Voici sans doute un exemple de ce qu’on nomme le “subjectivisme” de Husserl… qui n’est cependant pas dans la proposition “phénoménologie” en elle-même (je dois préciser ça car je crains qu’on ne comprenne pas en quoi il a tendance á “dériver” de son propre propos tout à fait logique fondamentalement, mais avec une certaine pertinence je trouve).
L’hypocrisie spécifique et sirupeuse d’un Lénine (et qui prouve bien que tous les mensonges sont le même) est de feindre d’ignorer que l’Idéalisme n’a rien d’originel ni de fondateur dans notre tradition religieuse (même si sur le plan civilisationnel c’est un peu différent avec des philosophes comme Platon etc.), mais représente un second temps, certes habilement présenté comme une “évidente continuité” au sein d’une tradition créationniste-mystérianiste comme la notre par un certain Berkeley (hypocrisie quand tu nous tient ! Mais justement…), alors que le troisième temps (matérialiste crédule je dirais, mais si Engels est encore pardonnable et compréhensible à son époque (et peut être contradictoire d’ailleurs) (1), Lénine commence à l’être moins en 1908 !) représente lui un retour à nos fondements civilisationnels (religieux) essentiellement dualistes, ou bien un faux monisme pseudo-scientifique. Mais il est indispensable, pour pouvoir dire à longueur de temps “réactionnaire” en parlant de ses adversaires réels ou supposés, de passer par une petite entourloupe historique, alors même qu’on a finalement le culot d’admettre (au détour d’une page et comme si de rien n’était) des “limites” (2) au paradigme même dont on se réclame (on croirait lire la magique (et lyrique et passionnante certes !) Bible, surtout lorsqu’il est question d’harmonie dans la “Nature” (autre nom de Dieu dans une certaine acceptation) dans un autre passage, Rousseau n’est pas loin etc.). Le même qui hurle à longueur de temps l’existence de la chose en soi (indépendamment de l’observateur), ce qui interdit strictement toute “limite” évidemment. Lui qui, à raison parfois, est si prompt à relever les sophismes des autres ! Mais non M Dieu-Le-Père, il n’est pas sophiste de se réclamer de l’agnosticisme (littéralement de « in-connaissance(-able) » et non pas mystérieux, ou double anti-transcendantalisme) ou phénoménologisme, plutôt que du flou “Idéalisme”, qui effectivement veut tout et rien dire, en tant que mot et histoire surtout. Ça permet en outre de ne pas revenir à des temps très anciens. Mais heureusement qu’il n’est nécessaire d’aucune croyance particulière pour avoir le “droit” de rester matérialiste dialectique (un Lénine lui serait sans doute “obligé” d’être patron ou quelque chose comme ça, car plus personne ne peut croire sérieusement dans la fameuse “chose en soi” aujourd’hui !). Quant au « danger » du solipsisme : la vie ne permet pas de le rester bien longtemps, si j’ose dire, pour les concernés, ça n’est un problème que pour des bourgeois, purement conceptuel et mental. Le problème du « solipsisme » est qu’il oublie sa propre provenance : d’un sujet de l’énonciation qui n’a d’existence que parmi d’autres, nécessairement posés. Mais dans l’absolu me dira-t’on ? Inconnaissabilité, inaccessibilité à la pensée, aux sentiments, en-soi tout court (pas de quelque chose : ni intériorité ni extériorité réelles, ou encore véritable monisme (non-dualisme)).
(1) Il est bien évident que tant qu’on n’a pas de raison de penser que l’existence ou non de l’en soi du monde change quelque chose au résultat, on peut le postuler, comme croyance ou fiction « nécessaire », dans le cadre scientifique, politique, social etc. Mais Lénine prétends qu’il est important d’y croire.
(2) “Certes l’opposition (..) gnoséologique fondamentale” : ce passage est de la bouillie informe et prétentieuse (de rattrapage in extremis) non ? Lénine était quelqu’un d’intelligent mais sa névrotique mauvaise foi et l’idée du « mensonge nécessaire » (implicite) en direction des « simples d’esprit » que sont forcément les pauvres (au nom du vrai bien sûr), caractérielle, vaine, limitative, vicieuse (circulaire), réactionnaire et fausse. Ceci peut donner un certain sens de, et à transcendance, non théorisable : le vrai par lui-même (vertueux), certitude de fond, sans justification nécessaire, mais corrélé par et à travers l’histoire elle-même. Deux points fondamentaux concernant le matérialisme :
- La chose en soi : la chose existe par elle-même (dans le matérialisme stricte) et la conscience en est issue (reste pour moi une énormité).
- Du point de vue de l’agnosticisme (ou phénoménologisme), il n’est vrai (fonctionnel) que jusqu’à un certain point certes (et là le terme de “limite” a un sens), mais du coup sans objet en soi (ou transcendance), et seul critère à caractère scientifique jusqu’à nouvel ordre, bien qu’il finisse par se mordre logiquement la queue (le dualisme est impensable), sans parler de ce que dit (ou peut dire) l’expérience de la vie elle-même, ainsi que le problème que pose conceptuellement la dualité insoluble fini / infini (si l’ « univers » est d’une certaine courbure c’est dans quoi ? Mais « infini » n’est qu’un mot qui ne décrit rien d’autre que la possibilité d’un parcours indéfini…)…