TEMPLE (2017)
Le tourisme et l’horreur font parfois de bons mélanges, ou au pire, se démarquent par leur originalité: après le bon THE DOOR (2016) qui nous emmenait en Inde, l’inégal GHOST HOUSE (2017) en Thaïlande, TEMPLE prend le même chemin qu’un certain THE FOREST (2016), à savoir le Japon forestier. Un pitch simple et rapide -la nana passionnée de folklore qui emmène son mec ainsi que son meilleur ami en voyage-, qui nous propulse avec peine -TEMPLE, bien que court, comporte beaucoup de longueurs- vers un village isolé où un étrange et ancien temple va faire l’objet du climax et du final du film: pourtant introduit sous forme d’interrogatoire sérieux, ce long-métrage de Michael Barrett cède aux sirènes du “remplissage” scénaristique, alors qu’il dispose d’un background en béton. TEMPLE nous ennuie avec ces protagonistes en carton -le couple-, alors que le sidekick solitaire -le meilleur pote, bilingue et bonne âme- aurait mérité de porter à lui seul le film sur ses épaules. D’un autre côté, on apprécie l’ambiance et le concept, qui font de TEMPLE un film d’”histoire de fantômes japonais-, ainsi que certains détails apportés à l’atmosphère sombre et inquiétante: de cette statue d’une Kistune -femme-renard- à cette créature -toujours cachées dans l’obscurité- qui hante la mine près du temple en passant par les gamins fantômes horribles, on finit par trouver de bons points. Il est d’ailleurs drôle de retrouver l’acteur-phare de SAMURAÏ GOURMET (2017), Naoto Takenaka, dans un rôle totalement différent du gentil retraité que l’on connaît: convaincant, tout comme ce parti pris d’un TEMPLE bilingue -les japonais parlent japonais, les américains anglais- qui favorise l’immersion de la délocalisation, sans jamais caricaturer l’honorable peuple -une coutume cinématographique redondante, pouvant porter jusqu’à certains “extrêmes” tels que NO ESCAPE (2015)-. Le problème, c’est que TEMPLE est original, mais on revient constamment à le comparer à d’autres durant son visionnage: n’est pas RING (1998) qui veut, l’ami. On espère que le concept mystico-folklorique et l’esprit de TEMPLE seront conservés pour un autre opus au budget plus important et au scénario plus solide, car il y a vraiment matière à faire -WOLF COP (2014) a fait mieux avec moins!- avec ces contes d’enfants disparus, d’accidents miniers et de fantômes malveillants. C’est si dur que ça d’avoir la moyenne?
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