(S')Informer à l'ère de Google et des médias sociaux
À l’aube des années 90, le World Wide Web créé la révolution numérique. La numérisation progressive des contenus fonde rapidement le phénomène de la convergence, permettant aux entreprises de presse de diffuser plusieurs types de contenus, à travers divers médiums.
L’avènement d’Internet illustre, quant à lui, une certaine hybridation et un certain mélange des outils déjà existants, que sont la télévision, la radio et l’informatique. Des phénomènes évolutifs, pourtant combinés l’un à l’autre.
Le concept de curation numérique apparaît beaucoup plus tard, dès 2005. Les auteurs David Giaretta et John H. Weaver, du Digital Curation Centre, figurent parmi les premiers à parler de digital curation. Traduit de l’anglais, ce terme se définit par la sélection des pages les plus utiles, suite à une demande formulée par l’internaute.
Selon BFM TV, une chaîne francophone d’information en continu, il existerait trois étapes à la curation web : la sélection du contenu par l’usager, l’éditorialisation et la mise en contexte d’une valeur personnelle, puis le partage à tout un réseau. Tout le processus expliquerait comment certaines publications Facebook deviennent plus virales que d’autres, par exemple, en plus d’illustrer l’importance des médias sociaux pour une entreprise ou un groupe.
C’est dans ce contexte de spontanéité que le journalisme citoyen entre dans le monde des communications. Beaucoup moins défini et plus souple, cette nouvelle manière de concevoir l’information bouleverse les méthodes médiatiques traditionnelles. Il n’est dorénavant plus nécessaire d’être un journaliste pour obtenir la primeur. Comme l’illustre bien Olivier Costemalle, du quotidien Libération, il ne suffit aujourd’hui que « d’être au bon endroit au bon moment ». Avec un téléphone intelligent, on saisit le moment, avant de marchander le prix de ses contenus auprès des grands médias.
Tout cela me conduit à réaliser que l’image numérique constitue maintenant un symbole beaucoup plus fort que la réalité, et ce, dans plusieurs situations. Lorsqu’une tragédie survient, par exemple, les médias sociaux constituent les premières images auxquels nous sommes tous exposés et suscitent les premières réactions, les premières émotions. Le rapport au réel est ainsi détenu par la masse d’usagers qui, ensemble, construisent un certain cadre à l’interprétation personnelle. Le rapport au réel n’est donc plus réel, mais bien façonné dans l’imaginaire collectif.