Marine se prépare à mettre le feu à Shangai, pendant que Klervi se demande qui va bien pouvoir la lui mettre ce soir. Véro profite du calme plat de sa Bretagne, et Cécilia ne répond pas.
Ma sœur est partie se faire secouer, encore. Et moi je suis tout seul, pour une fois.
Car oui, ces trois derniers soirs, on m’a mis le feu, et ce soir, je suis à plat.
La vie est pleine de surprises. Il y a une semaine de cela, je faisais le bilan de ma vie, sous ecsta. J’ai la meilleure famille et les meilleurs amis qui soient, une carrière devant moi, un dressing de diva et toute une ribambelle de gars qui n’attendent que moi.
Mais je me suis aperçu qu’à mon tableau parfait manquait l’arrière-plan : le garçon qui poserait avec moi. C’est vrai qu’il était plutôt pas mal, en soi. Je m’y suis vu assis sur un pouf en fourrure polaire, entouré de ce que j’avais de plus beau, hurlant de rire, les Valentino qui tombaient sur mon nez (que non, je n’ai pas refait). Seulement, ce pouf m’a paru un peu grand pour moi tout seul.
Et c’est ainsi que j’ai réalisé que beaucoup de choses fonctionnaient par paires : les chaussures pour commencer. Puis les yeux, les lèvres, les oreilles, les mains, les pieds, les fesses ; même les couilles. Mais surtout les gens. Mais surtout pas moi.
J’ai donc entrepris de m’accoquiner à quelqu’un plutôt qu’au célibat, qui à mon âge, commence sincèrement à faire tâche. Oui, ce soir-là, je faisais cocu le célibat, en amorçant mon combat : cesser de ne penser qu’au cul.
Et j’ai rencontré T. Nous avons bu, discuté, pris un bain, puis baisé. Chaque chose, l’une après l’autre, dans le bon ordre, pour mieux finir dans un désordre.
Victoire. J’ai discuté. J’ai enregistré. J’ai baigné ! Tout cela avant de baiser !
Et vous savez quoi ? Ça m’a fatigué, le progrès ! Alors ce soir, je vais rester chez moi, dans mon lit, même s’il me prend l’envie d’enfiler mes Louboutin et de partir mettre le feu à la ville pour mieux rentrer chez moi, les batteries à plat, et me faire mettre pour le raconter demain, à Cécilia.