Anthony Rapp (he/him) as Raphael/Bretodeau in Amélie the Musical
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Name: Anthony Deane Rapp
Credits: If/Then (Lucas), RENT (Mark Cohen), Precious Sons (Freddy)
Color of the rainbow with which they identify: Queer

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Anthony Rapp (he/him) as Raphael/Bretodeau in Amélie the Musical
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Name: Anthony Deane Rapp
Credits: If/Then (Lucas), RENT (Mark Cohen), Precious Sons (Freddy)
Color of the rainbow with which they identify: Queer
RAPHAËL POULAIN : DES STADES A LA SCENE
Du sport collectif à la recherche individuelle
Vous donnez l’impression d’avoir fait carrière dans le rugby un peu par hasard, et c’est lorsque vous quittez le maillot que vous vous posez pour la première fois la question clef : « qu’est-ce que je vais faire de ma vie ? ». A ce moment-là, cette transition vous apparaît-elle comme une petite mort ou comme une nouvelle naissance ?
Il est clair que pendant mes six années de rugby professionnel, je ne me posais pas de question sur mon devenir ! Il fallait répondre sur le terrain à ce que le rugby attendait de moi, chaque weekend et dans l’instant. Je ne me suis posé la fameuse question qu’à 25 ans, le jour ou j’ai décidé d’arrêter ma carrière après de nombreuses blessures. Je n’étais pas du tout préparé à gérer un corps qui n’allait plus servir exclusivement qu’à être performant, pas du tout préparé à gérer des émotions canalisées pendant des années afin de rentrer dans le « cadre » du rugby pro. Qu’allais-je faire de mon mental que j’avais travaillé pour être à 200% chaque jour (oui j’étais de nature excessive) ? Et, surtout, qui allait croire en moi ? En qui et en quoi allais-je me mettre à croire sachant que je n’avais plus de cadre, plus de groupe, plus d’horaire et plus de vie « sociale » qui faisait mon quotidien ? Oui, on peut parler de petite mort. Mais elle n’est arrivée que dix ans plus tard…
Pensez-vous que ce soit le poids de l’équipe, du collectif, qui vous ait empêché de commencer alors l’introspection que vous avez menée depuis ?
Non, je ne pense pas. Comme tout être humain, il est très difficile de se remettre en question. Tant qu’on n’a pas pris une bonne grosse claque dans la figure, on continue à avancer avec nos comportements (souvent inconscients). Quand j’arrête définitivement ma carrière en 2008, plutôt que de me plonger dans la drogue, l’alcool, le sexe et tous les excès un peu caricaturaux dans lesquels un sportif tombe souvent, je me suis plongé à corps perdu dans la philosophie. C’est Richard Escot, journaliste à l’Equipe et philosophe de nature, qui m’a dit : « Raphaël, tu as été dans le paraître pendant 27 ans, il va falloir que tu ailles découvrir l’être qui est en toi afin de trouver l’équilibre entre les deux… » Le travail d’introspection a débuté en décembre 2007 et s’est achevé dix ans plus tard.
Du théâtre à la philosophie en passant par le rugby, tous les rebonds et virages dans votre parcours semblent liés à des rencontres…
Complètement ! J’ai eu la chance, tout au long de ma vie, de rencontrer ce que j’appelle des « Merlins l’enchanteur ». Des gens, hommes et femmes qui m’ont fait aimé le rugby, le théâtre, la philosophie. Je pourrais aussi vous citer tous ces auteurs qui m’ont permis de me comprendre et m’apprendre différemment ! Je ne vous en citerai qu’un : Joseph Campbell, qui a écrit un livre fabuleux sur la mythologie et le voyage initiatique : Le Héros aux milles et un visages, une pépite qui m’a permis de devenir ce que je suis et surtout de me raconter une belle aventure humaine ! Même les cons que j’ai rencontrés m’ont inspiré dans le sens où je me jurais et je me jure chaque jour de ne pas devenir comme eux. Bon, parfois, je suis aussi un peu connard… mais avec de l’entraînement, j’arrive maintenant à retourner le miroir rapidement.
Des pelouses aux planches
Connu par le rugby, vous êtes aujourd’hui coach, conférencier, acteur… et pourtant, lorsque vous décrivez votre parcours, vous donnez une certaine continuité à ce qui peut apparaître comme des ruptures. Avez-vous le sentiment que le rugbyman que vous étiez a nourri/formé d’une quelconque façon le professionnel que vous êtes aujourd’hui ?
Le rugby a fait de moi un homme bien : grâce aux rencontres, grâce au parcours tumultueux, grâce aux échecs et à ma remise en question d’après carrière. Bien sûr qu’il m’a aidé à devenir qui je suis aujourd’hui. Si je ne m’étais pas blessé en 2001, je serais peut-être en équipe de France. Si j’avais continué le rugby en 2005, je ne serais peut être pas papa aujourd’hui et je n’aurais pas vécu tout ce voyage à travers la philo, la rencontre avec ma femme, le théâtre avec Adjani, les rapports privilégiés avec les gens du rugby et d’ailleurs. Mon parcours est ma richesse et quand je dis « je deviens quelqu’un de bien », ça reste mon but dans ma vie : être un homme intègre, pas parfait, responsable, qui se marre et qui donne. J’ai jamais su faire une passe au rugby, il est temps de se rattraper ! Et tout ce que j’entreprends aujourd’hui, c’est pour aider les gens non pas à penser comme moi mais à penser par eux-mêmes. S’aimer, s’accepter avec ses forces et ses faiblesses, ne pas objectifier l’autre, s’ouvrir à de meilleurs rapports humains… ça passe par l’acceptation de soi, la confiance en soi et l’aveu de faiblesse, se dire qu’on n’est pas parfait et tant mieux… je vais loin mais je le pense. Je me rends compte que je n’ai peut-être pas répondu à votre question, mais voilà ce qu’elle m’inspire.
Vous dites avoir été « inconscient » jusqu’à 28 ans, âge de votre retraite sportive. Estimez-vous que les clubs ont pour mission de préparer les athlètes à leur reconversion et, si oui, de quelle manière ?
Il y a deux éléments dans la « reconversion » du sportif de haut niveau. Il y a la reconversion professionnelle et ça, de manière co-responsable, ça peut se préparer avec le club, avec les sponsors autour. Et il y a la conversion psychologique, la gestion de la fameuse « petite mort » que tout sportif et sportive traverse en fin de carrière : accepter que le corps vieillisse, accepter de devenir soi différemment, accepter de ne plus être connu et reconnu, accepter de se remettre en question. La prise en considération du sportif dans son intégrité physique, psychique, psychologique est obligatoire car les dépressions sont nombreuses. Donc, oui, l’accompagnement doit être effectué en collaboration avec les clubs, la famille proche (homme, femme, enfants) afin de créer un pont plutôt qu’un gouffre. Les responsabilités sont partagées.
« J’ai été victime d’un sport qui se découvrait professionnel », dites-vous. La situation a-t-elle grandement changé aujourd’hui ?
La situation évolue. Provale [syndicat national des joueurs de rugby, ndlr] est en train de se « professionnaliser », la ligue se penche sur ces problématiques et les clubs sont sensibilisés à tout ça. Mais les principaux acteurs sont les rugbymans professionnels et les sportifs en général. Ca prend du temps, il faut prévenir, il faut enlever ce tabou qui a toujours été présent dans le sport : interdiction d’être faible ! Aujourd’hui la nouvelle génération a besoin et envie d’avoir d’autres repères que ceux « patriarcaux » qui sont ancrés dans notre culture sportive française. Un peu de féminin dans tout ca ferait beaucoup de bien !
Avez-vous, du haut de votre expérience, des conseils à donner aux jeunes qui lisent ces lignes ? Aucun conseil mais leurs raconter mon histoire avec plaisir. Alors peut-être que je croiserai la route de certains qui auront lu ces quelques lignes et que je pourrai faire avec eux ce que les anciens ont fait avec moi, ce que les livre m’ont offert et ceux que mes parents m’ont donné à travers leurs éducation : l’envie de transmettre de la bienveillance du respect et un peu d’amour et d’humour !
* Quand j’étais Superman de Raphaël Poulain, aux éditions Robert Laffont
Amélie’s Dad
Raphael Poulain is actually one of the most heartbreaking characters in the entire musical. I got the chance to talk to the actor, John Hickok, after watching closing night and the conversation went something like this:
Me: You make me sad.
Him: Yeah, repressed feelings and all.
Yes, repressed feelings.
Let us look into this, shall we?
Les Plaqués du Rugby - Farid Sid and Raphaël Poulain, two very different example. Aired in Stade 2, channel France 2 in July 2013.
Farid Sid doesn't find another club when the USAP doesn't renew his contract after winning the Brennus in 2009. He's now taking classes of physiotherapy and has to get his diploma under two years : that's how long he'll have the unemployment benefit.
I've already talked about Raphaël Poulain : young player for the Stade Français at the beginning of the 2000's, but his body keeps breaking. He's too often injured and the Stade Français end the contract at some point. As Farid, he has two years. But his life has only been about rugby, and all the money offered by the SF along with nice cars, a nice flat and a really really nice pay check every month. He's been in the Dieux du Stade calendar, when it started. When he was with the SF, they played six finales. He only played one because his body was too broken : ankles, calf, arm, etc. He's almost on the street now, tries to make a living as an actor, does conferences for young rugby players. But he's back thanks to philosophy. He learned how to grow up without rugby. He almost killed his girlfriend, he almost killed himself. But now he is okay with who he is.
Si la société s'inspire du rugby, c'est énorme, avec toutes les valeurs qu'il a. Mais si le rugby commence à s'inpirer de la société, on est dans la merde.
Raphaël Poulain [X]
"If society takes its inspiration from rugby, it's great, with all the values/morals that it has. But if rugby takes inspiration from society, we're in deep shit."
L'importance de l'individu avant la carrière, pendant la carrière et après la carrière. Putain mais on est humain bordel ! Y a un moment où cette putain d'humanité qu'on est en train de perdre, à l'image de la société où on court après le temps qui passe mais on sait pas après quoi on court. La symbolique, au milieu, c'est l'humain. Si y a un message à faire passer, pas une demi-heure de leçon, mais voilà, y a un moment où putain.... si la société, elle veut changer, parce que le sport, il est à l'image de la société selon moi. Et la société, on va dans le non sens à cause de cet espèce de consumérisme. Et je suis ici, en tant que responsable de ma vie, parce que je vous ais fait fantasmer à travers les calendrier un espèce d'idéal masculin, parce que j'ai fait les calendrier, parce qu'il y avait la bonne ambiance, parce qu'il y avait le stade français. On dit toujours, le stade français ça a popularisé le rugby, mais c'était énorme, on avait un groupe énorme! On a cassé le cul à la France entière ! Très bien! Mais ça a duré un temps. Sauf que, derrière, l'effet pervers, vous vous le prenez en pleine tronche et cette votre génération, aujourd'hui, qui fantasme. Et aujourd'hui, je suis juste là pour vous dire qu'il faut passer du fantasme, du rêve à la réalité. Et si vous faites carrière, 10 ans de carrière, que vous en équipe de France, super ! Objectif, but, d'accord mais en attendant, d'aller d'un point A à un point B, ce qui est important, c'est pas le point B, c'est tout le chemin que vous allez parcourir pour arriver à ce point B ! Et si vous jouez en Pro D2, en Fédérale, et alors, oubliez pas qu'y a d'autres choses qui se passent à côté ! Que les études, c'est important, non pas pour les diplômes, c'est important certes, mais pour garder un pied dans la réalité ! Et vous dire que la vie et ce que vous voyez à la télé, ce putain de truc de gladiateur, oui , ça existe, mais c'est 10% de ce qui se passe dans une équipe. Et aujourd'hui, quand un mec me dit "Il faut les responsabiliser les jeunes aujourd'hui". Oh ! C'est à nous de leur donner confiance en eux pour qu'ils apportent sur le terrain le talent qu'ils ont en eux. Et on verra après, au fur et à mesure, si on va pouvoir construire une équipe avec eux. Peut-être qu'il y en a, y en a qui vont rester sur le tapis, mais au moins, les préparer aussi à l'après, les préparer à pas jouer en équipe de France ou à jouer en Pro D2 ou en Fédérales, mais justes voilà... Que vous donniez tout mais qu'à la fin vous puissiez dire "Je suis un homme et j'incarne, et voilà avec toutes mes faiblesses", et ça on a le droit d'être faible aussi aujourd'hui. Dans cette quête des putains de performances, faut toujours être en haut mais y a un moment où il faut aussi accepter, bah quand y a une blessure, de prendre le temps de revenir. Oui, y a la compétition qui arrive derrière, c'est ce que je disais à Thierry tout à l'heure, y a un moment où il faut prendre le temps. Et c'est comme ça que vous pourrez créer des équipes pour l'avenir ! C'est comme ça que vous pourrez vous construire en tant qu'homme. Si on fonctionne que sur le côté tactique, technique, physique, on prend des murs. Mais voilà, accepter la différence, c'est justement ce qui fait le charme de ce putain de sport. Et ouais, je suis différent, mais je suis pas beaucoup différent de vous. Je pense que c'est ça qu'il faut arriver à accepter aujourd'hui. C'est toute cette putain d'humanité. Que chacun se remette un petit peu en question et y a de très très belles choses à faire. Voilà, je vous remercie votre attention.
Raphaël Poulain - Transcription de la vidéo sur la conférence Quand J'étais Superman
(transcription par moi-même, désolé pour les fautes)
I strongly recommend reading his book ! It's not like for Marc's when the price of the book almost entirely went to an association for kids. He's going to make money with this book (he's doing so little, I don't mind giving him money).
Seriously, it's like being him, hurting with him, being tackled with him, taking walls in the face and scrambling back up and getting your heart torn in two by his story. But you gotta do it for the sport, for the awesome sport that rugby is.
It's really sad there isn't any English translation, if I could, I'd translate it for you all. It's important to share his story. It's really important, now that Mourad Boudjellal, and the other presidents of the teams are millionaires and pouring money into this world.
You, the supporter, need to know. For yourself and for when you'll share this amazing sport to your friends. For your kids, when they'll play any sport. For anyone that you will meet and wants to become an iconic athlete, sportsman, rugby player, etc.
Raphaël Poulain mentions it several times : if he could come back in time, he wouldn't change a single thing. Yes, he's been hurt, badly, abandoned by the FFR, in a country he didn't know and didn't speak the language, in a hospital, he's been broken and badly bruised and lost a testicle and he'll be scarred to life. But he also won titles with his team, he also lived an extraordinary adventure, he made friends, went to amazing places, had a wonderful family thanks to the rugby world, he lived a great life for many years, and had the best time of his life.
He was at the beginning of a pro rugby world. They were starting, they didn't know how to do this and he, himself, is also responsible for what happened to him. BUT Max Guazzini is too, Fabien Galthié, the FFR, the LNR, his other coaches, everyone who pushed him along the way of this life he lived. But there had to be a first. He doesn't regret having lived such a life.
He wrote this book for the new generations, for the teams and coaches, for the young players who dreamed of playing with the XV de France. They need to learn there is a life beside rugby, there is an after-rugby they need to prepare. They need to live for themselves, as well as for the team.
Being a rugby player is a part of your life.