Qu’est-ce que c’est que cette médecine qui dit que vous avez un problème ? Ce sont eux les fous ! Ce sont eux les tristes, les non-croyants au bonheur sur terre, les désabusés usés, aigris, remplis de chimie et d’équations, de médicaments qui détruisent la pureté de l’être qui croit à l’impossible.
Comment admettre qu’on est malade ?
Que toutes ces rêveries sont le fruit d’un trouble de la personnalité ? Qu’on va bientôt méchamment atterrir la tête la première dans un monde fait de chair, de sang, de limites et de barreaux ?
Comment renier toute cette confiance que vous aviez en vous, pour entrer dans un monde grisâtre, lourd comme le plomb, hostile et difficile ?
Car c’est ainsi que le monde apparaît lorsque la chimie commence son travail de termite… une lente et douce agonie du monde des fantasmes se produit alors.
On devient prisonnier, on devient lent (trop lent), on devient pondéré, on essaie tant bien que mal d’apprendre la patience, mais une patience anxiogène, une patience sans but, car le but est devenu lointain, un concept d’une autre vie.
C’est bien une autre vie qu’il faut construire. Brique après brique.
Seconde après seconde. Un purgatoire, en somme, après l’euphorie du paradis.