DETECTIVE PIKACHU (2019)
Et voilà, on y est enfin: le premier film live-action officiel de la célèbre licence japonaise POKEMON est une réalité, s’axant faussement sur la série de jeux vidéo éponymes spin-off à la franchise, pour nous proposer un véritable long-métrage fidèle, n’empruntant réellement que quelques traits de DETECTIVE PIKACHU, à commencer par la parole accordée à l’égérie-mascotte Pikachu que nous connaissons tous. DETECTIVE PIKACHU pioche donc allègrement dans le bestiaire gigantesque pour proposer une histoire originale, respectant sur une infinie liste de points un fan-service obligatoire de qualité qui force le respect: d’autant plus que le film de Rob Letterman -GOOSEBUMPS (2015)- est visuellement sublime -les couleurs, le montage, la photographie, et surtout les SFX impeccables loin d’un SONIC THE HEDGEHOG déjà confronté à revenir en post-prod suite à la vague de mécontentement suite à son premier trailer où l’on découvrait un design du hérisson bleu totalement dégueulasse-, on est surpris du ton parfois adulte de cette production “grand public”. Le héros incarné par Justice Smith -oui, le fils de Will-, est plutôt attachant, son caractère hermétique aux Pokémon nous permettant de découvrir ce fantastique monde avec lui. L’histoire justifie ici l’absence paternelle inhérente à chaque scénario de jeu POKEMON par un accident violent de voiture, origine narrative de la suite des événements, qui mèneront le jeune homme à collaborer avec ce Pikachu amnésique mais très bavard pour enquêter sur les causes du décès du daron: un pitch suffisant pour nous faire bourlinguer à travers Ryme City, lieu répondant à tous les fantasmes et espérances d’un public fan depuis -au plus loin que l’on puisse remonter- 23 ans. Et l’attente en valait la peine, car dès les premières minutes du film, les connaisseurs vibreront de voir brièvement le charismatique dresseur Red -joué par un japonais, MERCI-, combattant avec son Dracaufeu dans une arène: si les nostalgiques du Bourg Palette et de Sasha ont le droit de grincer, l’aventure proposée effacera au fil des minutes la gêne de certains compromis. DETECTIVE PIKACHU ne souffre réellement que d’une tare, à savoir la présence assez inutile et... relou du personnage de Lucy Stevens, dont on n’a clairement rien à foutre, simple caution “à la cool” rappellant qu’on a affaire à un film pour enfants. Hormis ce détail, comment ne pas être impressionné par la dévotion de MPC, qui donne enfin vie aux légendaires bestioles destinées à faire les frais d’une “collectionite aigüe” avec brio, chaque créature s’avérant fascinante, photoréaliste et réelle: on a du mal à croire qu’on peut enfin les voir “en vrai”. Pas besoin d’un spécialiste pour apprécier les easter eggs, déterminer quelle attaque est lancée par un Pokémon, ou de se prendre une belle rouste niveau épique de par la grandeur du champ d’action que Letterman nous livre avec une passion similaire pour la création originale de Satoshi Tajiri ce qu’il avait déjà entrepris pour R.L. Stine, l’auteur original des livres Chair de Poule qu’il a adapté précédemment. Alors, quoi? C’est bien, DETECTIVE PIKACHU, et ce même si l’insupportable Ryan Reynolds -cantonné à faire le bouffon même dans LIFE (2017)- double l’attachant et très drôle Pikachu, en dépit d’un twist un peu regrettable et peu cohérent en termes d’”origine ethnique” -on vous spoile si on en dit plus-: mais l’alchimie fonctionne de manière excellente entre la souris électrique et le héros, et il est IMPOSSIBLE de ne pas se prendre d’empathie pour la mascotte de Pokémon, ni pour ce chemin parcouru par ce jeune homme méritant de savoir la vérité sur la mort de son père. Y’a même Ken Watanabe himself en filc sympa, et c’est aussi bon à prendre. Avalanche de bonheur pour les fans, on accepte les concessions, le parti pris de l’orientation de cette fausse adaptation de DETECTIVE PIKACHU, qui est réellement à mes yeux un film officiel en prises de vues réelles POKEMON avant tout: on ne s’attendait pas à ça, et malgré les rares imperfections, le long-métrage donne envie d’une suite... L’humour est bon, le fan-service garni et aux petits oignons en prime, DETECTIVE PIKACHU se targuerait-il d’une métaphore visant les critiques moqueuses d’une passion enfantine, à l’image de ce pauvre Magicarpe ridicule dont on se moque très facilement, mais en qui sommeille une créature légendaire? C’est exactement ce qui se passe avec ce film, qui update l’image enfantine de la licence en quelque chose de valable, divertissant, et à nouveau visuellement MAGNIFIQUE. Être déçu de DETECTIVE PIKACHU, c’est de la mauvaise foi. Parole de non-fan plus que familier avec l’univers adapté. Putain, ils auront réussi à me faire aimer ces foutus Pokémon... Chapeau. Ah, et j’allais oublier de vous parler du soundtrack de Henry Jackman, jonglant entre remaniement des thèmes musicaux des jeux vidéo, mêlant parfois symphonie et effets audio rétro pour notre plus grand plaisir: la cerise sur le gâteau!
FAN RESPECT /20