Decimus Junius Juvenalis (vers 55-138 JC), plus connu sous le nom de Juvénal, était un satiriste romain. Il écrivit cinq livres contenant 16 satires, chacun critiquant un élément différent de la société romaine, qu'il s'agisse de logements médiocres, de relations patrons/clients, de présence de Grecs dans la ville, de l'éducation des enfants, de la prière ou de l'arrogance et de la vanité des femmes de la ville. Bien que des poètes antérieurs tels que Horace (Quintus Horatius Flaccus, 65-8 av. JC) et Gaius Lucillius (180-103 av. JC) aient écrit certaines œuvres satiriques, Juvénal fut le premier auteur à se consacrer entièrement à la satire. Écrites entre 110 et 130 après JC, à peu près au même moment que les Annales de Tacite, ses satires sont remplies de haine et de colère: haine pour les anciens aristocrates qui contrôlaient la ville et colère face à la façon dont les pauvres étaient traités. Ses emportements contre la corruption qu'il voyait prédominante dans la société romaine et la cruauté humaine sont des thèmes majeurs tout au long de ses satires. Rome, aux yeux de Juvénal, était habitée par des dégénérés et sa vertu avait pratiquement disparu.
Car votre dessein est que personne n'échappe à votre nausée, à votre emprise, à votre ressentiment tacite. Vous haïssez l'existence non parce qu'elle vous a déçu mais parce que vous n'avez pas été à la hauteur du désastre qu'elle représente et qui s'offre à chacun comme un défi.
[Histoire & Archéologie] Les planétariums antiques et médiévaux (2/2)
Part I : Mécaniques et technologies.
Part II : Architecture et construction.
Source : Extrait de Alhambra, Henri et Anne Stierlin, Imprimerie Nationale Editions, pp 147-149
Les planétariums ne font pas seulement appel à des machines: Ils requièrent aussi des constructions architecturales capables de les recevoir ou de les “mettre en scène”.
C’est le cas pour la fameuse “Maison d’or” de Néron que mentionnent Tacite, Suétone et Sénèque. Ils font allusion à une salle cosmologique tournante.
Vestiges de la Domus aurea ou Maison dorée de Néron, Rome, Italie.
Le premier cite les ingénieurs qui en sont les auteurs:
“Serverus et Celer, dont l'imagination audacieuse consistait à réaliser, au moyen de leur art, tout ce que concevait le prince et que la nature ne pouvait fournir” (Annales, XV,42)
Le second précise:
“Le plafond des salles à manger était fait de marqueterie d’ivoire, avec des caissons mobiles par les ouvertures desquels on pouvait répandre sur les convives des fleurs et des parfums. La salle principale était ronde et tournait continuellement sur elle-même, jour et nuit, comme le fait le monde” (Vie de Néron).
Et le troisième se demande s’il faut admirer
“le mécanicien qui a inventé comment faire s’écouler d’une grande hauteur de l’eau couleur de safran par des tuyaux cachés et qui assemble les caissons du plafond de la salle de telle manière que l’image qu’ils donnent à voir se modifie à volonté” (livre XIV, 90,14).
On retrouve donc ici le pouvoir de faire pleuvoir associé à la capacité de faire tourner une construction en harmonie avec le ciel dont l’image change sans cesse au plafond.
Vestiges de la Domus aurea ou Maison dorée de Néron, Rome, Italie.
Outre la Domus aurea de Néron, d’autres édifices ont été affectés à ce rôle de figuration du ciel: on citera le palais de Domitien (81-96); où l’aula regia construite par Rabirius comportait, selon les épigrammes de Martial, la “tholos de César” c’est-à-dire le baldaquin de l'empereur, où l'on voyait “les astres et la sphère céleste”(Astra polumque).
Martial ajoute:
Le ciel avec ses étoile, telle à été, Rabirius, la conception de ton esprit pieusement dévoué, toi dont l’art merveilleux, bâtit en ce moment le Palatin la demeure impériale. [...] Ton palais, César, pénètre si profondément dans l’azure que son faîte, perdu parmi les astres étincelants, répercute en pleine sérénité le tonnerre qui gronde dans les nuées plus basses (VII, 56)
Partie nord de la Domus Flavia, Rome, Italie.
Au premier plan, le péristyle central avec le bassin octogonal. Au fond, les vestiges des murs appartiennent à l’Aula Regia et aux salles latérales.
Dans une étude que j’ai publiée sous le titre Hadrien et l’architecture romaine (Paris, 1984), il m’a été possible de démontrer que le prétendu “Théâtre maritime de la villa Hadriana, à Tivoli (118-138), n’était autre qu’une salle cosmologique de culte impérial qui devait comporter, au centre de l’îlot circulaire, une “tholos de César”.
Vestiges de la villa Hadriana, à Tivoli, Italie.
Celle-ci, de même que toute la conception de ce sanctuaire impérial hypèthre, avec son bassin annulaire symbolisant l’Océan cosmique de Strabon (58 avant - 25 après J.-C.), et son portique pourtournant, reproduit fidèlement l’image de la fausse “volière” que possédait Varron (116-27) dans son domaine de Casinum. la aussi, au milieu d’un bassin annulaire, bordé de colonnades circulaires, un îlot comporte une tholos.
Elle est surmontée d’une coupole au plafond de laquelle on voit tourner l’étoile Lucifer, le jour, et l’étoile Vesper, la nuit. Les mouvements de ces astres sur le pourtour du dôme marquent les heures (Res rusticae, III).
Auparavant, l’auteur a signalé qu’au centre de l’île, il y a une table d'où l’on peut, à l’aide de robinets, faire couler de l’eau.
Vestiges de la tour des Vents, à Athènes, Grèce.
D’autres exemples, tant archéologiques que littéraires, peuvent être cités à l’appui de la démonstration. Ainsi, la tour des Vents, à Athènes,dont Vitruve fait était dans son De architectura, n’est-elle qu’une machinerie du même type, édifiée vers 50 avant J.-C., probablement par César. dans ce cas également, Derek de Solla Price en a fait l’étude: il montre que la tour contenait une horloge anaphorique et fournissait de indications astrales. Pour ma part, j’ai souligné que l’espace hémisphérique, sous la couverture conique, devait contenir une machine tournante de type cosmologique.
Vestiges intérieures de la tour des Vents, à Athènes, Grèce.
Tous ces témoignages, prouvant que les exemples de palais et de bâtiments associés à des planétariums ne sont pas mystiques, accréditent l'idée que ces prodigieuses mécanique antiques étaient en relation avec le pouvoir.
Dion Cassius (c. 164 - c. 229/235 de notre ère) était un homme politique et un historien romain. Bien qu'il ait occupé un certain nombre de fonctions politiques avec distinction, il est surtout connu pour son Histoire romaine en 80 volumes. Cette œuvre, écrite en grec attique, nécessita 22 ans de travail et retrace l'histoire romaine depuis la fondation de la ville jusqu'au règne de Sévère Alexandre (r. 222-235). Malheureusement, seul un tiers de l'Histoire romaine de Dion Cassius a survécu, la partie la mieux conservée étant la période 69 av. JC - 46 de notre ère.