Bro is spinning
Dumb cockroach man
I love him

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Bro is spinning
Dumb cockroach man
I love him
« L’homme est large, trop large, je le restreindrais. Le diable seul sait ce qui se cache dans tous ces hommes, quelle boue, quel chaos, quel démon y grouille. » (Les Démons)
Ce matin, au réveil, j’ai appris l’affaire. Je creusais un peu, compulsais les articles, en proie à la pulsion de voir, de savoir, de dévorer et de mordre la vérité nue. Puis, je lisais les paroles de bourreaux et des proches, et me sentais séduite par leurs jeux habiles de dissimulation, de travestissement des faits, d’atténuation des actes. Mais l’horreur était là et frappait ma conscience. Toute ma journée s’est alors souillée d’une laideur grandissante, corrompant toute chose d’un goût d’immondice, de putréfaction, de merde et de sang.
Le mal absolu. On en oublie la marque, tant le quotidien nous l’affaiblit, tant nous sommes habitués aux entrelacs du mauvais et du bon, à l’ambiguïté des êtres et des actes, à la relativité des valeurs. Mais là, il n’y avait plus aucune nuance pour troubler les images du mal. Je vis défiler quelques vidéos qui dès lors me hantèrent, comme un flux cauchemardesque. Tous les arguments de défense étant fallacieux, le mal s’incarne dans les visages de bourreaux, dans la douleur des martyrs et leur humiliation, dans les rires complices des innombrables témoins. Ces clients du spectacles -non un clan de psychopathes isolés- mais bien une foule massive, vivace, réclamaient de franchir de nouvelles limites, curieux des tréfonds. Le mal absolu, faisant sauter tous les verrous, un à un, des mois durant, et à la vue de tous, jusqu’à passer une dernière ligne: la mort de l’homme sous la torture publique. Alors le monde s’arrête, horrifié, et scrute sa propre image, bouleversée et immonde.
Et la honte d’un coup ravage toutes les consciences. Je ne me sens digne de rien et j’ai honte de ce monde. Le monde honteux tente de se racheter par des discours de blâme, comme moi-même ici. Parler, dénoncer, couvrir la gueule béante et muette de l’horreur. Les questions philosophiques tombent comme des enclumes, dans un bruit désolé. Certains cherchent le coupable à l’extérieur de sa propre civilisation (cf Papacito), désignent certaines cultures et les tiennent responsables. Mais je crois la salissure collective, et la responsabilité commune.
Je n’ai jamais eu aussi soif de beauté, qu’en cet instant. De cette plaie suppurante, où les larves grouillent, seule la beauté me semble propre à assainir l’air. La laideur -laideur de l’appartement encrassé, laideur des scènes de dégradation, laideur de la perfidie, des exhortations de la foule, de l’anonymat du mal - ne m’a jamais tant semblé être l’exact opposé du beau, voire même son adversaire. La beauté de la civilisation et de l’art, je me sentis me prostrer à ses pieds, avec une gratitude d’enfant qui mendie protection, conjuration d’un cauchemar.
« Le mal imaginaire est romantique, varié ; le mal réel morne, monotone, désertique, ennuyeux. Le bien imaginaire est ennuyeux ; le bien réel est toujours nouveau, merveilleux, enivrant. » Simone Weil (La Pesanteur et la grâce)
Le mal au quotidien m’apparaît toujours lacé au désir et aux joliesses du vivant, comme un pendant du bien, une nuance, une ombre embrassée aux couleurs de la vie. J’en ai donc une vision confortable, une vision d’agrément. Entraîné dans les faisceaux de l’art, doré par le prestige de la représentation, le mal fascine. J’en ai, si j’ose dire, une vision utilitaire, puisqu’il n’est pas rare qu’il serve d’enluminures à mes récits, d’épices à mes amours.
Mais dans cette affaire là, le mal brise toute représentation. Il apparaît dans ce qu’il est foncièrement: une souillure indépassable. Et se répand une odeur tenace de sueur, sécrétion de la peur et de l’avilissement. Devant cela, on ne peut qu’invoquer de grandes instances célestes, pour le bannir, le punir, le laver.
Seigneur, prends contre toi cette âme martyrisée. Console là. Réserve ta foudre aux coupables.. Attise cette conscience douloureuse dans l’âme de la foule, afin qu’elle craigne le diable et le combatte.
Edit: je suis tellement traumatisée, et je garde en moi un tel dégoût, en ligne de fond, que j'aimerais savoir si vous la sentez aussi, cette fracture. Mon chéri me dit: mais tu le savais que l'humain pouvait être mechant. Mais non, on ne le sait pas, on l'oublie, on ne peut intégrer ce mal, qu'à travers une blessure terrible. Il faudrait que toute la société se soulève pour denoncer ce massacre. Et pour cela, qu'elle regarde la vérité en face, qu'elle affronte son caractère insoluble, impardonnable. Il ne faut pas que ça devienne un recit et une histoire. Ça doit rester une blessure ouverte, qui nous rappelle la vérité du mal, au-delà de la fiction.
Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d'un art.
Charles Baudelaire_
W... / Khalid EL Morabethi
Trois cent soixante et onze pattes émergentes de la façon dont il en parle, il va même jusqu’à m’appeler ‘’ mon frère ‘’. Trois autres pattes émergentes de mes bras. Sept autres pattes boivent ma bave. Cinq autres pattes émergentes des profondeurs ne rejettent pas ma métamorphose / ne rejette pas le mal / ne rejette pas le bien / ne rejette pas l’ombre décalée / ne rejette pas mon ombre / ne rejette pas le coté ténébreux / ne me quitte pas / ne regrette pas / ne rejette pas les nouveaux habits et le manoir en cours de constructions / ne rejettent pas mon âme / ne rejette pas le coté ténébreux / ne regrette pas / ne quitte pas / ne rejette pas le coté lumineux/ ne rejette pas l’anomalie / ne rejette pas les chaînes de seiches/ ne me rejettent pas
BY. KHALID EL MORABETHI
t.wip
LÉO FERRÉ et L’ANTITHÈSE
Marc Bubert, “Léo Ferré et le démon de l’antithèse”, revue LES COPAINS D’LA NEUILLE n°34, p4...: ...Comme son discours, l’écriture de Ferré est extrêmement riche en antithèses, quand les figures d’analogie sont habituellement majoritairement employées en poésie. L’antithèse semble une analogie inversée. Cette inversion imprègne toute la poétique ferréenne : “Pour le moment, je voudrais codifier l’incodifiable”, écrit-il sous forme d’antithèse dans “La Solitude”. Le renversement de l’habituel, du trop bien établi, est une constante du discours et de la pensée de Ferré. L’histoire littéraire rapporte la recherche du Beau par la comparaison et la métaphore, puis Baudelaire et Verlaine conçoivent le Beau dans le “Mal” et “l’Impair” ; enfin, loin des Romantiques et de leur usage rhétorique de l’antithèse, la création de Ferré lui donne une autre dimension qui, sous sa plume, devient vision du monde... ...Il “étai(t) dans le cabinet des métaphores” (: ”Le Style”) pour donner du monde l’image qui lui échappe. Mais les métaphores détournent son regard de l’objet à saisir par l’entendement et l’orientent vers un autre objet déclaré similaire. Ferré ne détourne pas le regard, les métaphores ne suffisent pas. Alors, il provoque souvent chez les autres des critiques peu amènes, des griefs violents qui relèvent d’apparentes contradictions dans son discours et ses créations. Comment dire la complexité du monde, sa propre polysémie, ses propres contradictions ? “Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes” écrit Ferré dans “Il n’y a plus rien”. Ainsi naissent les idées, les expressions, les verbes antithétiques. Pour Ferré, l’antithèse est inscrite dans le monde...L’antithèse permet de mettre en lumière la coexistence avérée de deux réalités contradictoires...L’antithèse fait partie intégrante de la conception même de son oeuvre par Ferré...Dans sa poésie, inspirée du surréalisme, l’antithèse, c’est la chair du vers, sa substance, et non pas seulement son embellissement, son apparence...Les poètes qu’il aime parlent à travers lui. User de l’octosyllabe au XXème siècle : c’est la voix de Villon présente. Le vers de neuf syllabes ? C’est la voix de Verlaine. Ferré transpose le passé dans le futur, c’est son présent d’artiste... ...Lorsqu’il observe la poésie contemporaine, il émet un regret : “Le contexte d’humus et de fermentation qui fait la vie n’est pas dans le texte” (: Préface à “Poète... vos papiers !”). L’antithèse entre “fermentation” et “vie” permet à Ferré de fusionner la décomposition des mots et la composition du texte. Destruction et création simultanées sont l’apanage du poète...
The Voices (2014)
j'ai fait du mal, j'men souviens plus
Lové, damso