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Toujours. Le nom vient avant. La chose que l’on voit, c’est le nom. Il faut vérifier que quelque chose répond à ce nom, répond présent. Les cinéphiles ont tous ce vice qui leur reste : celui des listes. Si je fais une liste, je m’exonère du fait que je n’y figure pas ou même que j’ai passé mon enfance à avoir peur de ne pas être sur la liste. Il fallait que toute chose réponde à son nom – les pays, les villes, les gens, les œuvres – et qu’on puisse aller vérifier. Et c’est comme ça que la vie passe et qu’on se retrouve finalement très ignorant, à ceci près que, passé un certain seuil, on n’est plus jamais questionné sur son savoir, sur la réalité concrète de ce savoir, sur le bluff et la frime, sur la folie que ça représente, de toute façon, de vouloir entretenir un rapport personnel, intime, à toutes les pièces du musée imaginaire. Comme un gardien qui, en plus, vivrait avec qu’il garde et ce qui le garde. Serge Daney, Persévérance, P.O.L éditeur, 1994
Mousey be a nommer of nubs~ It be Nubvember! and as such, I figured why not have mouse doing what she do best, nom things! This victim today is a long time friend of mine, Dynamo~ hope ya enjoys!
Une chose qui n'est pas nommée poétiquement n'existe pas.
Laurent Terzieff (Extrait de l'interview du Figaroscope du 23 septembre 1998)
Faire de l’histoire et de la politique, de ce point de vue, ce serait creuser dans la psyché et dans le temps, creuser dans la matière et dans le monde sensible pour en remonter des citations où le présent lui-même – fût-il un paysage de cendre – sera bientôt « cité à comparaître ». Telle fut sans doute, chez Benjamin, la fonction messianique et politique de l’image et de la citation : comme la perle que le plongeur reconnaît tout à coup parmi les os de son propre père englouti dans la mer. Hannah Arendt comparait cette opération à un exorcisme : « Puiser l’essence dans la citation – comme on puise l’eau par forage à la source souterraine, cachée dans la profondeur (…), est analogue à un exorcisme (…). Chez Benjamin, citer est nommer, et c’est ce « nommer » plutôt qu’un « parler », le nom et non la phrase, qui portent au jour la vérité. »
Georges Didi-Huberman, Désirer, désobéir, Les Éditions de Minuit, 2019
phan mechanic (phechanic?) au drawing going well
Le règlement veut qu'on aille une fois par semaine au parc avec les élèves, pour leur expliquer tout ce qui y pousse : les fleurs et les arbres, les buissons… leur faire entrer dans la tête les pays d'origine des fleurs et des arbres et des buissons. Je ne leur ai jamais dit le nom d'une seule fleur et d'un seul arbre. Pas plus que le nom de leur pays d'origine. D'aucune fleur, d'aucun arbre. Parce que je suis contre l'enseignement aux enfants de la botanique et, en général, de toute science naturelle. Plus on connaît de choses sur la nature, moins on en sait, moins elle peut vous être bénéfique. Les assoiffés de savoir, qui venaient m'interroger sur les noms des arbres, des fleurs, des pays d'origine, et qui ont essayé de provoquer des querelles, je leur ai cloué le bec.
Thomas Bernhard, Gel, Gallimard, 1967, p. 168-169.