Le facteur, ce vestige des temps modernes, vient de livrer la chronique de Travnik, second maitre ouvrage du Nobel yougoslave Ivo Andrič... indispensable pour délivrer, un jour, ma chronique "Un bain dans la Drina". Opportunément ma proche opération de la hanche, d'ici une semaine, devrait, en m'interdisant d'autres activités distractives, me permettre de m'y atteler... restera à obtenir votre imprimatur... mais nous sommes loin.
“Manières de Dire” : peut-on dire encore “yougoslave” ?
Christian B. : Je pense... il l’était quand il reçut le Nobel. il était en réalité Serbe de Bosnie ce qui est assez lourd à porter après Sebreniča surtout quand on est une sorte d existentialiste camusien comme lui. Mon récit devrait mieux répondre à ta question, car sur ce pont qu'il magnifie comme un tréteau de l'Histoire, des fleuves de sang musulman coulèrent, comme je viens de l'apprendre grâce à un film passionnant intitulé Višegrad. Bon, dit comme cela c'est assez ésotérique... Aux yeux de Andric, ce pont construit par un Vizir né en Bosnie, symbolise la coexistence douloureuse mais le plus souvent pacifique des civilisations... Avant que la barbarie du XXe n’emporte tout.
“Manières de Dire” : Un mot de ta future contribution...
Christian B. : bon je ne sais pas si ça vaut le coup, mais c'est toi le juge. En fait je suis passé d’un projet plus littéraire qui me dépasse à l’envie de communiquer sur l’œuvre d Andrič et son écho, son actualité. Sans toutefois obérer la dimension subjective ou introspective...
Pourquoi je me suis senti d’emblée conquis par ce récit que je relis sans me lasser ? Au départ, je crois que c est la guerre en Bosnie... une chose m’avait frappé : la similitude physique totale entre des enfants bosniaques, 'blonds aux yeux bleus' et les enfants de leurs tortionnaires serbes...