La douleur… Ma nouvelle « AMIE »…
J’ai cru à ce que mon cerveau malade me montrait, aujourd’hui je vois plus clair.
Je n’ai pas menti,
Je n’ai pas fabulé,
J’ai vécu une réalité psychique produite par mon cerveau en détresse. Les monstres n’existaient pas, mais la terreur, ELLE, était vraie…
Le brouillard a laissé place à la douleur, mon ventre était énorme, enflé, et plus il gonflait et plus la douleur était insupportable.
Je ne suis pas douillette du tout, pourtant cette douleur là , vive, lancinante, comme si mes organes, prenaient trop de place, comme si ils se tordaient dans tous les sens.
Je me souviens, des pleurs, des plaintes, des gémissements.
J’étais en plein désespoir, je vivais un calvaire, je m’accrochais aux barreaux de mon lit, mon corps se crispait, je me tortillais dans tous les sens.
Et pire que tout, j’étais devenue, désagréable, comme méchante, détestable sans même m’en rendre compte.
Les infirmières disaient « à combien vous situez la douleur ? » et moi dans ma tête, ou peut être tout haut je les insultais, je les maudissais. Le plus dur pour moi c’était quand je m’en prenais aux miens, à mon HEROS, à ma mère.
Vous savez, ses deux-là, ils ont tout essuyé, tout supporté. Ils m’ont porté, ils m’ont nourri, ils m’ont habillé, lavé.
Ma maman à souffert avec moi, je crois autant que moi, ou sinon beaucoup plus que moi, je l’ai ressenti, JE LE SAIS !!!
Elle a eu mal avec moi, elle a pleuré avec moi.
Peut-être pensait ‘elle que je ne la voyais pas mais au bout d’un moment dans les hôpitaux, mêmes les silences deviennent bruyants.
Lui, mon HEROS, Tout le temps où j’étais dans cet hôpital-là, il a dormi avec moi, par terre, sur un matelas. Il était fort malgré tout, il a partagé mes peurs, il a accepté mes humeurs et ma douleur.
Et il a fait ça avec une douceur et un amour incommensurable, inébranlable…
Tout ça alors qu’il était totalement déboussolé, qu’ il perdait ses moyens, qu’ il avait besoin d’être encadrer, qu’on lui dise quoi faire et comment.
C’était là encore le rôle de MAMAN, elle gérait tout, d’une main de maître, AAAAH MA REINE, MON SOLDAT… Elle savait prendre soin de sa fille !
Avec le recul, je crois que je ne m’en suis jamais pris à mon père.
Depuis toute petite, quand j’étais malade, quand j’avais un examen à passer et que je stressais, quand j’étais en colère, il savait me calmer, sa présence m’apaisait.
Mon frère lui, il avait peur des hôpitaux, il ne supportait pas de me voir comme ça, dans cet état-là.
Je le comprenais, pourtant j’avais tellement besoin de lui…
C’est mon jumeau, on ne se voit pas souvent, pourtant nous avons quelque chose que ni les gens autour de nous, ni la jalousie, ni la rancune, ni la colère ne nous enlèvera jamais.
Ce lien qu’on a nous les jumeaux,
Personne ne nous l’enlèvera…
Les anti-douleurs aussi forts qu’ils soient ne me servaient à rien, ou alors au pire, à m’abrutir.
Ça, j’étais totalement shootée ! 🥴🥴🥴🥴
J’étais branchée de partout, on me faisait des analyses à profusions, tant et si bien que mon corps ne voulait plus coopérer, il ne voulait plus rien donner, les bras, les poignets, dans le cou, l’aine etc…
Plus une goutte… 🩸🩸🩸
J’ai eu droit aux transfusions, j’en ai eu plusieurs.
Je détestais ça, je n’aimais pas l’idée que le sang de quelqu’un d’autre, circule en moi, se mélange au mien, c’était juste une autre preuve à mes yeux que mon corps ne valait plus rien, qu’il me lâchait…
Et puis un jour, ils ont dit à maman « ON NE PEUT PLUS RIEN FAIRE POUR ELLE, ICI ON NE FAIT QUE LA MAINTENIR EN VIE !!! »
Ça n’allait pas durer longtemps, ils le savaient tous alors ils ont ajouté « SOIT VOUS PARTEZ AVEC ELLE, SOIT ELLE MEURT ICI »
Est-ce qu’on dit ça à une mère ?
Pour moi, c’était hors de question, je refusais de partir, de laisser les miens, de ne plus les avoir auprès de moi, ils voulaient m’envoyer mourir ailleurs loin d’eux…
Loin de MON FILS !!! DE MA CHAIR !!! DE MON SANG !!!
Je voulais mourir à leur cotés et pas SEULE !
Je me savais condamnée, Voilà pourquoi je ne voulais pas partir !
Maman m’a dit « je pars avec toi, je ne vais pas te laisser seule, ça va aller ma fille ! »
Elle savait que si je ne l’avais pas avec moi, je me laisserais mourir !
Lui, mon héros, viendrait me rejoindre plus tard…
Mon état se dégradait de plus en plus, il fallait faire vite, ils m’attendaient déjà à l’autre hôpital…
Le transfert à été rapide !
Le jour de mon départ, je crachais du sang, ça n’allait plus, maman était déjà à l’aéroport, papa poussait mon fauteuil et lui marchait à mes côtés.
Mon bébé est venu me dire aurevoir, est-ce que j’allais le revoir ?
Mon fils que j’aimais tant… Je ne le laissais pas tout seul mon garçon, je laissais mon cœur avec lui et il allait être ma force, plus grande motivation !!!
Mon équipe médical, ma maman avec moi, nous voilà dans l’avion…
J’ALLAIS AU FRONT !!!!










