On m'avait suggéré, et avec raison, d'aborder Deleuze en lisant sont Nietzsche et la pilosophie. Pourquoi? Parce que de l'entreprise deleuzienne sourde la puissance conceptuelle de Nietzsche. Deleuze s'enclanche à partir de concepts nietzschéen qu'il fait fonctionner à plein régime. Dans L'anti-oedipe, charge frontale et virulente contre la psychanalyse, le concept de désir n'est rien d'autre que celui de la volonté de puissance. C'est pourquoi les machines désirantes 1° ne se rapporte pas à un objet qui serait manquant, car elles seraient des modalités anti-productive c.-à.-d. réaction et négation comme mode du désir et les laisseraient triompher 2° Le couplage des machines désirantes ne se fait qu'entre machines désirantes comme la force ne peut s'exercer que sur d'autres forces 3° le décodage des flux de désir ne se laisse pas soumettre au signifiant despotique (le triangle oedipien papa, maman, moi et le phalus qui les lient), il relève de cette art de l'interprétation polyvoque de sens 4° Il y a un géo-désire qui rend compte de sa topologie: l'intériorisation d'oedipe = mauvaise conscience du prêtre chrétien, etc.
«On pressent alors ce que signifie Oedipe: il déplace la limite, il l'interiorise. Plutôt un peuple de névrosés qu'un seul schizophrène réussi, non autistisé. Incomparable instrument de grégarité, Oedipe est l'ultime territorialité soumise et privée de l'homme européen. ( Bien plus, la limite déplacée, conjurée, passe à l'intérieur d'Oedipe, entre ses deux pôles. ) » p.121 de L'anti-Oedipe
Je ne prétend pas ici être exhaustif dans mon analyse du désire; ce n'est pas l'objet de ce billet. Ce que j'aimerais faire c'est montrer à quel point Nietzsche est en filigrane de l'oeuvre deleuzienne et du renversement d'oedipe.