Le Lycée Chaptal
Ce massif édifice du nord-ouest parisien, surplombant la tranchée des voies de la gare Saint-Lazare, n'est nullement une prison (comme on pourrait le croire de prime abord), mais un lycée, et l'un des plus fameux de la capitale.
Nommé en l'honneur du chimiste et médecin Jean-Antoine Chaptal, sa construction fut des plus chaotiques. Débutée en 1866 par l'architecte Eugène Train (neveu de Victor Baltard), elle fut brusquement interrompue par le Siège de Paris par les prussiens, lors de la Guerre de 1870-71. Durant l'épisode de la Commune de Paris, succédant immédiatement à la fin de la guerre, des insurgés communards trouvèrent refuge dans le bâtiment en travaux, y résistant plusieurs jours durant, avant de finalement s'en faire chasser par les régiments de versaillais, appuyés par obusiers et mortiers mis en batterie aux Batignolles, dont certains impacts sont toujours visibles sur sa façade. Finalement achevé en 1876, ayant comme premier recteur le physicien Henri Abraham, l'école secondaire accueillit au fil des décennies de nombreuses personnalités en devenir, d'Alfred Dreyfus à Nicolas Sarkozy, en passant par Abel Gance, André Breton (dont une salle d'examen porte désormais son nom), Jean Anouilh, Jean Yanne, Daniel Hechter... D'obédience scientifique, le lycée abrite un musée consacré aux instruments et ustensiles utilisés pour l'apprentissage de la physique et la chimie au XIXème siècle, visitable chaque année en octobre, à l'occasion de la Fête de la Science.
Conçu comme trois collèges distincts entourant une cour, on peut y apercevoir depuis la rue de Rome une cheminée en briques, vestige de l'ancienne chaufferie du lycée, témoignage de l'ère industrielle en France.













