« Chacun cherche son look. Comme il n’est plus possible de tirer argument de sa propre existence, il ne reste plus qu’à faire acte d’apparence sans se soucier d’être, ni même d’être regardé. Non pas : j’existe, je suis là, mais : je suis visible, je suis image — look, look! Ce n’est même pas du narcissisme, c’est une extraversion sans profondeur, une sorte d’ingénuité publicitaire où chacun devient l’imprésario de sa propre apparence. Le look est une sorte d’image minimale, de moindre définition, comme l’image vidéo, d’image tactile, comme dirait MacLuhan, qui ne provoque même pas le regard ni l’admiration, comme le fait encore la mode, mais un pur effet spécial, sans signification particulière. Le look n’est déjà plus de la mode, c’est une forme outrepassée de la mode. Ça ne se réclame même plus d’une logique de la distinction, ce n’est plus un jeu de différences, ça joue à la différence sans y croire. C’est de l’indifférence. Etre soi devient une performance éphémère, sans lendemain, un maniérisme désenchanté dans un monde sans manières...»
Baudrillard, La transparence du mal, « Transexuel » (via @funeral)











