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Chronique d’un temps qui a tant de mal à passer, Octobre 2025/01
“Sire, l’industrie se meurt… Sire, l’industrie est morte !”
La France, qui fut la première patrie de l’automobile et l’une des héroïnes de cette extraordinaire aventure industrielle, est en passe de rendre son dernier souffle. Il ne s’agit pas là de prophétie, mais d’une réalité concrète. Le triste exemple de la chute du groupe Stellantis, entreprise porte-drapeau avec “Renault Group” (!), révèle plusieurs choses.
En premier lieu, tenter de faire porter la charge de la bérézina actuelle au seul Carlos Tavares, patron remercié il y a quelques mois et parti avec des gratifications astronomiques après avoir magnifiquement prospéré sur la bête, est d’une rare malhonnêteté. Non que ledit Tavares soit emprunt de sagesse et d’humanisme, mais plutôt parce que ce patron-là, homme intelligent, assidu et exigeant pour lui-même autant que pour ses équipes, a très vite compris la volonté de l’actionnariat qui l’avait choisi : gagner un maximum d’argent, en gagner même toujours et encore plus, ce qui est le leitmotiv de la finance capitaliste américaine représenté depuis 2021 par John Philip Jacob Elkann, petit fils de Giovanni Agnelli, bâtisseur de l’empire Fiat qui finit par absorber toutes les marques transalpines, ou presque.
En prenant la tête du groupe Stellantis, né de l’union entre Fiat FCA (Fiat-Chrysler Automobiles) et le groupe PSA (Peugeot-Citroën), Elkann a fait conduire par Tavares une politique d’hyper profitabilité qui a produit deux effets à court terme : d’abord un gain de rentabilité industrielle réalisé au détriment des règles fondamentales de la qualité (achats, production, développement), ensuite l’incohérence de la stratégie européenne de rachat (Opel/Vauxhall, pas une mauvaise affaire si seulement “on” avait voulu développer), de création (DS, une ineptie marketing ruineuse) et de relance de marque (Maserati, Lancia : des labels émotionnels rendus vides de sens), tout cela dans un contexte de captation systématique de trésorerie. Ou comment impressionner banquiers et investisseurs en multipliant des bilans mirobolants et des projets bavards, joliment repeints par des experts financiers et des communicants zélés.
Le board des actionnaires – au premier titre desquels les rejetons de la famille Peugeot – s’est régalé au cours de ces dernières années, au détriment de la cohérence et de la qualité perçue qui caractérisait les fleurons composant Stellantis. Aujourd’hui, l’ensemble des marques partageant les plateformes et les solutions motrices du groupe ont à déplorer un taux de panne jamais rencontré dans l’histoire de références comme Peugeot, Citroën ou Opel. Les ateliers débordent de véhicules pris en charge “sous garantie”, le coût effectif des réparations et remplacements devenant ainsi une menace directe pour l’équilibre des comptes.
Mentionnons également que Stellantis subit, comme tous les groupes présents sur le territoire sinistré de la non moins sinistre Commission Bruxelloise (la fameuse “grosse commission”), les conséquences du “Green Deal”, diktat écolo-schwabien condamnant les motorisations thermiques à ne plus être vendues en 2035. Cette mesure, basée sur le volet carbonophobe de la farce réchauffiste, a conduit à l’adoption du modèle électrique, modèle qui s’avère être catastrophique à plus d’un titre : incapacité à produire des batteries 100 % européennes compétitives et efficientes, problèmes technologiques (autonomie des véhicules, sécurité et recyclabilité des cellules) et coût final du véhicule électrique prohibitif eu égard aux capacités financières du cœur de marché.
Quelle leçon tirer de cette gestion catastrophique ? Aucune, bien sûr. Contentons-nous de comprendre que les capitalistes ne sont pas des capitaines d’industrie. Ils n’ont aucun attachement à l’outil qu’ils épuisent sans état d’âme. L’UE a créé les conditions de la désertion, de l’abandon. Dès lors, pourquoi investir sur un territoire géré par des malades mentaux et des idéologues autistes ?
Tout cela, Sire, et plus encore, justifie ces prolégomènes. La France se meurt au milieu d’une Europe en sursis. L’État français, à la fois obèse et indigent, ne décolère pas devant son frigo vide. Comment se remplira-t-il la panse demain ? Quelle invention terrible émergera de son cerveau, seul organe maigre au sommet du cloaque graisseux, qui pressurera plus encore cette valetaille tiermondisée qui erre en hardes autour de lui ?
Cela, personne ne le sait. La seule chose dont on peut être certain, c’est que nous avons quitté le champ des inquiétudes pour entrer de plain pied sur le vaste et nébuleux territoire du chaos.
J.-M. M.
RALEIGH, NORTH CAROLINA - APRIL 13: Auston Matthews #34, Mitch Marner #16 and John Tavares #91 of the Toronto Maple Leafs speak after the game against the Carolina Hurricanes at Lenovo Center on April 13, 2025 in Raleigh, North Carolina. The Toronto Maple Leafs defeated the Carolina Hurricanes 4 -1. (Photo by Josh Lavallee/NHLI via Getty Images)
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