Traversée de part en part par ces histoires, qui ne m’appartiennent pas, qui m’appartiennent. Les poser là ces drames. Des yeux, des oreilles, de la poitrine, à la main, passage par la nuque, l’épaule, le bras. L’enfant sans mère je le pose là. La mère sans enfant je la pose là. Et l’homme perdu, le garçon brisé, la famille morcelée, le père usé, la fillette en larmes, la femme abattue, le bébé et ses cris, je les pose là. Leurs chairs arrachées, leurs cœurs piétinés, leurs gestes de haine et d’amour, d’amour haine, leurs errances, je les pose là.
Peut-être que la douleur alors, la lancinante, me laissera en paix, de la nuque à la main, épaule, bras.