Enki Bilal — Soulagement (2009) Source
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Enki Bilal — Soulagement (2009) Source
Ce soir, la France peut souffler et boire les larmes des fachos. Mais la lutte ne fait que commencer, il ne faut rien lâcher. La lutte sociale et environnementale ne fait que commencer. Camarades, que la lutte continue, vers l'infini et l'haut delà
Tellement heureuse.
Fasciathérapie Deux-Sèvres médecine chinoise
True love is not based on how much we say I love you and proves how much its true, but also it is based through spiritual sensation that cannot be forged, bend nor broken. For true love takes lots of process and deep connection not only in physical form but as well in emotional and spiritual form.
une autre victoire
je n’ai pratiquement plus de crise de colopathie, de quotidiennes, elles sont passées à 2 voir 3 par semaine et elles sont beaucoup moins violentes !
Thanks to me et mon hypnotiseuse ! un bon duo, on forme !
Des maux d’hier, des mots d’aujourd’hui.
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Après un mois de
silence
supplicié
de dents
serrées
de crainte et d’espoirs
jouant aux montagnes
russes dans nos têtes
et nos cœurs
quelle joie d’entendre à nouveau
au détour d’une conversation
ce
comment dirais-je,
comment dirais-je,
comment dirais-je
qui nous a tant manqué.
En toutes choses, il faut
persévérer, dit celui qui croit à peine en lui
mais toujours en ses
amis et leur
volonté.
Bravo Rambo
Jungle Fever is over
et si le chemin est encore
long,
tu l’ouvres devant toi
à coups de machettes
avec ta belle
Emma.
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.
.
À jamais
C’était un soir d’octobre, j’étais assise sur ce lit dans la pénombre, le visage ravagé par les larmes et l’âme six pieds sous terre. Tu as frappé à la porte, j’ai eu peur de l’inconnu, je n’ai pas voulu regarder, ni savoir qui tu étais. Je n’ai pas voulu t’ouvrir. Puis, je me suis souvenue que si j’en étais arrivée là c’est parce que mes peurs avaient eu raison de moi. Tu l’as compris et tu n’as pas insisté.
Tu m’as laissé le temps de venir, à mon rythme. Parce que je suis sauvage, et que de la patience il en faut pour m’apprivoiser, alors je me suis dis que tu étais bienveillant. Et que tu m’avais certainement entendu. Et j’ai cru voir en toi un peu de lumière, tant j’étais aveuglée à force de rester dans les ténèbres. Ça aussi, tu l’as compris. Je pensais naïvement que je n’avais plus rien à perdre, et que j’avais donc tout à gagner à me confronter à ta lumière. Et à mes peurs.
Je me suis approchée de la porte, avec méfiance, on ne perd pas ses habitudes et ses réflexes facilement. Mais qu’importe, tu le comprenais, tu l’entendais. J’ai senti cette chaleur en moi, celle que je croyais être la tienne et que tu avais placée en moi. Et là aussi j’ai eu peur, de me consumer. Mais c’était aussi tellement bon que je n’ai pas eu envie de résister, alors j’ai lâché prise, j’ai cédé.
J’ai commencé à tourner la clef dans la serrure, je sentais de plus en plus ta chaleur et le feu qui brûlait en moi, c’était tellement enivrant. Je me suis demandée pourquoi je m’étais privée de ça pendant tout ce temps. Alors je n’ai plus voulu attendre, j’ai ouvert la porte, j’ai senti ta main me saisir et me happer des tréfonds de mon âme pour m’emmener loin, assurément vers des contrées plus lumineuses et moins douloureuses. J’avais l’impression de revivre, enfin.
Tu me faisais tellement de bien, et je me sentais tellement comprise et écoutée en ta présence, baignant dans ta lumière et ta clarté, pensant ton soutien indéfectible et bien fondé j’ai refermé la porte derrière toi à double tours. Et j’ai baissé ma garde, parce qu’après tout j’avais tellement de chance de t’avoir rencontré et je me sentais tellement reconnaissante à ton égard. Il était donc temps que je te donne un peu de moi pour te remercier.
Tu as accepté ce que je te donnais, sans jamais me juger, sans jamais me remettre en question, en me poussant toujours plus loin dans mes réflexions. Je me redécouvrais grâce à toi, alors j’ai eu envie de te donner encore plus pour que nous puissions jouer et s’émerveiller davantage à la découverte de l’un et de l’autre.
Puis, est venu le moment de fixer les règles du jeu, nos règles, mais tu ne voulais pas qu’elles dépendent de moi, il fallait que ce soi toi, et uniquement toi qui décide. Ce jour-là un frisson d’angoisse m’a traversé et figé durant quelques secondes. J’ai su bien longtemps après que j’aurai dû m’y fier. Mais tu étais devenu tout pour moi, et tu avais toujours une phrase, une excuse qui validait ta façon d’agir, et ta soif de pouvoir pour que je la crois légitime.
Alors je t’ai laissé faire, et j’avais tellement envie de te faire plaisir, parce qu’après tout, tu avais tant fait pour moi et je me devais d’être reconnaissante et d’obéir, comme tu aimais à me le répéter. J’ai essayé de me conformer à tes règles, à ce que tu m’imposais, mais très rapidement je n’y suis pas arrivée, et j’ai commencé à me perdre, et à avoir peur de nouveau, à me dire que finalement je n’étais pas assez bien ni pour toi, ni pour personne, ni même pour moi.
Alors, je t’ai demandé de me rendre ma liberté, parce que c’était trop pour moi, mais tu avais pris la clef et scellée la porte après que je l’ai refermée à double tours, et je ne pouvais pas m’échapper. Tu m’as dis que c’était nécessaire et pour mon bien, que si j’avais envie de fuir cela faisait de moi une faible, une idiote qui manque de courage et refuse de se confronter à ses peurs. Et que je n’avais que ce que je méritais. J’ai tenté de m’enfuir, d’entrer en communication avec le monde auquel tu m’avais arrachée, mais mes tentatives furent vaines, et ne firent que déchaîner un torrent de colère et de haine en toi.
J’ai senti ta rage se déverser sur moi, tes mains se sont abattus, m’ont rouées de coups, mais ce n’était toujours pas suffisant pour toi. Alors tu as sorti les couteaux, tu les as inséré insidieusement sous mes côtes et sous mon coeur, jusqu’à ce que je m’évanouisse puis que je revienne à la vie. Je t’entendais rire et t’extasier à la vue de ce spectacle, mais tu n’étais toujours pas rassasié, ce n’était toujours pas assez pour toi. Alors tu as pris le peu qu’il me restait, tu t’es inséré en moi, tu m’as dévoré, en prenant soin de m’étrangler suffisamment fort pour que j’arrête de respirer, mais pas suffisamment longtemps pour que mon calvaire prenne fin. Tout en moi n’était plus que douleur, et même si je respirais encore j’avais cessé d’exister, tu avais pris possession de moi.
Alors, après que tu m’ai enfermée dans le cachot de tes perversités, j’ai commencé à sombrer dans la folie. Plus rien n’avait de sens, la cellule dans laquelle tu m’avais enfermée et que je pensais être un océan de clarté, commençait à se renfermer sur moi. Des larmes de sang et de rouilles tombaient du plafond, des nuées d’insectes et de serpents s’échappaient des murs et me dévoraient le visage. J’ai commencé à hurler, à me débattre pour leur échapper et ne plus sentir ta présence en moi. Et soudainement tout s’est arrêté, le monde s’est tue, et j’entendais l’eau de la rivière couler.
Tout est devenu clair, limpide. J’ai compris que depuis tout ce temps tu n’avais pas joué avec moi, mais que tu t’étais joué de moi. Que tu m’avais arrachée à mes ténèbres pour m’entraîner dans les tiennes et m’en faire prisonnière. J’ai compris à quel point j’avais été naïve, à quel point je n’aurai jamais dû laisser ce feu me dévorer jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de moi. Tu avais compris et entendu beaucoup de choses que tu pourrais m’arracher pour satisfaire ton égo, tes frustrations, tes besoins et tes envies personnelles. J’étais devenue ton jouet, et il n’y avait pas de place pour moi dans tes jeux autre que celle d’une poupée de chiffon qui ne dit mot et consent à toutes tes envies.
J’ai compris toutes les erreurs que j’avais faites, celles de t’avoir trop donné, de t’avoir accordé ma confiance trop vite, de penser que je lâchais prise alors que je me jetais dans la gueule d’un loup assoiffé de pouvoir et de conquêtes. À cet instant j’ai su que ce loup ne me laisserait jamais repartir autrement qu’en charpie, et qu’il n’y avait aucune issue pour moi, même si je réussissais à m’échapper, cet animal continuerait de me traquer jusqu’à la fin de ma misérable existence. Je savais que désormais je serai perdue à tout jamais, et que je ne pourrais plus exister.
J’ai attendu pendant des heures qui me parurent être des années de souffrance que tu daignes ouvrir la porte de mon cachot, qu’allais-tu bien pouvoir me faire encore subir puisque ce n’était toujours pas assez ? J’ai fait semblant d’être inanimée, je ne voulais plus te voir, je ne voulais pas que tu ai la satisfaction de penser que tu existais à travers moi. Je t’ai entendu me dire qu’il était temps que tu fasses germer en moi une petite soeur, parce que je n’étais plus un jouet suffisamment fonctionnel et sur lequel on peut s’acharner très fort.
Alors je t’ai attrapé par la jambe, je t’ai fait tomber contre les barreaux de ma cage et je t’ai mordu jusqu’au sang et jusqu’à ce que toi aussi tu hurles de douleur. Ta rage est devenue la mienne et je t’ai roué de coups au visage jusqu’à être recouverte de ton sang. Je ne voulais plus voir ton affreuse face, je voulais que toi aussi tu disparaisses comme tu m’avais fait disparaitre. Puis un soupir de soulagement s’est échappé de mon âme, car tu n’étais plus.
Mais la réalité m’a vite rattrapée, voici que tu te tenais à présent devant moi, la main en sang avec une trace de morsure, et le visage intact. J’ai compris que ma libération n’avait été que le fruit de mon imagination, ainsi que la colère que j’avais réveillée en toi et les tortures qui en découleraient. Dans un dernier accès de folie mêlé à une montée d’adrénaline j’ai couru hors de ma cage, et j’ai gravi les escaliers, jusqu’à la porte. Mais la clef avait disparu, j’ai pensé que tu l’avais peut-être gardé sur toi. Puis j’ai vu que la porte était condamnée et qu’un panneau “sans issue” y avait été déposé. J’ai compris qu’il n’y avait pas d’échappatoire.
J’entendais tes hurlements de rage qui venaient d’en bas, et tes pas oppressant qui gravissaient les étages. J’ai tenté de chercher une autre issue, puis je me suis souvenue de cette fenêtre, celle par laquelle entrait tous mes rêves et mes espoirs, oubliés depuis si longtemps. Elle était condamnée, mais quelques coups furent suffisants pour la faire céder, et briser les carreaux maculés de poussières et de cendres. Et ainsi, j’ai fait entrer la lumière qui constituerait ma sortie vers l’extérieur.
Et alors que des larmes s’échappaient de mes yeux pendant je contemplais le paysage de mes rêveries et aventures passées qui n’était plus que désolation, j’ai senti ta présence et ton courroux s’élever derrière moi. Non, je ne voulais plus que tu me possèdes, je ne voulais plus être tienne, plus jamais. Je voulais disparaître pour de bon, je ne voulais plus que tu ai la satisfaction de déverser ta folie sur mon être et de faire de moi l’objet de tes frustrations passées.
Tout était de nouveau très clair, et j’ai accepté la mort comme la solution la plus évidente et comme ma libération. J’étais sereine, apaisée, puisque bientôt je serai libre. J’ai commencé à me glisser par la fenêtre, j’ai aperçu les fantômes de mon enfance et leur vision me furent réconfortante. Alors que j’allais atteindre mon but j’ai senti ta main m’agripper la jambe, et dans un dernier accès de peur et de rage je me suis échappée à ton contrôle, et me suis laissée glissée ailleurs, loin de toi.
Pendant que je courais inexorablement à ma perte et que je sentais la douce étreinte de la mort m’envelopper, j’ai entendu pour la dernière fois tes cris de rage et de haines. Mais tout cela me paraissait déjà lointain, presque irréel, tu avais déjà cessé d’exister en moi au moment où j’avais pris la décision de mourir.
Et au moment où mon corps s’est éparpillé dans une mare de sang sur le sol, ce qui restait de mon visage s’est illuminé dans un ultime sourire. Parce que de moi il ne restait plus rien, de moi tu n’aurais plus jamais rien, et que pour toi, il n’y avait plus rien et il n’y aurait plus rien. À jamais.
À jamais.