Hey, excuse-moi pour cet ask qui ne concerne pas vraiment les cours. C'est les vacances et je suis incapable de travailler. Impossible de faire quoi que soit d'autre, d'ailleurs. Je sais ce que j'ai à faire, mais il reste 3 mois et ça me terrifie. Penser à travailler m’écœure, mais si je ne fais pas tout mon possible pour réussir, je vais me mépriser. Je m'adresse à toi en quête d'un mot d'encouragement parce que je n'en peux plus de me sentir toute vide, je ne sais même plus ce que j'aime faire
Personnellement j'ai toujours trouvé les vacances difficiles (jesuis à l'heure actuelle moi-même en vacances et je n'arriveabsolument pas à travailler et je suis dans une situation ridiculeoù je dois rendre des dissertations qui ne sont pas la mer à boiremais que je me retrouve à repousser sans cesse parce que je n'arrivepas à m'y mettre), donc je comprends ce que tu veux dire. Pendant maprépa, ça m'a beaucoup aidée de considérer les week-ends comme desweek-ends, c'est-à-dire comme des moments de repos, et les vacancescomme des vacances, même si je sais qu'il y a tout un discoursautour de la prépa comme quoi “les vacances ça n'existe plus”, qu'ondoit travailler tout le temps même quand on n'a pas cours etc…Chacun a ses besoins, et je te promets sur ce que tu veux, que j'airéussi ma prépa en faisant des vrais week-ends et des vraiesvacances, et que donc la quantité de savoir à ingérer et detravail à fournir peut être circonscrite aux semaines scolaires.
Il y a un truc qui n'a jamais bougé pour moi par contre, c'est quej'ai toujours su pourquoi j'avais envie d'être là, et pourquoij'étais contente d'être là : au cours d'une prépa, tu apprendsdes choses sans avoir à prendre d'engagement sur ton orientationprofessionnelle donc tu es juste là pour qu’on te nourrisse, tu as probablement les meilleurs profs du périmètregéographique qui sont là pour toi de nombreuses heures par semaine,tu en sortiras avec une licence qui vaudra plus aux yeux desrecruteurs que les licences de tous les autres gens en fac, et mêmesi tu as des mauvaises notes tout au long de ta prépa tu en sortirasforcément avec des savoirs et des savoir-faire que les autres gensn'auront pas et que tu n'auras plus à acquérir par la suite.Personne ne se retrouve dans un chômage de long-terme en sortant deprépa, ni même dans des boulots très difficiles et mal payéscomme caissier ou éboueur, ça n'arrive pas, donc quoi qu'il sepasse pendant ta prépa tu as déjà sécurisé tes arrières, rienque par le fait qu'on est au mois de janvier de ta khâgne, et il n'ya pas de retour en arrière à partir de ça, c'est vraiment unchemin que tu as déjà fait et que tu n'as peut-être pas vu passer,tu as déjà retiré les avantages que tu pouvais retirer de laprépa, tu as déjà réussi, donc tu peux souffler un bon coup !
Si tu veux des conseils pour te remettre un peu le pied à l'étriersans te faire trop de mal, vu que tu as dit que tu savais ce que tuavais à faire, fais une liste écrite de ces trucs, et décompose-lesen plein de plus petites tâches. A la limite, si dans tes objectifsde boulot en histoire par exemple, il y a “ficher tel livre”,tu peux le décomposer en “ficher le chapitre 1 de ce livre,ficher le chapitre 2, ficher le chapitre 3, etc etc”, endiminuant les tâches le plus possible. Tu vas avoir une super longueliste de plein de petits trucs qui prennent entre 5min et 1h à faire: chaque jour, tu peux en sélectionner 4 ou 5 dans ta liste, et lesfaire sans te prendre la tête, presque juste comme un truc desecrétariat, et tu verras ta liste être de plus en plus surlignée,et l'encouragement viendra de là. Finalement il y a assez peu detrucs vraiment durs psychologiquement dans le travail d'un khâgneux,puisque c'est beaucoup de travail personnel. Si tu fiches un chapitred'un bouquin, personne ne te jugera sur la façon dont tu l'as fiché,dont fiche-le pour toi, de la manière qui est la plus confortablepour toi, si tu as juste envie d'ouvrir le livre et de noter lesmots-clés, fais ça, si c'est plus confortable pour toi de soulignerdes phrases importantes et de les recopier en entier, fais ça. Tufais rentrer les trucs dans ta tête comme bon te semble, il n'y avraiment aucune raison que ce soit une torture, parce que c'estquelque chose que tu fais pour toi, tu n'en es pas encore à faire unmémoire que quelqu'un va lire et juger en fonction de ses goûtsetc, tu en es à maîtriser un thème au programme qui est forcémentintéressant par certains aspects, et à devenir le plus calé.epossible sur ce thème, mais de la façon qui te va à toi.
Dors, et lis des choses qui ne sont pas pour le boulot, parce quedormir et lire sont les deux choses qui permettent de relativiser : après 9h de sommeil et un bon bouquin, même un peu débile, on amoins tendance à dire qu'on va “se mépriser” ou être“écoeuré” par quelque chose aussi inoffensif que deficher un livre, j'ai vraiment l'impression de lire les propos dequelqu'un de très fatigué, donc dors dors dors !
Et peut-être que travailler en groupe est quelque chose qui pourraitt'aller, car il y a toujours quelqu'un dans un groupe d'amis qui veutfaire des pauses souvent, ce qui est une bonne chose si tu es peumotivé.e (tu fais beaucoup de pauses mais au moins entre temps tuauras fait quelque chose, etc'est déjà ça), et pendant ces pauses on discute de ce qu'on esten train de faire, on se rend compte de la manière dont travaillentles autres, on dédramatise, on partage ses expériences de boulot,on rigole un bon coup, et quand on re-rentre dans la bibliothèque etqu'on s'y remet, même si tu as l'impression de regarder ta feuillesans rien faire parce que tu te sens vide, à force de voir lesautres autour de toi travailler, tu vas finir par prendre ton stylo,et si tu as noté 10 lignes ce sera déjà bien ! Mais si tu saisquoi faire d'ici au concours et que tu arrives à diviser tout ce quetu voudrais faire dans le temps qu'il te reste, mathématiquement jepense que ça rentre vraiment dans le nombre de jours qu'il te reste,donc ne t'en fais pas, vois loin en avant et concentre-toi sur lefond des choses, tes cours te posent forcément des questions hyperintéressante sur ce que c'est que la littérature, sur les origineshistoriques de certaines choses que tu connais aujourd'hui, sur lamorale et la politique, et même par exemple si tu fais de la géo etque tu étudies le Brésil, tu vas finir par connaître plein detrucs sur le Brésil, c'est trop cool, juste pour le plaisir desavoir des trucs sur le Brésil, essaye de retrouver cette consciencelà qui te dit que tu découvres des trucs que tu connaissais pasavant et que tu connaîtras ensuite, limite ça peut suffire à teredonner un peu goût à ce que tu fais même si c'est dur à causede la pression et de la fatigue.
Bon courage à toi, je suis sûreque ça va s'arranger !