Je suis assise, là, sur un banc. Manteau ouvert, écharpe légèrement denouée. Mon sac de linge, vide, repose sur mon épaule.
Tout en écrivant, j’entends la machine essorer mes affaires. Et je pense, à une citation de Bukowski
Cette citation est une belle analogie du monde dans lequel on vit, dans lequel il nous est demandé d’être de plus en plus productif, sur des durées de plus en plus longue. Le tout pour une rétribution (qu’elle soit monétaire ou autre) qui se réduit comme peau de chagrin.
Et au détriment de loisirs, d’une vie sociale, et des tâches d’entretien courantes de son lieu de vie…
Nous sommes les nouveaux serfs de cette société, taillables et corvéables à merci. Avec, en plus, la crainte de se voir remplacé à la première incartade ou si l’on lâche, d’épuisement physique ou psychologique.
Cette lessive, cette machine qui tourne sans fin, sans s’épuiser, sans charge mentale, sans aucun soucis; c’est ce que “ce quelqu’un d’autre” nous demande d’être.
C’est à nous, machines humaines capables de penser et de raisonner, de nous adapter à une charge toujours plus lourde, plus pesante; et non, comme la logique le voudrait, que la charge s’adapte aux capacités de chacun et chacune