30 jours pour écrire - Le vide
Une fois encore, j'ouvre les yeux. Une fois encore, je ne suis pas morte pendant la nuit ; mais était-ce vraiment la nuit ? Et voilà qu'il me faut, une fois encore, affronter une éternité vide de sens à attendre que vienne à nouveau le sommeil ; l'espérant comme à chaque fois éternel, puisque mon corps ne vit plus, ne fait que respirer. Le premier jour, je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Je me suis réveillée comme chaque matin ; mais était-ce vraiment un matin ? J'avais dû dormir sur le dos car la première chose que j'ai vu, c'était le plafond ; plat et blanc. J'étais un peu surprise mais je ne savais dire pourquoi. J'allais pour me lever et là ; panique ! La seule chose que je pouvais faire, c'était ouvrir et fermer les yeux. Même ma bouche refusait de lâcher le cri d'effroi qui s'échappait par chaque pore de mon corps inerte. Je n'ai jamais su ce qui m'est arrivée pour me réveiller dans cette chambre d'hôpital. Je n'ai jamais su pourquoi, aujourd'hui encore, je suis dans cet état. Tout est vide en moi. Ma mémoire est vide ; je ne sais plus qui j'étais. Pourtant, je reconnais encore le peu de choses que je peux voir en bougeant les yeux ; mais pas les gens. Je ne sais qui ils sont, ni ce qu'ils font là ; je les vois manipuler mon corps, je vois leurs lèvres bouger, il y en a même qui ont des larmes qui coulent sur leurs joues, parfois. Mais je n'y comprends rien puisque mes sens, eux aussi, se sont évaporés dans le vide ; toucher, goût, odorat même l'ouïe ne sont plus que la perception du vide. Car c'est étrange mais le vide, lui, je le ressens ; ce vide abyssal dans lequel je me noie, me dissous. Il n'y a que mes yeux qui réagissent encore ; mais à quoi bon ... Je n'ai pas besoin de la vue pour regarder le vide. Alors, la plupart du temps, je laisse retomber mes paupières et j'attends.










