Green Fish 초록 물고기 (1997) dir. Lee Chang-dong
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Green Fish 초록 물고기 (1997) dir. Lee Chang-dong
Green Fish 초록 물고기 (1997) dir. Lee Chang-dong
Captures the anxiety of the times. Best of 2018. https://youtu.be/oihHs2Errwk #burning #leechangdong #korean #netflix https://www.instagram.com/p/CB5lfQpDg7f/?igshid=1mfldk3gs9ieq
‘Oasis’ (2002) de Lee Chang Dong cuenta la cruda historia de amor de dos personas con discapacidad. Marginados y rechazados por la sociedad y sus propias familias, vivirán su historia de amor en su particular oasis. La actuación de Moon So Ri es tremendamente espectacular. Seol Kyung Gu, es uno de mis actores favoritos. Me fascina en todas las películas que le he visto. #oasis #oasismovie #leechangdong #seolkyunggu #moonsori #koreanfilm #오아시스 #설경구 #문소리 https://www.instagram.com/p/B-kVBksCvRj/?igshid=1cusg3pojgxai
La Pesanteur et la Grâce. Poetry de Lee Chang-dong (2010)
Rares sont les films qui laissent une trace aussi profonde et vive que Poetry de Lee Chang-dong. C’est une sensation étrange de perte, de désolation et de vertige qui remonte à la surface bien après le visionnage du film. C’est comme si ce dernier avait tissé un réseau de fils autour de nous, invisible, ténu et dense, et très lentement, avec douceur, nous avait emprisonné dans son cocon de rêve et de violence où tout prend l’ampleur de l’ineffable, jusqu’à pénétrer chaque cellule de notre corps. C’est le paradoxe et le génie du cinéma de Lee Chang-dong : filmer dans la lenteur le quotidien, l’insignifiant de la façon la plus neutre tout en vous faisant ressentir l’en-deça des passions humaines.
Ce paradoxe se retrouve dans l’intrigue de Poetry. Il faut une certaine audace pour donner ce titre au film car la question qui s’y pose est plutôt « Comment la poésie ? », autrement dit celle de son impuissance, de son inutilité. Le film confronte, ou plutôt fait côtoyer, deux faces du monde : d’un côté la bonté et la beauté et de l’autre le mal, sa banalité et sa médiocrité. Mija est une vieille dame dans la soixantaine qui se découvre un début d’Alzheimer dans le même temps qu’elle tente de retourner au monde et aux mots – pour les retenir – à travers l’expérience de la poésie. Plutôt excentrique et coquette, son activité principale consiste à s’occuper des autres. Elle travaille comme femme de ménage chez un riche vieillard à moitié paralysé et s’occupe de son petit-fils, un collégien maussade et antipathique. Un jour, elle apprend que ce dernier a participé avec ses copains au viol d’une collégienne qui s’est ensuite suicidée. Des enfants qui jouent au bord de la rivière et le corps de la jeune fille qui flotte dans les eaux sombres (on ne sait pas encore son histoire) : c’est ainsi que s’ouvre le film. Les parents des autres élèves coupables, avec la complicité de l’école, veulent étouffer l’affaire en achetant le silence de la famille victime. A aucun moment ne sont évoqués la culpabilité ni le repentir. Entre Mija et son petit-fils, on s’attendrait à des confrontations et des explications. Mais non, rien, ou presque. La vie à deux dans le minuscule appartement continue, chacun avec ses petites habitudes, chacun portant son masque, jouant son rôle. Pourtant, par des signes, Mija fait sentir à son petit-fils qu’elle connaît son secret. La seule scène de confrontation est une lutte silencieuse au coeur de la nuit où seule une question est lancée dans le vide : « pourquoi as-tu fait ça ? ». Mais à la lumière du jour, c’est comme si jamais rien ne s’était passé. On se demanderait presque si ce n’était pas un rêve.
Ce silence intrigue et dérange mais c’est justement lui qui est la clé du film. Le mutisme du personnage révèle en quelque sorte une soumission totale aux choses : à l’ingratitude des tâches quotidiennes, à son travail de femme de ménage, aux pulsions de son patron, à l’indifférence et la médiocrité de son petit-fils, à la pression que lui mettent les pères des coupables pour qu’elle trouve l’argent pour payer la famille. Plutôt que de soumission, il serait aussi juste de parler d’acceptation. C’est un être incapable de révolte face à l’horreur et au mal. Mija prend tout sur elle, presque avec la naïveté d’une idiote. Son empathie lui fait suivre les traces d’Agnès, la jeune fille morte, dans un parcours qui relève presque du pèlerinage initiatique jusqu’au bord du fleuve, dans la volonté de comprendre ce qui l’a amenée à la mort. Son mutisme dévoile ainsi un monde intérieure riche qui lui fait percevoir plus finement le monde et les êtres. Mais le film n’en reste pas là car, dans le même temps, il y a cette lutte pour trouver les mots et le sens du monde à travers la découverte de la poésie. En parallèle, Mija tente d’écrire un poème et note ses idées dans un carnet qu’elle garde toujours avec elle. Pour revoir à nouveau le monde et y découvrir sa beauté, il y a la poésie, inexplicablement, envers et contre tout. Et cette scène sidérante où, envoyée pour convaincre la mère de la victime d’accepter l’argent, Mija finit par oublier l’objet de sa quête pour ne lui parler que de la beauté de la nature tant elle est hypnotisée par son éclat.
Cette poésie qui paraît presque déplacée tout le long du film prend tout son sens dans la séquence finale, dont rien ne dira l’extraordinaire puissance élégiaque et hypnotique. Mija a disparu, ne laissant que son poème, intitulé « Chanson pour Agnès ». Ce prénom chrétien qui désigne l’agneau, et aussi par métaphore la victime sacrificielle, n’a pas été choisi au hasard. Comme dans un enregistrement, la voix de Mija récite le poème avant de céder la place à celle d’Agnès, opérant un basculement dont on ne revient toujours pas. Le télescopage des deux identités entre la vieille dame et la jeune fille est consommé. L’une a vécu des drames dont on ne sait rien et arrive à ce point où le souvenir de toute cette vie va bientôt se perdre tandis que l’autre n’en est qu’à l’aube de sa vie, mais une vie où la souffrance a déjà tout dévoré. Cette identification, si évidente à présent, trouve son point culminant dans la mort. C’est précisément dans l’absence de Mija que se révèle la présence de cette double. Ce personnage, dont l’ombre et le silence hantent tout le film, prend corps dans ce dernier hommage qu’est le poème. Sa voix brûle les mots dans les images du crépuscule. C’est un monde dans toute sa banalité qui est montré, mais révélé une dernière fois par un regard d’outre-tombe. Ce poème est un chant d’amour et d’adieu. Remontant au moment fatidique, face au fleuve noir, le dos d’Agnès. Sa tête se retourne vers la caméra une dernière fois, offrant un visage qui se dévoile dans toute sa puissance et sa fragilité, un regard sans peur qui troue l’écran, et un léger sourire, d’un mystère indicible, transfigurant la mort.
A la question initiée par le titre du film, je réponds : la poésie, pas comme remède contre le mal, pas pour sa force consolatrice, ni même pour sa beauté rédemptrice, mais pour nous sauver de l’amnésie et de la mort.
BURNING täglich 21.00 Uhr bei uns im Lichtspielhaus #burningmovie #harukimurakami #leechangdong #fipresci #yooahin #stevenyeun #jeonjongseo #monatsfilm (hier: Regensburg, Germany) https://www.instagram.com/p/BzNCojFiFzy/?igshid=1lqrgib176ppy
Mira el escalofriante thriller del director Lee Chang-dong, #Burning está dentro de las proyecciones del @iffpanama. @tustiquetes. #LeeChangdong #AhinYoo #StevenYeun #JongseoJun #SouthKorea #movie #film #cine #peliculas #cinema #Panamá #pty #507 #panama (en Panama City, Panama) https://www.instagram.com/p/Bv7KqM3Bp4L/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=j5wifwnpat6a