🌼 Pavot de Californie
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🌼 Pavot de Californie
Je ne sais pas quand c’est arrivé. Il n’y a pas eu d’alerte, pas de grand choc. Juste un matin, mes pas ont ralenti avant, je faisais tout vite, je marchais vite, je parlais vite, je mangeais sans vraiment mâcher. J’étais toujours un peu en avance ou un peu en retard, mais jamais vraiment là. Je remplissais mes journées comme des valises trop petites, pensant qu’une vie bien remplie était une vie bien vécue. Et puis, un jour, j’ai commencé à marcher moins vite. Au début, j’ai râlé. Contre mes genoux, contre les escaliers, contre ce fichu sac trop lourd qui me suis depuis des années. Puis, j’ai commencé à lever les yeux, à voir les fleurs sur les balcons, à remarquer l’odeur du pain chaud quand je passe devant la boulangerie, à entendre le vent dans les arbres. Avant, je traversais la vie comme on traverse une gare vite, pressé, le regard fixé au bout du couloir. Maintenant… je prends le temps, de saluer, d’écouter, de m’arrêter. Je redécouvre les bancs publics, le plaisir de regarder les gens passer, sans avoir besoin de les rattraper, de leur parler. Je prends mon café chaud, pas tiède, je laisse infuser mes pensées, comme une tisane qu’on ne veut pas gâcher. Et tu sais quoi ? Ce n’est pas triste, de ralentir c’est doux, c’est vrai, c’est sage, c’est accepter que tout ne doit pas aller vite pour être important, c’est comprendre que les moments les plus précieux sont souvent les plus lents. Un regard qui dure. Un silence qu’on n’interrompt pas. Une main qu’on serre plus longtemps. J’ai marché vite toute ma vie, pensant que c’était ça, avancer. Mais aujourd’hui, je sais c’est dans la lenteur qu’on entend son propre cœur. Et dans ce battement tranquille je me sens pleinement vivante. Et toi qui lis ces mots tu es belle, tu es beau dans ta manière de ralentir. Dans ta douceur. Dans ton souffle tranquille. Continue.
I don't know when it happened. There was no warning, no big shock. Just one morning, my steps slowed down before, I did everything quickly, I walked quickly, I spoke quickly, I ate without really chewing. I was always a little early or a little late, but never really there. I filled my days like undersized suitcases, thinking that a life well-filled was a life well-lived. And then, one day, I started walking slower. At first, I grumbled. At my knees, at the stairs, at this damned, too-heavy bag that has been following me for years. Then, I started to look up, to see the flowers on the balconies, to notice the smell of warm bread when I pass by the bakery, to hear the wind in the trees. Before, I went through life like you go through a train station quickly, in a hurry, staring at the end of the corridor. Now... I take the time to say hello, to listen, to stop. I'm rediscovering public benches, the pleasure of watching people go by, without needing to catch up with them, to talk to them. I drink my coffee hot, not lukewarm, I let my thoughts infuse, like a herbal tea you don't want to waste. And you know what? It's not sad, slowing down is sweet, it's true, it's wise, it's accepting that not everything has to go fast to be important, it's understanding that the most precious moments are often the slowest. A look that lasts. A silence that isn't interrupted. A hand that is held longer. I walked fast all my life, thinking that was what it meant to move forward. But today, I know it's in slowness that you hear your own heart. And in that quiet beat I feel fully alive. And you who are reading these words are beautiful, you are beautiful in the way you slow down. In your gentleness. In your quiet breathing. Keep going.
Marseille. Dans la bastide Borély (ou Château Borély ou Palais Borély ou...), le Musée des Art Décoratifs, de la Faïence et de la Mode avec une belle expo : "Art Nouveau - Art Déco".
Chanel - robe longue, satin de soie, 1933 ; André Groult - secrétaire à abattant, ébène, peau, métal, 1937 ; André Arbus - chaise longue, bronze et satin, 1937
Georges Serré - pot et vases, grès, 1930
Louis Majorelle - table à 2 plateaux, ombellifères et pavots, 1900
Emile Gallé - vitrine de salon, noyer, marqueterie, bronze, 1903 ;
Emile Gallé - vitrine (voir 4) ; E.Gallé- chaise à ombelles, hêtre, 1902 ; Henri Bellery-Desfontaines - balustrade de l'escalier de l'Hôtel Silhol à Marseille, acajou et cuivre, 1905
Pavot somnifère…
source : @cheminer-poesie-cressant
la fleur : grossissement sur l’éphémère ; en arrière il y a sa trace dans l’air ; elle a convaincu sa couleur à couvrir une durée de plus
© Pierre Cressant
(samedi 20 mai 2023 - mardi 2 juillet 2024)
Don’t mind the sloppy hand writing on this one
I don’t think I was gonna finish this one so I edited the shit out of it SHDBXB
@gigifeh @pinkadessu
In the summer light.