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SOUFFRANT
🇫🇷"En cette nuit où Il se fit #faible et #souffrant pour mon amour, Il me rendit #forte et #courageuse. Depuis cette nuit bénie, je ne fus vaincue en aucun combat, mais au contraire je marchai de victoires en victoires et commençai, pour ainsi dire, une course de géant." #MsA #Noël1886 #SainteThérèse || 🇧🇷 "Nesta noite, em que ele se fez #fraco e #sofredor por meu amor, tornou-me #forte e #corajosa, revestiu-me com suas armas e, desde esta bendita noite, não fui mais vencida em nenhum combate. Ao contrário, caminhava de vitória em vitória e comecei, por assim dizer, ‘uma carreira de gigante’!" #ManuscritoA #HistóriaDeUmaAlma #SantaTeresinhaDoMeninoJesus #Natal1886 https://www.instagram.com/ednacn/p/Br1TPT8jqlb/?utm_source=ig_tumblr_share&igshid=nwpaljkt5unv
Sojourner Truth
Sojourner Truth
Prédication par Andrew Rossiter à Dieppe le 21 octobre 2018
Esaïe 53, Marc 10.35-45
Le serviteur de Dieu en Esaïe est celui qui a été frappé, abaissé, écrasé, blessé… à cause de nos fautes. Il a gardé le silence, il a été enterré dans la fosse commune, oublié, renvoyé.
C’est celui qui sera appelé « le juste » car il a porté le péché de beaucoup.
C’est ainsi que nous connaissons le Serviteur Souffrant de Dieu. Le livre d’Esaïe contient quatre poèmes sur ce serviteur et nous faisons le lien directe avec Jésus sur la croix.
Longtemps l’Eglise a considéré que ces textes étaient des prophéties concernant Jésus et sa souffrance. Le chapitre 50 semble décrire en détails les souffrances de Jésus au moment de son arrestation:
Je présente mon dos à ceux qui me frappe Je tends les joues à ceux qui m’arrachent la barbe Je ne protège pas mon visage contre ceux qui m’insultent.
Le tout est repris dans l’évangile de Jean, chapitre 19. C’est comme si la scénario était écrit 600 ans avant pour décrire la passion du Christ.
Ces paroles puissantes reflètent notre humanité brisée et souffrante. Beaucoup de personnes se sont identifiées avec ces paroles au moment de passer des épreuves au nom de leur foi. Ils y ont puisé réconfort de savoir qu’ils n’y sont pas seuls dans leur persécution.
En même temps une autre image apparaît, d’abord en filigrane, presque cachée, et puis avec de plus en plus de précision. C’est l’image du salut et de la rédemption. Le «nous» du verset 5 sont tous ceux et toutes celles qui sont guéris et rétablis. Le «lui» du verset 10 est le juste qui justifie les autres.
Depuis toujours l’humanité cherche à personnifier le mal dans le monde. Elle lui a donné un visage et un nom: le diable, Satan, démon ou autre.
On croyait que l’injustice et la souffrance venaient de cette source, et que l’objet de la foi était de combattre cette personne. Il suffit de penser aux tableaux dans les églises et des mystères médiévaux où l’église essayait de contrôler la société par la peur. La peur de l’au-delà et de l’enfer.
La personnification du mal avait aussi un effet positif: savoir que quelqu’un souffre avec nous donne courage et force quand nous sommes persécutés. Une communauté, un peuple ou un clan trouve les forces pour résister et prendre sa destiné en main.
Les héros de la foi sont les personnes qui servent comme points de ralliement. Après tout, nous écrivons l’histoire à partir des personnes: des rois, des généraux, des héros. C’est comme si nous avons besoin d’incarner ce qui se passe dans nos vies.
Est-ce que le serviteur en Esaïe était une personne historique, qui vivait au temps du prophète? Il y en a qui pensent que c’est le cas.
Est-ce qu’il était le Messie attendu?
Est-ce qu’il fallait attendre la venu de Jésus et son ministère, sa mort et sa résurrection pour enfin comprendre la portée des ces paroles?
Est-ce qu’il était le symbole pour tout ce peuple au moment de leur retour d’exil, dans leur conflit intérieur de reprendre «leur» terre?
Nous ne pouvons pas dire.
Mais ce qui est certain, c’est que le personnage du serviteur est un symbole puissant dans la pensée chrétienne.
Et ici je risque de perdre quelques-uns de vous ce matin, car je vais peut-être «aller un peu trop loin!»
Et plus tard, je suis sûr qu’il y aura qui pensent (et d’autres qui diront): «c’est parce que tu es anglais, Andrew» et «Tu ne comprends pas toutes les subtilités de la langue française» (ce qui sans doute vrai!). Ou encore, «Oui c’est bien toi, chercher la petite bête là où il n’y en a pas.»
Voila, je vous ai averti!
Quand j’ai écris l’éditorial pour la Lettre d’Information de Luneray (celle que nous allons mettre dans toutes les boites aux lettres de Luneray et dans les environs) j’ai cherché des personnes pour illustrer l’amour actif de Dieu. Sans problème une dizaine de noms me venaient en tête, tous les noms des hommes. Et les femmes?
J’ai dû chercher pour en trouver… rassurez-vous j’en ai trouvé.
A partir de ce constat je me suis dit que c’est vrai le «lui» s’impose facilement.
La Bible est remplie des héros. C’est vrai il y a des femmes dans la Bible, et les femmes qui incarnent la parole de Dieu.… mais souvent nous les citons pour montrer qu’elles existent, malgré…
L’histoire de l’Eglise est écrite à partir des faits des hommes, des saints, des missionnaires, des réformateurs, et là aussi les femmes existent. Elles existent!
Quand nous cherchons des personnes pour illustrer la puissance de la foi, la transformation d’une vie devant Dieu et un symbole d’une vie engagée… 9 fois sur 10 c’est les hommes.
Je sais qu’en français le masculin emporte… mais pourquoi?
Dans son blog, Fanny Hamayon s’interroge, Entre incompréhension et injustice, je crois qu’à cette époque un vague «quoi ? Mais je suis une fille, c’est injuste ?!» m’avait traversé l’esprit. Puis la pilule passe, on respecte la règle, on l’applique, c’est le système et puis c’est tout». Et cette règle date du XVIIIe siècle.
Elle découvre dans le World Atlas of Linguistic Structures que plus un pays a une langue dont le genre est lié au sexe, moins il y de femmes sur le marché du travail.
Nous n’entrons pas dans le débat de savoir si oui ou non nous adopterons la règle de proximité, ou une autre. La question reste, pourquoi l’humanité est toujours ou trop souvent représentée par la figure masculine?
Donc ce matin, à ma manière et par une seule personne j’aimerais juste mettre un peu plus de poids sur le côté féminin. Une femme qui peut incarner aussi le texte d’Esaïe. Elle s’appelle Sojourner Truth. Vous avez sa photo sur la feuille aujourd’hui.
Sojourner Truth était une femme noir esclave dans le Nord des Etats Unis. Sa langue maternelle était le néerlandais. Elles s’est échappée en 1826 et elle a mené une procédure judiciaire contre son propriétaire afin de récupérer ses enfants vendus en esclavage, eux aussi. Elle a réussi. Elle était la première femme noir d’avoir gagner un procès contre un homme blanc.
Sojourner était longtemps activiste dans le tout nouveau mouvement d’émancipation des femmes et des noirs. Et en 1851 elle a été invitée à adresser le «Women’s Rights Convention» à Akron dans l’Ohio le 21 juin. Son speech a été rapporté dans les journaux et aujourd’hui il est reconnu comme un discours légendaire, aussi important que les discours de Martin Luther King ou d’autres.
Ain’t I a woman? (ou Ne suis-je pas aussi une femme?) nous plonge dans le texte d’Esaïe
Cet homme là-bas dit que les femmes ont besoin d’être aidées pour monter en voiture, et qu’on doit les porter pour passer les fossés, et qu’elles doivent avoir les meilleures places partout. Personne ne m’aide jamais à monter en voiture, ou à passer les fossés, ou ne me donne une meilleure place ! Et ne suis-je pas une femme ? Regardez-moi ! Regardez mon bras ! J’ai labouré, planté, et rempli des granges, et aucun homme ne pouvait me devancer ! Et ne suis-je pas une femme ? Je pouvais travailler autant qu’un homme, et manger autant qu’un homme —quand j’avais assez à manger— ainsi que supporter tout autant le fouet ! Et ne suis-je pas une femme ? J’ai mis au monde treize enfants, et vu la plupart d’entre eux être vendus comme esclaves, et quand j’ai pleuré avec ma douleur de mère, personne à part Jésus ne m’écoutait ! Et ne suis-je pas une femme ?
Version rapportée par Frances D. Gage, une femme blanche, en 1863.
Cette femme, sans abri, noir, ex-esclave, brutalisée qui a vu ses enfants volés, traitée comme un objet à peine mieux qu’un chien devient un symbole de la promesse de la libération de toutes les femmes et de tous les hommes.
C’est elle-même qui a choisi son nom, “Sojourner Truth” pour incarner l’appel qu’elle a reçu de Dieu de proclamer la vérité pour tous. Elle entrait dans la peau de Moïse pour guider son peuple de l’esclavage vers une autre vie, une nouvelle vie. Elle revendiquait son humanité à partir de sa situation. Elle a été vendue, maltraitée, violée… et habitée par une vocation qui allait au-delà de sa situation pour inclure toute l’humanité.
Elle ne revendiquait pas pour elle-même, mais pour tous. Bien entendu nous voulons tous entrer au paradis, comme Jean et Jacques. Bien entendu nous voulons tous nous emparer des meilleures places, pour nous-mêmes, pour nos familles… et pour nos amis, nos proches. Mais Jésus nous déclare que ces places ne sont pas à gagner.
Le baptême dont parle Jésus n’est pas un choix parmi d’autres. Une des options devant nous, mais une action par laquelle nous passons par l’esprit d’une vie à une autre. C’est pourquoi nous ne baptisons pas nous-mêmes.
La phrase «nous le pouvons» prononçait par Jean et Jacques renvoie à nos forces, à notre foi, à nos convictions comme si tout seul, nous pouvons faire ce que Jésus attend de nous.
Son baptême est le passage qui nous fait descendre et remonter, la trajectoire que Jésus a pris dans sa vie, et en communion avec lui nous le faisons aussi.
Sojourner Truth termine son discourse ainsi:
Si la première femme que Dieu a créée était assez forte pour mettre le monde à l'envers à elle toute seule, alors les femmes ensemble devraient être capables de le remettre en place, et de le refaire tourner rond ! Et maintenant qu'elles demandent à s'y mettre, les hommes feraient mieux de les laisser faire.
Pour remettre ce monde en place, nous passons par la croix, par l’inévitabilité de la souffrance, la fragilité et l’incertitude, non pas pour gagner, sinon nous risquons de tout perdre, mais parce que dans notre fragilité et dans nos ténèbres nous avons besoin constant de force d’en haut.
This is my Great Grandmothers house more than over a 100 years old🙏🏾 and it’s still standing till this day, just like Haiti’s resiliency to colonialism and slavery✊🏾. ____________________________________#arcahaie #firstindependentblacknation #haiti #culture #descendants #kings #queens #ouest #striveforgreatness #lovemypeople #OG #1804 #noupaegare #charitable #souffrant #haitians #saintmedard (at Arcahaie, Ouest, Haiti)
– Christ , by Silentium Noctem, 14.04.2016
J’ai fini une toile aujourd’hui ! :D J’en suis plutôt fière, hihi. Elle donne assez bien.
/english/
I finished a painting today ! :D I’m quiet proud of my work.
Look how beautiful his skin is!
Souffrant is our first Model 5,11 / 160lbs - [email protected] photo by @leonwilliamsnyc