Hier soir, j’étais en train de lire les articles qu’avait publié @jesuisunepublicationsexiste à propos de l’avortement en Pologne. Je m’étais déjà demandée avant pourquoi il y a quelques années c’était un cintre qu’il fallait aller déposer devant l’ambassade de Pologne pour soutenir les femmes polonaises. Parfois j’ai vraiment honte ignorer certaines choses.
Je suis donc tombée par hasard sur la signification du cintre dans la lutte pour la légalisation à l’avortement. Avant que celui-ci soit légalisé, les cintres et les aiguilles à tricoter étaient utilisés pour avorter clandestinement.
DES CINTRES. DES AIGUILLES.
J’ai besoin d’en dire plus ? De détailler l’horreur ? La douleur que ça doit être ? Les risques médicaux (hémorragie, infections) ? Que quand tu en viens à ces moyens, c’est que ce n’est pas une simple petite lubie, ce n’est pas juste pour ton confort, mais que tu es vraiment en situation de détresse et que tu ne peux pas faire autrement ?
Les “pro-vie” qui considèrent que les “pro-choix” sont des assassins et des égoïstes irresponsables, ils sont au courant de ça ? Combien de femmes sont mortes des suites d’un avortement clandestin ?
J’imagine que pour un type misogyne, un cintre représente pour une femme l’objet qui lui permet d’accrocher ses belles et délicates fringues, qu’elle a payé très cher (alors que l’on gagne moins d’argent que les hommes), parce que c’est bien connu toutes les femmes sont des fashion victimes. Pour moi qui n’en suis pas une, ce sont les machins sur lesquels j’accroche mes blouses, mes gilets et mes jeans. Je n’en ai pas assez (et j’ai encore quelques cintres taille enfant), et il m’arrive souvent d’en péter. Pour une femme qui vit dans un pays où l’avortement est interdit, c’est un objet utilisé pour interrompre une grossesse, dans des conditions dangereuses.
J’ai un peu hésité à écrire tout ça, mais la situation est tellement grave en Pologne que ce n’était pas possible de me taire, de ne pas brandir, à ma manière, mon cintre, simple objet du quotidien qui peut se transformer en symbole d’oppression et de mort (47 000 femmes meurent des suites d’un avortement illégal chaque année).