles from another dimension
Hello, Spark.
Transylvanie express (5)
Entendre quelqu’un pleurer n’est jamais agréable. Particulièrement lorsqu’on s’attache à cette personne. Je ne réfléchis pas sur la raison de sa présence au fond du wagon ni comment elle a pu s’y rendre en l’espace quelques secondes, le temps de me tourner et de faire cinq pas. Dès lors, ressentant une certaine empathie à son égard, j’avançai pour la conforter où, au moins, discuter et soulager sa peine.
- Ludmilla ? Vous allez bien ? demandai-je.
Elle ne répondit pas, continuant de chouiner la tête collée dans l’angle des murs, les mains posées sur le visage. Malgré sa robe de gala, elle ressemblait à une gamine qu’on venait de punir. Tout en approchant, je réitérai mes questions. Elle crispa les épaules mais ne répondit pas. Bien qu’il fît plus sombre, son dos blanc illuminait le couloir. Je n’avais pas remarqué qu’il était si blanc. De même, ses épaules présentèrent de profondes cicatrices, si profondes qu’on pouvait croire voir la peau se décoller. J’étais à deux mètres d’elle lorsque je l’appelai pour la troisième fois. Elle arrêta de sangloter. Toutefois, elle garda son visage entre ses mains. Le train continuait d’avancer en faisant ce bruit reconnaissable : « tougoudoum, tougoudoum… »
- Ludmilla ?
Je posai ma main sur son épaule. Elle était glacée, je ressentis le froid pénétrer mon corps à travers mes doigts. A ce moment, elle se retourna. Je fis un pas en arrière, terrifié par ce que je vis. Ses yeux étaient en train de fondre ; ils coulaient le long de ses joues tels de la peinture trop diluée sur une toile. Bien que fort jolie, sa bouche n’étaient qu’une forme dessinée et pas encore sèche. Tout en tendant les mains, elle avança un pied dans ma direction, j’eus le temps de reculer et d’être agrippé par ses doigts crochus qui se finissaient en forme de griffes d’oiseaux.
Face à cette vision cauchemardesque, je reculai puis me retournai pour commencer à courir. Je sentis son souffle, j’entendis une sorte de gémissement sortir du monstre. Il me suivait maladroitement, marchant à une vitesse saccadée. Parfois, il titubait vers la gauche et ralentissait son rythme. La fois d’après, un seul pas suffisait pour faire un mètre. Je courus dans le couloir mais il m’était impossible d’atteindre ma porte ni de rejoindre le bout du compartiment. Plus j’avançais, plus le wagon s’étirait.
Un choc, quelque-chose frappa mon dos. Le tissu de mon gilet se déchira dans un fracas qui m’incita à accélérer. Pourtant, je savais qu’elle n’était pas derrière moi. Je courus encore plus vite. Mais la porte de ma cabine s’éloignait tout aussi rapidement. Un coup d’œil derrière moi. La chose n’avait plus d’yeux, ni de nez et encore moins de bouche. Son visage était une surface lisse recouverte en partie d’une peinture brune foncée. Ses bras s’étaient allongés, elle les tendait toujours cherchant à m’enlacer de ses griffes acérées. Sa robe avait perdu son éclat, ce n’était plus qu’un monceau d’étoffes trouées ternes et sales. Pendant un instant, je crus qu’elle allait tomber mais ce n’était qu’une illusion.
Je continuai de courir, j’essayai d’ouvrir la première porte qui se présenta, seulement elle était fermée. Puis la seconde. J’hésitai à sauter par une fenêtre : quitter le train, quitter ce monstre à tout prix et tant pis si je me romps les os. ! Ludmilla, où ce qui paraissait être Ludmilla continua de me suivre en gémissant. Je filai au plus vite. Encore une porte fermée, une autre. Mon cœur bondissait encore plus vite qu’il ne battait. L’angoisse envahissait mes poumons, je me sentis totalement impuissant face à cette horreur. Elle n’était plus très loin, je sentis de nouveau le bout de ses ongles griffus. Un ultime espoir, une porte, la poignée qui tourna et enfin, la porte s’ouvrit.
Dès lors, j’entrai dans la cabine et merde s’il y a déjà du monde ! Je refermai la porte en la poussant avec mes avant-bras et mon épaule. Déjà, ses doigts se glissèrent entre le montant et la porte empêchant cette dernière de se fermer correctement. Je sentis qu’elle résistait, ses gémissements devinrent des grognements. Je poussai au mieux, j’appuyai en même temps, les pieds contre le mur pour utiliser mes genoux comme des ressorts et gagner en impulsion. Les griffes du monstre s’enfoncèrent dans le bois de la porte. Cependant, par un coup du sort, je réussis péniblement à la refermer en brisant ces griffes. J’accrochai le loquet et restant collé à la porte, je reprenais mon souffle. J’entendis le démon grogner avant de gratter le bois qui nous séparait. Puis, un court silence laissa place au cognement des roues du train sur les rails ainsi qu’à un sifflement de la locomotive.
Après avoir repris mes esprits, je compris qu’il ne pouvait s’agir de Ludmilla. D’ailleurs, je l’entendais vivement parler à travers la cloison avec l’homme qui partageait sa cabine. Je m’éloignai enfin de la porte. Celle-ci présenta sur le côté, de larges entailles signe que je n’avais pas rêvé. De plus, quelques serres noires et pointues gisaient sur le plancher. Je n’osai pas les toucher de peur qu’elles ne m’attaquent. Stupide idée, mais à ce moment, je tremblais encore.
Aussi, je décidai d’attendre le lendemain pour ranger tout ça et montrer les preuves de mon agression au personnel du train. Pour mieux me rassurer, je baissai le rideau de ma fenêtre et m’allongeai sur le lit, laissant la lampe allumée afin de me protéger d’un monstre sortant de sous le lit, ou d’un placard. Je repensai à cette terrible vision, à ce visage qui fondit à vue d’œil, à cette tête lisse et propre, on aurait dit un mannequin ou un épouvantail sorti d’un vulgaire film d’épouvante pour ados. Et ces griffes… Je zyeutais en direction des griffes par terre ; je crus en apercevoir une remuer. Je fermai le poing, m’adossai au mur tout en ne quittant pas la couchette. Je fixai l’ongle en forme de poignard jusqu’à réaliser qu’il s’agissait juste de mon imagination. Puis, au bout de cinq minutes, je m’endormis.
Etrange rêve dans lequel je me réveillai vaguement après avoir entendu quelqu’un appeler mon prénom et dire bonjour. C’était Ludmilla. Sa chevelure avait changé, ce n’était plus un chignon mais une queue de cheval. Elle sourit tout en prenant ma main. Alors, rassuré, je refermai les yeux.
Soudain, on frappa sèchement à la porte. La lumière du jour passa à travers l’espace entre le rideau et le carreau de fenêtre. L’esprit toujours assommé par la veille, je me levai difficilement. Et reconnaissant la voix du contrôleur, je déloquais la porte pour le laisser entrer.
- Bonjour Monsieur, nous arriverons en fin de matinée à Venise. Comme notre train restera à quai pendant la journée, je voulais prévenir que le restaurant restera fermé et ne rouvrira qu’après 18h, à notre départ.
- Pourquoi attendre si longtemps ? demandai-je.
- Pour raison technique. Nous devons nous ravitailler en carburant mais nous ne savons pas, comme toujours avec ces italiens, dit-il en clignant de l’œil, c’est leur façon de profiter des touristes.
Il ressortit de la cabine puis ajouta :
- Je vous conseille de visiter la ville pendant notre arrêt. Elle en vaut la peine.
Je le regardai partir avant de le rappeler mais au moment où je tournai la tête pour regarder les griffes, je découvris qu’elles avaient disparu ; tout comme les traces sur la porte.
- Vous désirez ? questionna l’agent.
- Non, rien. Enfin, rien d’important. Je pourrai quand même prendre mon petit-déjeuner ce matin ?
- Oui, bien sûr ! Le restaurant ne sera fermé uniquement pendant l’arrêt en gare.
Je fermai la porte, et observai quelques instant cette dernière toute belle et propre. De même, mon gilet était comme neuf. Je relevai le rideau afin de laisser passer le jour. Dehors, une brume épaisse empêchait encore d‘admirer le paysage. Comme d’habitude depuis le début du voyage, tout demeurait blanc. Alors, je pris une douche et une fois habillé, je sortis manger un morceau.
Alex@r60 – janvier 2022